L’auto-édition : des écrivains témoignent

mardi 1er novembre 2011
par  Nicolas Kempf
popularité : 8%

Il y a, dans l’auto-édition, des moments exaltants et d’autres pleins de déception. Certains d’entre vous ont peut-être déjà essayé cette voie, et ont royalement vendu deux exemplaires de leur livre. Ou alors, vous êtes devenu une valeur reconnue dans votre sphère d’écriture.

La diffusion est souvent le point critique de l’auto-édition. Sous quelle forme peut-on l’envisager, quelles sont les bonnes pratiques ? Lassés de « faire les libraires », beaucoup d’auteurs se tournent vers Internet et ses magnifiques possibilités de buzz. Cependant, l’auto-diffusion électronique est-elle intéressante pour promouvoir son livre ?

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Parfois, on a envie de nager un peu plus loin que les flotteurs en plastique rouge

J’ai déjà évoqué la question de l’autoédition dans un précédent article. Je voulais l’examiner de plus près, avec son annexe l’auto-diffusion. Mais vu l’abondance et la dispersion des sources, une enquête quantitative était quasiment impossible. J’ai voulu, pourtant, rassembler des témoignages, des points de vue, si possible contradictoires, dans un grand dossier qualitatif. Voici les résultats de cette étude, commencée cet été et menée auprès de 5 écrivains.

L’auto-edition vous interpelle ? Voici des données… de terrain.

DOSSIER

 Diffusion par le net mais livre papier

Un constat initial s’impose : en plus d’une éventuelle version électronique, tous les auteurs de l’enquête proposent à l’achat la version papier de leur texte. L’auto-diffusion par le Net, oui, mais pas l’édition électronique exclusive. L’électronique est avant tout un moyen de promotion pour le papier.

L’un des écrivains de l’enquête a la chance de diriger sa propre structure professionnelle. Cela lui a permis d’« héberger » administrativement son produit-livre dans sa société, et lui a facilité les démarches administratives (demande d’ISBN etc.)

Techniquement, la plupart ont opté pour ce qu’on appelle l’impression à la demande : le tirage est préparé par l’auteur en suivant des formulaires en ligne, des spécifications imposées, et la commande est passée avec une interface automatique. En outre, le livre est proposé à l’achat sur le site de l’imprimeur. Simple et sans surprises.

 Pourquoi s'auto-éditer ?

Tous les interrogés sont venus à l’auto édition après avoir démarché des éditeurs classiques. Ce démarchage, plus ou moins têtu, n’aboutit pas, et ce pour diverses raisons (refus d’éditer, faillite…) L’auto-édition, même si elle en conduit certains à des succès incontestables, résulte donc malgré tout d’un repli stratégique, d’un second choix.

Modestes ou réalistes, la plupart des écrivains interrogés avancent, comme cause de refus par les maisons d’édition, le faible potentiel commercial de leur ouvrage dans l’édition classique. En d’autres termes, une difficulté… de diffusion. Internet sera donc pour eux la solution de diffusion alternative.

Pourquoi, alors, refaire une tentative ? Un besoin intérieur, d’une part : la recherche d’une solution minimale pour faire exister le livre ; d’autre part, une poussée venue de l’extérieur. Pour l’un des écrivains, c’est en effet l’insistance d’un ami qui l’a conduit à faire un premier court tirage chez un imprimeur à la demande.

Pourquoi avoir choisi l’auto-édition ? Ici aussi, les raisons sont multiples :

  • une bonne réputation de cette solution dans les discussions sur Internet ;
  • la recherche d’une plus grande liberté éditoriale ;
  • ou au contraire le besoin de se simplifier les étapes techniques.

 Quels moyens de promotion ?

Ici, les options retenues, ou plutôt les bouquets d’options, sont extrêmement variables. Comme la pomme quotidienne qui éloigne le médecin, une présence légère suffit pour faire connaître son livre, à condition de viser juste.

Dans ce domaine, le réseau social Facebook reste assez incontournable. Trois des cinq auteurs l’utilisent… avec prudence. L’un a créé une page Facebook « commerciale » portant son nom ; son profil (privé) est alors protégé de la curiosité abusive de ses lecteurs par un pseudonyme. L’autre utilise, pour sa promotion, à la fois une page et un profil Facebook.

Deux d’entre eux se servent aussi d’un site propre, dédié à leur activité. Ceci leur permet, là encore, de s’adresser à la communauté de leurs lecteurs et d’en recevoir les retours. L’un d’entre eux a même mis en place un panier pour vendre ses ouvrages en direct. Afin de séduire ces lecteurs, leurs sites proposent de nombreux goodies, des extraits, des avis, les couvertures…

Un seul auteur sur les cinq interrogés se sert, pour sa promotion, d’un blog proprement dit. Statistiquement, on s’en doute, la solution est cependant bien plus répandue.

La présence quelque part sur Internet n’est bien entendu pas suffisante pour se promouvoir correctement. L’un des auteurs indique qu’il est très actif sur les forums (forums littéraires, forums en rapport avec le thème de ses livres). Il essaie aussi de faire lire son livre à la blogosphère, pour créer le succès d’estime. Un autre s’est appuyé sur son carnet d’adresses.

Un autre encore a obtenu des articles de presse dans des journaux importants (presse papier spécialisée).

Aucun d’entre eux, même s’il développe des moyens de promotion propres, ne néglige sa présence dans le catalogue de son imprimeur à la demande.

Enfin, deux des auteurs avouent aller plus loin que l’auto-diffusion électronique… et démarcher en face à face quelques libraires de leur région !

D’une façon générale, ce qui se dégage de ces échanges est la grande imagination des écrivains auto-édités : se faire connaître est affaire de finesse et d’originalité. Peu importe, au fond, le canal de diffusion choisi.

 Résultats

Même si les auteurs interrogés sont réticents à parler de chiffres, leur analyse de résultats demeure intéressante.

Plusieurs insistent sur la lenteur du décollage. Pour que la diffusion prenne, il ne faut pas ménager sa peine. Il faut agir quotidiennement, « mettre un pied dans la porte » sans devenir importun : tout un art ! Orgueil ? Jacques Siroul remet les choses en place : « Il ne s’agit pas de vous, mais de votre livre. Il mérite d’être connu. »

Le résultat se construit sur la durée, l’écrivain ne doit donc pas rester le nez sur les tendances du jour. Sa communauté doit se constituer lentement mais durablement.

Deux chiffres de vente ont été fournis : l’un de 160 ex. en 3 mois, l’autre de 300 ex. Il s’agit dans les deux cas de romans généralistes vendus environ 15 €. Pour donner un point de comparaison, un livre diffusé en région par un éditeur classique se vend au minimum à 300-500 exemplaires. Une maison d’édition traditionnelle ne prendra pas ce risque. Pour un auto-édité, cela peut valoir le coup…

 Difficultés

Choisir la liberté éditoriale, c’est aussi accepter toutes les casquettes. Les auteurs interrogés le constatent, leur difficulté à tous a été de préparer correctement leur livre pour qu’il ait une qualité digne de la librairie.

Certains voient ces tâches de préparation comme des corvées, d’autres comme des moments exaltants. Parfois même les deux à la fois ! L’un des auteurs, pour sa part, conseille de se faire aider, de façon tout à fait maîtrisée : il préconise le recours à un correcteur, voire à un conseiller éditorial pour les aspects les plus sensibles de l’édition (écriture du résumé de 4e de couverture ; création de la couverture…) Autant d’à-côtés à ne pas négliger.

Concernant la promotion proprement dite, Julien Lootens, notre « facebooker » de choc, déplore les dernières évolutions de ce média social : « les portes se ferment de plus en plus sur Facebook (demandes d’amis limitées, contacts récents, blocage de la messagerie, fermeture des murs par de nombreux membres influents…) »

Enfin, tout comme je l’écris par ailleurs sur ce blog (et je continuerai de le marteler), l’écrivain doit se guérir de ses réflexes égoïstes naturels. Cela vaut pour la promotion de ses écrits : pour bien se promouvoir, il est essentiel de promouvoir les camarades. Pour attirer l’attention des autres, il faut faire attention à eux.

 Moments forts

L’aventure de l’auto-édition est pleine de péripéties délicates ou formidables. Si vous aussi vous choisissez cette voie, attendez-vous à être surpris. Comment ? Écoutons les écrivains en parler :

Je me suis amusée à incarner mon personnage dans une adresse électronique. Olivier, le héros, pose une question au lecteur et demande une réponse à l’adresse olivier.bompal@hotmail.com. Cette adresse doublement fictive, je ne l’ai jamais créée. Eh bien récemment, j’ai parlé avec un lecteur qui s’étonnait que je n’aie pas reçu depuis longtemps déjà ses commentaires par courriel. Ils les avait envoyés à l’adresse d’Olivier sur Hotmail ! (Thérèse Aminoff)

[certains] prennent de très très haut le misérable qui ose s’autoproduire, […] Un jour, j’ai demandé à être critiqué par un fanzine en ligne et là, quel sacrilège que d’être autoédité ! « Vous serez jugé comme n’importe quel auteur ! » m’a fait entendre le monsieur. Mais je ne demandais que ça ! (Grégory Hocfell)

Je parle d’une altiste virtuose dans le roman… et je n’en connais point. Mon portable sonne quelques minutes plus tard et je reçois une invitation à dîner. En dînant chez le monsieur et son épouse, j’apprends que cette dernière est une altiste de réputation internationale ! Elle deviendra quelques jours plus tard la soliste de Notes perdues (Jacques Siroul)

[J’ai été invité à signer sur le stand de mon imprimeur à la demande…] 5 livres vendus en 3 heures ! De l’autre côté de l’allée, les gars du groupement des Éditions des pays de Loire buvaient une coupe de champagne à chacune de mes ventes, en poussant des cris. Ils avaient quatre cent beaux-livres sur leur présentoir et n’avaient pas réalisé une vente depuis six heures… Vraiment, ce que je préfère dans l’humanité, c’est les humains ! (Rémi Devay)

Je reçois de nombreuses demandes de contacts sur Facebook, sans toujours savoir d’où elles viennent. Juste après en avoir accepté une, la personne me dit : « Tu es trop drôle ! Tu es lesbienne, n’est-ce pas ? » On est toujours en contact, malgré ma réponse négative. (Julien Lootens)

 Pour essayer de conclure

Dès que l’on demande à des écrivains de parler de leur pratique, on obtient autant de réponses qu’il y a de personnes… voire plus. Cette enquête qualitative sur l’auto-édition, on l’a vu, ne déroge pas à la règle.

Pourtant, quelques principes généraux se dégagent de notre petite plongée dans le monde des auto-édités :

  • La solution diffusion électronique/impression à la demande est un duo qui a fait ses preuves ;
  • L’auto-édition est une bonne alternative à l’édition traditionnelle, lorsque le manuscrit n’a pas une portée commerciale suffisante ;
  • La présence sur Internet utilise a priori trois canaux principaux : le catalogue de son imprimeur, Facebook, et les sites/blogs dédiés. À quoi s’ajoute une bonne dose d’imagination pour amener les lecteurs potentiels jusqu’à la page voulue ;
  • Les résultats sont lents à venir et, en volumes de vente, le plus souvent modestes ;
  • S’auto-éditer est parfois fastidieux, ce qui induit à sous-traiter certaines tâches comme la correction ou le conseil littéraire ;
  • L’auto-édition est pleine de surprises, parfois pénibles, mais souvent drôles !

Trêve de bavardages ! Je parle, je parle, mais peut-être avez-vous une expérience à raconter dans l’auto-édition ? Quelque chose à confirmer, à corriger ? C’est à vous !

T. Aminoff

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Thérèse Aminoff : publier à la manière douce

Depuis l’adolescence, Thérèse Aminoff écrit, « dans sa tête » et sur de petits bouts de papier, ce qu’elle a besoin de formuler, de fixer avec des mots. C’est une recherche à la fois psychologique et esthétique. Elle essaie de trouver les formulations les plus justes et les plus expressives pour mettre en paroles une humeur, une petite scène vécue ou la beauté d’un paysage. Elle a toujours eu l’idée qu’elle ferait un jour des nouvelles ou des contes de tout cela mais n’en a pas trouvé le temps ni l’énergie nécessaires… jusque dans les années 2000.

En 2000, suite à la mort prématurée de son mari et à une grave dépression, elle commence à écrire de manière plus systématique "à des fins thérapeutiques”.

Elle rédige donc son premier petit roman, Le Merveilleux voyage d’Olivier Bompal en Finlande, dont elle envoie le manuscrit à l’Académie francophone, qui organise un concours d’écriture. Elle reçoit une bonne critique : son manuscrit a été classé premier dans la catégorie ”roman”. Cela l’encourage à poursuivre la rédaction, à remanier certains passages, à rajouter quelques pages pour équilibrer le tout et l’envoyer à un éditeur classique. Elle est refusée.

Découragée et rebutée par l’ampleur des opérations de soumission, elle publie son roman sur Lulu.com. L’ouvrage est un succès auprès des lecteurs.

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Le Merveilleux voyage d’Olivier Bompal en Finlande

R. Devay

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Rémi Devay : des réseaux sociaux au livre

Je pense écrire depuis que l’on m’a appris à le faire.

Le vrai travail de création littéraire de Rémi Devay a commencé vers ses 15 ans, par un poème à la gloire des yeux noisette clair d’une certaine Marie-Laure. Il connaît déjà, à l’époque, les mots « seins » et « fesses », mais ne les utilise pas. Les contraintes d’espace de la forme lyrique, sans doute…

Boris Vian parle, dans L’automne à Pékin, d’un certain « Jeff ». Il s’agit de Jean-François Devay, le père de Rémi. Interpellé par de tels auspices, celui-ci rédige donc son premier texte, Le procès de Boris Vian.

Il découvre ensuite L’échiquier du mal de Dan Simmons. Le fait de pouvoir écrire quelque chose de très beau sur la méchanceté pure le fascine. Il en découle, sous sa plume, une œuvre de 450 pages mélangeant tous les styles…

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Tirons-nous !

Après une parenthèse plus musicale, il revient à l’écriture, avec ce qu’il sait faire de mieux : rire et faire rire. Il donne Tirons-nous !, un guide pratique et loufoque de l’abandon (mon analyse d’un extraitici).

Commencé sous forme d’articles Facebook, transformé en pseudo-roman inclassable et iconoclaste, le texte suscite la frilosité des éditeurs.

Mais bon, constate Rémi, tout le monde adorait ce truc. Alors, auto-publication chez TheBookEdition.com.

Dans son planning, Rémi Devay prévoit de terminer incessamment (peut-être y met-il le point final en cette même seconde ?) un nouveau roman, épistolaire, « Ã  la russe » (beaucoup de personnages et des situations cocasses et loufoques) : L’enfouissement.

G. Hocfell

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Grégory Hocfell : s’insérer dans la communauté Internet des écrivains

Je suis un auteur parmi des millions d’autres, qui fait ce qu’il peut, sans prétention aucune.

Greg Hocfell écrit de façon « sérieuse » depuis l’âge de 16 ans, depuis l’encouragement suscité par ses premières rédactions lues à la classe, pour l’« exemple ». Un moment de surprise ; depuis, il écrit avec tout son cÅ“ur.

À partir du milieu des années quatre-vingt dix, il écrit des histoires de terreur, fantastiques, suite à ses lectures favorites : les auteurs anglo-saxons, américains, classiques et modernes dans les genres pré-cités.

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L’OmbreS

Il a publié 4 titres à ce jour ; d’autres arriveront sous peu, sans compter 3 autres en « tiroir », dont le premier jet est achevé.

Pourquoi l’écriture ? Celle-ci lui permet « d’être réalisateur par le biais des mots », et donc de projeter sur des pages ces films qui se projettent dans sa salle obscure, celle qu’il a dans la tête. Par la suite, il essaie de peaufiner le plus possible les mots choisis, le style, et ce jusqu’au dernier moment, celui où il signe le bon à tirer.

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Il était une dernière fois

J. Lootens

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Julien Lootens : du livre au réseau social

En faisant les choses seul, on fait forcément des erreurs.

Julien Lootens écrit depuis le lycée environ ; suite à un concours local trouvé sur le panneau d’affichage du lycée, il se lance. Il s’agit d’un concours de nouvelles sur le thème du train. Son texte plaît, et il gagne… un aller-retour pour Paris !

Depuis, son genre a changé, et il se dirige davantage vers le récit, vers des livres basés sur ses observations et expériences. Il recherche un style très imagé et travaille la rime et le rythme des phrases. Il publie son premier livre en auto-édition au mois de février 2011.

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Métro parisien, petits plaisirs du soir et du matin

Il se souvient en souriant d’un petit plantage lors de la sortie de son livre Métro parisien, petits plaisirs du soir et du matin : il avait annoncé partout sur le Net la sortie pour « le 27 février, jour de la Saint-Lazare », en guise de clin d’œil à la fameuse station de métro parisienne… avant d’apprendre que la Saint-Lazare se fête le 23 !

Le 23 novembre 2010, jour de son anniversaire et de son retour en Europe (après 14 mois en mode routard en Asie), il met en ligne son site internet. Dans la foulée, il lance une page Facebook : Julien Lootens Ecrivaillant. En une petite année, il dépasse les 1000 contacts.

Son opinion sur l’Internet des écrivains ?

C’est un travail de longue haleine que de mobiliser les gens autour de son travail, de se greffer a la toile et d’essayer de participer modestement a la blogosphère.

J. Siroul

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Jacques Siroul : la stratégie du « site officiel »

Jacques Siroul s’est mis à l’écriture sur le tard : passé la cinquantaine, il s’aperçoit qu’il a « des choses à dire » sur son métier d’ingénieur du son et de musicien, d’enseignant, sur ses amours, sur une philosophie acquise lentement, sur ses joies et ses déboires.

Sa position ? Surtout pas celle du donneur de leçon. Il tient à laisser une totale liberté au lecteur. C’est avec cette approche qu’il commence, le 1er juillet 2010, son premier roman : Notes perdues.

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Notes perdues

Ses proches lui glissent l’idée de composer la musique évoquée dans le texte. Un comble, lui dont c’est le métier n’y a même pas pensé ! Le livre prend donc sa forme définitive, papier+CD.

Ses lecteurs se donnent rendez-vous sur son site, siroul.be C’est aussi là que Jacques Siroul publie leurs retours de lecture. Il offre à sa communauté, toutes les semaines, une nouvelle. Un recueil les regroupant sortira en fin d’année : Trente six chants d’Elle pour une année deux mille douce.

Il vient par ailleurs de commencer son deuxième roman.


Commentaires

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L’auto-édition : des écrivains témoignent
jeudi 17 novembre 2011 à 13h41 - par  Valérie Andrieux

Bonjour

J’ai auto-édité un recueil en janvier dernier en 500 ex (je voulais l’éditer, je n’ai même pas chercher d’éditeur, c’était et c’est toujours un exécutoire, une façon de s’en sortir, de laisser une trace), j’ai ma page sur facebook comme beaucoup(https://www.facebook.com/messages/?.... Je le vends en direct ou par le biais des librairies traditionnelles, dépot vente et/ou dédicaces, voir quelques salons ou marchés de Noël. Le parcours de diffusion est en effet difficile mais pas impossible. J’ai beaucoup aimé votre article qui résume ce que j’ai vécu. Je suis novice dans le domaine, mais je réediterai l’expérience pour le deuxième ouvrage. Je ne suis pas encore rentrée dans mes frais (encore une dizaine !!!) mais je ne désespère pas mais je suis à l’affût de chaque événement, même si je me fais bouler pour certains salons ou librairies car je n’ai pas d’éditeur. J’ai obtenu un référencement auprès de la Fnac j’étais très contente, mais quand les gens veulent commander, on leur réponds rupture de stock !!! Au plaisir de lire un nouvel article !

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vendredi 25 novembre 2011 à 07h55 - par  Nicolas Kempf

Oui, la FNAC a des pratiques un peu douteuses avec tout ce qui est « petit »... J’en parlerai un de ces jours...

Merci en tout cas pour ce retour d’expérience encourageant.

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L’auto-édition : des écrivains témoignent
vendredi 4 novembre 2011 à 14h32 - par  pailherey

Juste pour ajouter.
Je suis le webmaster du site Edition999.info.
Je fais connaitre depuis plusieurs années des auteurs, dont certains de la liste ci-dessus.
J’aimerai ajouter à l’article que je me suis mis à faire le site car au départ j’étais écrivain et perdu dans les méandres de l’édition gratuite ou payante, je me suis dit, "fais-le toi même honnêtement’.
Donc, le plus dur à mon avis, après le défi de la page blanche et d’être lu.
Maintenant, avec l’arrivée d’internet et le développement probable du ebook, on devrait être plus libre de se faire connaitre.
En contrepartie, la multitude pourrait noyer l’individu. C’est pour cela que les blogs et autres sites personnels, c’est bien, mais l’écrivain n’est pas informaticien, il ne peut donc rivaliser avec des sites spécialisés au niveau du référencement.
Alors on risque de retomber dans la situation, si tu ne payes pas, on ne te découvrira pas.
Edition999, avec mes petits moyens de bénévole essaie depuis plusieurs années de compenser ce manque.
Alors bonne chance à chacun...

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lundi 7 novembre 2011 à 11h33 - par  Nicolas Kempf

« fais-le toi même honnêtement »

Je pense que tout est là, effectivement. Merci pour ce témoignage, et bon courage !

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L’auto-édition : des écrivains témoignent
mercredi 2 novembre 2011 à 10h32 - par  Valérie Rocheron

Alors, voilà ma contribution : j’ai la chance d’être éditée dans un structure traditionnelle, pour certains de mes textes, depuis plusieurs années. Parallèlement, j’ai créé la mienne pour faire vivre des textes qui ne correspondent pas à ce que fait mon éditeur. Je suis donc à la fois éditée et auto-éditée. Je fais tout moi-même, y compris la maquette avec un logiciel professionnel. Pour les illustrations (je suis dans la jeunesse), je fais appel à des illustratrices professionnelles. Au final, les livres sont très jolis, ce qui me permet de démarcher les libraires tête haute. Alors mon commercial s’articule comme suit :

  • un blog, qui raconte mes péripéties dans le milieu de la minuscule édition, car j’ai démarré en n’y connaissant rien.
  • un site avec boutique, qui génère des ventes en ligne, régulières mais insuffisantes pour faire tourner la boîte
  • des tournées libraires, dans ma proximité géographique, avec organisation de dédicaces
  • salons, toujours dans ma proximité géographique
  • médiathèques, car elles permettent l’accès aux classes, où je fais des interventions
  • associations de lectures, car elles gèrent pas mal de salons du livre et de prix littéraires

Tout cela prend du temps mais depuis 18 mois que je le fais, voici le bilan :

  • mes livres s’auto-financent (9 titres à ce jour, le 10e bientôt), répartis en trois collections
  • je fais des bénéfices qui me permettent d’améliorer l’ordinaire, en sachant toutefois qu’une grande partie est réinvestie dans l’impression et la réimpression ?

Aujourd’hui, je suis face à un dilemne : il faut passer à la vitesse supérieure. C’est à dire, augmenter mes tirages (je tirais à 500, il faudrait 1000 pour deux des collections) et élargir ma diffusion mais je répugne à faire appel à un diffuseur...

Voilà !

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mercredi 2 novembre 2011 à 20h36 - par  Nicolas Kempf

Merci pour ce retour complet et plein d’informations. Vous avez semble-t-il un beau talent pour faire vivre vos ouvrages. Si 500 ne suffisent plus, ma foi...

Ceci dit, il vous sera difficile de trouver un diffuseur. Les éditeurs ont déjà du mal à en trouver, alors un auteur isolé... La solution serait plutôt, selon moi, dans une diffusion partagée : vous vous trouvez d’autres auteurs qui font les mêmes démarches que vous, et vous vous entre-diffusez...

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L’auto-édition : des écrivains témoignent
mercredi 2 novembre 2011 à 09h12 - par  Nicolas Kempf

@X, Y, Z et les autres : merci pour vos retours, je suis content que le sujet et son traitement vous aient plu.

Rémi : tu veux dire que tu vas t’auto-éditer pour mieux démarcher les éditeurs classiques ensuite ??

Kanata : tiens bon !

Karine : merci de confirmer mes constatations. Ça a l’air d’être une petite affaire qui roule, votre blog ;)
Et cet article sera donc un peu votre ravioli...

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L’auto-édition : des écrivains témoignent
mercredi 2 novembre 2011 à 08h59 - par  Karine Carville

Bien vu cet article !

Je suis en partie auto-éditée et je fonctionne avec un blog principal (http://www.karine-carville.com) et des pages dédiées à chacun de mes romans (par ex le dernier né : http://estebt1.canalblog.com).

Facebook reste effectivement un incontournable pour communiquer sur l’avancement d’une parution, le lancement d’un nouveau roman mais aussi les événements qui y sont liés (ne pas oublier les salons du livre et dédicaces en librairie !).

La diffusion reste effectivement le problème épineux de l’histoire : mais la vente en ligne (ou via un blog) fonctionne tout de même.

Quant au temps, il est la clef de voûte de l’auto-édition. Le lectorat se développe peu à peu, par le bouche à oreille, par des coups de pub imprévus (un article de presse par ex), et il grandit au fil des livres. Il faut être patient et garder le plaisir d’écrire pour être lu.

Enfin, il ne faut pas oublier qu’un écrivain qui s’auto-édite ne peut pas le faire seul. Un correcteur est le minimum à avoir auprès de soi avant le maquettage. J’ai la chance d’avoir une équipe éditoriale qui s’est montée autour de moi, des femmes passionnées et compétentes qui ont décidé de faire connaître mes écrits car elles les aiment. Sans elle, je serais allée bien moins loin dans mon aventure d’auto-édition. Nous fonctionnons aujourd’hui comme une petite structure éditoriale pour ce qui est de la conception d’un livre. Et c’est très agréable de pouvoir proposer au lecteur un livre de qualité équivalente à ceux produits par des maisons d’édition classiques.

Bref, je parle, je parle, tout ça pour vous remercier pour cet article que je mettrai en avant sur mon blog l’un des mardis à venir (car le mardi je partage des liens intéressants avec mes blogonautes !).

Bonne continuation et longue vie à Ecriture-livres !
Karine Carville

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L’auto-édition : des écrivains témoignent
mardi 1er novembre 2011 à 10h59 - par  Kanata

Merci pour ce dossier.
Je vais m’empresser d’ajouter du commercial dans mes manuscrits. Parce que là, forcement sur ce commentaire, ça ne se voit pas, mais je suis en plein salut d’admiration devant ces auteurs, pardon... Écrivains.
Je ne sais pas où ils puisent la force de se lancer dans cette aventure par eux-mêmes. J’ai tellement de mal à planifier, écrire et corriger, je ne peux même pas m’imaginer comment je pourrais gérer toutes ces démarches supplémentaires...
Bon, en même temps, je suis en 3éme réécriture du petit dernier, je ne dois pas être dans ma phase la plus objective de l’année ;-)

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L’auto-édition : des écrivains témoignent
mardi 1er novembre 2011 à 01h26 - par  GreG

Je viens de lire cet article, toujours très sympa (comme les nombreux autres), riche, documenté ; et je viens de lire aussi chacun des témoignages passionnants de ces auteurs (et collègues ;) ) Félicitations à toutes et tous, au plaisir de vous lire !

Logo de GreG
mardi 1er novembre 2011 à 08h51 - par  Nicolas Kempf

Si en plus je peux faire connaître X à Y et vice-versa, je suis aux anges !

Logo de Rémi Devay
mardi 1er novembre 2011 à 12h46 - par  Rémi Devay

Comme d’habitude, c’est clair et concis. Merci Nicolas ! J’achève un second roman et je présenterai à ta sagacité.Il y a fort à parier que je m’auto-edite dès le début afin de fournir à un comité de relecture un objet confortable.

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