Ce que vous allez apprendre dans cet article :

  • Les rai­sons de s’auto-éditer
  • Le fonc­tion­ne­ment d’une publi­ca­tion en auto-édition
  • Les témoi­gnages d’auto-édi­tés satisfaits

Reconnaissance, ventes espé­rées, tra­vail demandé… Connaît-on vrai­ment l’ auto-édi­tion ? J’ai mené une enquête auprès d’é­cri­vains auto-édi­tés « qui s’en sortent ».

Il y a, dans l’auto-édi­tion, des moments exal­tants et d’autres pleins de décep­tion. Certains d’entre vous ont peut-être déjà essayé cette voie, et ont roya­le­ment vendu deux exem­plaires de leur livre. Ou alors, vous êtes devenu une valeur recon­nue dans votre sphère d’écriture.

La dif­fu­sion est sou­vent le point cri­tique de l’auto-édition. Sous quelle forme peut-on l’envisager, quelles sont les bonnes pra­tiques ? Lassés de « faire les libraires », beau­coup d’auteurs se tournent vers Internet et ses magni­fiques pos­si­bi­li­tés de buzz. Cependant, l’auto-dif­fu­sion élec­tro­nique est-elle inté­res­sante pour pro­mou­voir son livre ?

J’ai déjà évo­qué la ques­tion de l’autoédition dans un autre article. Je vou­lais l’examiner de plus près, avec son annexe l’auto-diffusion. Mais vu l’abondance et la dis­per­sion des sources, une enquête quan­ti­ta­tive était qua­si­ment impos­sible. J’ai voulu, pour­tant, ras­sem­bler des témoi­gnages, des points de vue, si pos­sible contra­dic­toires, dans un grand dos­sier qua­li­ta­tif. Voici les résul­tats de cette étude, com­men­cée cet été et menée auprès de 5 écrivains.

Diffusion par le net mais livre papier

Un constat ini­tial s’impose : en plus d’une éven­tuelle ver­sion élec­tro­nique, tous les auteurs de l’enquête pro­posent à l’achat la ver­sion papier de leur texte. L’auto-diffusion par le Net, oui, mais pas l’édition élec­tro­nique exclu­sive. L’électronique est avant tout un moyen de pro­mo­tion pour le papier.

L’un des écri­vains de l’enquête a la chance de diri­ger sa propre struc­ture pro­fes­sion­nelle. Cela lui a per­mis d’« héber­ger » admi­nis­tra­ti­ve­ment son pro­duit-livre dans sa société, et lui a faci­lité les démarches admi­nis­tra­tives (demande d’ISBN etc.)

Techniquement, la plu­part ont opté pour ce qu’on appelle l’impression à la demande : le tirage est pré­paré par l’auteur en sui­vant des for­mu­laires en ligne, des spé­ci­fi­ca­tions impo­sées, et la com­mande est pas­sée avec une inter­face auto­ma­tique. En outre, le livre est pro­posé à l’achat sur le site de l’imprimeur. Simple et sans surprises.

Pourquoi s’auto-éditer ?

Tous les inter­ro­gés sont venus à l’auto édi­tion après avoir démar­ché des édi­teurs clas­siques. Ce démar­chage, plus ou moins têtu, n’aboutit pas, et ce pour diverses rai­sons (refus d’éditer, faillite…) L’auto-édition, même si elle en conduit cer­tains à des suc­cès incon­tes­tables, résulte donc mal­gré tout d’un repli stra­té­gique, d’un second choix.

Modestes ou réa­listes, la plu­part des écri­vains inter­ro­gés avancent, comme cause de refus par les mai­sons d’édition, le faible poten­tiel com­mer­cial de leur ouvrage dans l’édition clas­sique. En d’autres termes, une dif­fi­culté… de dif­fu­sion. Internet sera donc pour eux la solu­tion de dif­fu­sion alternative.

Pourquoi, alors, refaire une ten­ta­tive ? Un besoin inté­rieur, d’une part : la recherche d’une solu­tion mini­male pour faire exis­ter le livre ; d’autre part, une pous­sée venue de l’extérieur. Pour l’un des écri­vains, c’est en effet l’insistance d’un ami qui l’a conduit à faire un pre­mier court tirage chez un impri­meur à la demande.

Pourquoi avoir choisi l’auto-édition ? Ici aussi, les rai­sons sont multiples :

  • une bonne répu­ta­tion de cette solu­tion dans les dis­cus­sions sur Internet ;
  • la recherche d’une plus grande liberté éditoriale ;
  • ou au contraire le besoin de se sim­pli­fier les étapes techniques.
Auto-édition : se mettre dans le bain
Parfois, on a envie de nager un peu plus loin que les flot­teurs en plas­tique rouge.

Quels moyens de promotion ?

Ici, les options rete­nues, ou plu­tôt les bou­quets d’options, sont extrê­me­ment variables. Comme la pomme quo­ti­dienne qui éloigne le méde­cin, une pré­sence légère suf­fit pour faire connaître son livre, à condi­tion de viser juste.

Dans ce domaine, le réseau social Facebook reste assez incon­tour­nable. Trois des cinq auteurs l’utilisent… avec pru­dence. L’un a créé une page Facebook « com­mer­ciale » por­tant son nom ; son pro­fil (privé) est alors pro­tégé de la curio­sité abu­sive de ses lec­teurs par un pseu­do­nyme. L’autre uti­lise, pour sa pro­mo­tion, à la fois une page et un pro­fil Facebook.

Deux d’entre eux se servent aussi d’un site propre, dédié à leur acti­vité. Ceci leur per­met, là encore, de s’adresser à la com­mu­nauté de leurs lec­teurs et d’en rece­voir les retours. L’un d’entre eux a même mis en place un panier pour vendre ses ouvrages en direct. Afin de séduire ces lec­teurs, leurs sites pro­posent de nom­breux goo­dies, des extraits, des avis, les couvertures…

Un seul auteur sur les cinq inter­ro­gés se sert, pour sa pro­mo­tion, d’un blog pro­pre­ment dit. Statistiquement, on s’en doute, la solu­tion est cepen­dant bien plus répandue.

La pré­sence quelque part sur Internet n’est bien entendu pas suf­fi­sante pour se pro­mou­voir cor­rec­te­ment. L’un des auteurs indique qu’il est très actif sur les forums (forums lit­té­raires, forums en rap­port avec le thème de ses livres). Il essaie aussi de faire lire son livre à la blo­go­sphère, pour créer le suc­cès d’estime. Un autre s’est appuyé sur son car­net d’adresses.

Un autre encore a obtenu des articles de presse dans des jour­naux impor­tants (presse papier spécialisée).

Aucun d’entre eux, même s’il déve­loppe des moyens de pro­mo­tion propres, ne néglige sa pré­sence dans le cata­logue de son impri­meur à la demande.

Enfin, deux des auteurs avouent aller plus loin que l’auto-diffusion élec­tro­nique… et démar­cher en face à face quelques libraires de leur région !

D’une façon géné­rale, ce qui se dégage de ces échanges est la grande ima­gi­na­tion des écri­vains auto-édi­tés : se faire connaître est affaire de finesse et d’originalité. Peu importe, au fond, le canal de dif­fu­sion choisi.

Résultats

Même si les auteurs inter­ro­gés sont réti­cents à par­ler de chiffres, leur ana­lyse de résul­tats demeure intéressante.

Plusieurs insistent sur la len­teur du décol­lage. Pour que la dif­fu­sion prenne, il ne faut pas ména­ger sa peine. Il faut agir quo­ti­dien­ne­ment, « mettre un pied dans la porte » sans deve­nir impor­tun : tout un art ! Orgueil ? L’un d’eux remet les choses en place : « Il ne s’agit pas de vous, mais de votre livre. Il mérite d’être connu. »

Le résul­tat se construit sur la durée, l’écrivain ne doit donc pas res­ter le nez sur les ten­dances du jour. Sa com­mu­nauté doit se consti­tuer len­te­ment mais durablement.

Deux chiffres de vente ont été four­nis : l’un de 160 ex. en 3 mois, l’autre de 300 ex. Il s’agit dans les deux cas de romans géné­ra­listes ven­dus envi­ron 15 €. Pour don­ner un point de com­pa­rai­son, un livre dif­fusé en région par un édi­teur clas­sique se vend au mini­mum à 300–500 exem­plaires. Une mai­son d’édition tra­di­tion­nelle ne pren­dra pas ce risque. Pour un auto-édité, cela peut valoir le coup…

Difficultés de l’ auto-édition

Choisir la liberté édi­to­riale, c’est aussi accep­ter toutes les cas­quettes. Les auteurs inter­ro­gés le constatent, leur dif­fi­culté à tous a été de pré­pa­rer cor­rec­te­ment leur livre pour qu’il ait une qua­lité digne de la librai­rie.

Certains voient ces tâches de pré­pa­ra­tion comme des cor­vées, d’autres comme des moments exal­tants. Parfois même les deux à la fois ! L’un des auteurs, pour sa part, conseille de se faire aider, de façon tout à fait maî­tri­sée : il pré­co­nise le recours à un cor­rec­teur, voire à un conseil édi­to­rial pour les aspects les plus sen­sibles de l’édition (écri­ture du résumé de 4e de cou­ver­ture ; créa­tion de la cou­ver­ture…) Autant d’à‑côtés à ne pas négliger.

Concernant la pro­mo­tion pro­pre­ment dite, un des son­dés, spé­cia­liste de Facebook, déplore les der­nières évo­lu­tions de ce média social : « les portes se ferment de plus en plus sur Facebook (demandes d’amis limi­tées, contacts récents, blo­cage de la mes­sa­ge­rie, fer­me­ture des murs par de nom­breux membres influents…) »

Enfin, tout comme je l’écris par ailleurs sur ce blog (et je conti­nue­rai de le mar­te­ler), l’écrivain doit se gué­rir de ses réflexes égoïstes natu­rels. Cela vaut pour la pro­mo­tion de ses écrits : pour bien se pro­mou­voir, il est essen­tiel de pro­mou­voir les cama­rades. Pour atti­rer l’attention des autres, il faut faire atten­tion à eux.

Moments forts dans l’ auto-édition

L’aventure de l’auto-édition est pleine de péri­pé­ties déli­cates ou for­mi­dables. Si vous aussi vous choi­sis­sez cette voie, atten­dez-vous à être sur­pris. Comment ? Écoutons les écri­vains en parler :

Je me suis amu­sée à incar­ner mon per­son­nage dans une adresse élec­tro­nique. Olivier, le héros, pose une ques­tion au lec­teur et demande une réponse à l’adresse aaa@hotmail.com. Cette adresse dou­ble­ment fic­tive, je ne l’ai jamais créée. Eh bien récem­ment, j’ai parlé avec un lec­teur qui s’étonnait que je n’aie pas reçu depuis long­temps déjà ses com­men­taires par cour­riel. Ils les avait envoyés à l’adresse d’Olivier sur Hotmail !

[cer­tains] prennent de très très haut le misé­rable qui ose s’autoproduire, […] Un jour, j’ai demandé à être cri­ti­qué par un fan­zine en ligne et là, quel sacri­lège que d’être autoé­dité ! « Vous serez jugé comme n’importe quel auteur ! » m’a fait entendre le mon­sieur. Mais je ne deman­dais que ça !

Je parle d’une altiste vir­tuose dans le roman… et je n’en connais point. […] Mon por­table sonne quelques minutes plus tard et je reçois une invi­ta­tion à dîner. En dînant chez le mon­sieur et son épouse, j’apprends que cette der­nière est une altiste de répu­ta­tion inter­na­tio­nale ! Elle devien­dra quelques jours plus tard la soliste de mon roman.

[J’ai été invité à signer sur le stand de mon impri­meur à la demande…] 5 livres ven­dus en 3 heures ! De l’autre côté de l’allée, les gars du grou­pe­ment des Éditions des pays de Loire buvaient une coupe de cham­pagne à cha­cune de mes ventes, en pous­sant des cris. Ils avaient quatre cent beaux-livres sur leur pré­sen­toir et n’avaient pas réa­lisé une vente depuis six heures… Vraiment, ce que je pré­fère dans l’humanité, c’est les humains !

Je reçois de nom­breuses demandes de contacts sur Facebook, sans tou­jours savoir d’où elles viennent. Juste après en avoir accepté une, la per­sonne me dit : « Tu es trop drôle ! Tu es les­bienne, n’est-ce pas ? » On est tou­jours en contact, mal­gré ma réponse négative.

Enseignements

Dès que l’on demande à des écri­vains de par­ler de leur pra­tique, on obtient autant de réponses qu’il y a de per­sonnes… voire plus. Cette enquête qua­li­ta­tive sur l’auto-édition, on l’a vu, ne déroge pas à la règle.

Pourtant, quelques prin­cipes géné­raux se dégagent de notre petite plon­gée dans le monde des auto-édités :

  • La solu­tion dif­fu­sion électronique/impression à la demande est un duo qui a fait ses preuves ;
  • L’auto-édition est une bonne alter­na­tive à l’édition tra­di­tion­nelle, lorsque le manus­crit n’a pas une por­tée com­mer­ciale suffisante ;
  • La pré­sence sur Internet uti­lise a priori trois canaux prin­ci­paux : le cata­logue de son impri­meur, Facebook, et les sites/blogs dédiés. À quoi s’ajoute une bonne dose d’imagination pour ame­ner les lec­teurs poten­tiels jusqu’à la page voulue ;
  • Les résul­tats sont lents à venir et, en volumes de vente, le plus sou­vent modestes ;
  • S’auto-éditer est par­fois fas­ti­dieux, ce qui induit à sous-trai­ter cer­taines tâches comme la cor­rec­tion ou le conseil lit­té­raire ;
  • L’auto-édition est pleine de sur­prises, par­fois pénibles, mais sou­vent drôles !

Et toi, indus­trieux inter­naute ? Quelque chose à confir­mer, à corriger ?

80 commentaire

  1. Valérie Rocheron says:

    Alors, voilà ma contri­bu­tion : j’ai la chance d’être édi­tée dans un struc­ture tra­di­tion­nelle, pour cer­tains de mes textes, depuis plu­sieurs années. Parallèlement, j’ai créé la mienne pour faire vivre des textes qui ne cor­res­pondent pas à ce que fait mon édi­teur. Je suis donc à la fois édi­tée et auto-édi­tée. Je fais tout moi-même, y com­pris la maquette avec un logi­ciel pro­fes­sion­nel. Pour les illus­tra­tions (je suis dans la jeu­nesse), je fais appel à des illus­tra­trices pro­fes­sion­nelles. Au final, les livres sont très jolis, ce qui me per­met de démar­cher les libraires tête haute. Alors mon com­mer­cial s’articule comme suit :

    un blog, qui raconte mes péri­pé­ties dans le milieu de la minus­cule édi­tion, car j’ai démarré en n’y connais­sant rien.
    un site avec bou­tique, qui génère des ventes en ligne, régu­lières mais insuf­fi­santes pour faire tour­ner la boîte
    des tour­nées libraires, dans ma proxi­mité géo­gra­phique, avec orga­ni­sa­tion de dédicaces
    salons, tou­jours dans ma proxi­mité géographique
    média­thèques, car elles per­mettent l’accès aux classes, où je fais des interventions
    asso­cia­tions de lec­tures, car elles gèrent pas mal de salons du livre et de prix littéraires

    Tout cela prend du temps mais depuis 18 mois que je le fais, voici le bilan :

    mes livres s’auto-financent (9 titres à ce jour, le 10e bien­tôt), répar­tis en trois collections
    je fais des béné­fices qui me per­mettent d’améliorer l’ordinaire, en sachant tou­te­fois qu’une grande par­tie est réin­ves­tie dans l’impression et la réimpression ?

    Aujourd’hui, je suis face à un dilemne : il faut pas­ser à la vitesse supé­rieure. C’est à dire, aug­men­ter mes tirages (je tirais à 500, il fau­drait 1000 pour deux des col­lec­tions) et élar­gir ma dif­fu­sion mais je répugne à faire appel à un diffuseur…

    Voilà !

    1. nicolas says:

      Merci pour ce retour com­plet et plein d’informations. Vous avez semble-t-il un beau talent pour faire vivre vos ouvrages. Si 500 ne suf­fisent plus, ma foi…

      Ceci dit, il vous sera dif­fi­cile de trou­ver un dif­fu­seur. Les édi­teurs ont déjà du mal à en trou­ver, alors un auteur isolé… La solu­tion serait plu­tôt, selon moi, dans une dif­fu­sion par­ta­gée : vous vous trou­vez d’autres auteurs qui font les mêmes démarches que vous, et vous vous entre-diffusez…

    2. Bonjour,
      Je viens de prendre connais­sance de votre commentaire.
      Si vous le sou­hai­tez envoyez moi des extraits de votre livre qui sera exa­miné par notre comité de lec­ture. Et n’hé­si­tez pas aller sur notre http://www.c2laure.com/ et http://laurerebois.fr/ (auteure, chro­ni­queuse et journaliste)
      Nous pou­vons vous aider dans votre communication.

      Au plai­sir,
      Cdt
      Pascale Poinson

  2. pailherey says:

    Juste pour ajouter.
    Je suis le web­mas­ter du site
    Edition999.info
    .
    Je fais connaitre depuis plu­sieurs années des auteurs, dont cer­tains de la liste ci-dessus.
    J’aimerai ajou­ter à l’article que je me suis mis à faire le site car au départ j’étais écri­vain et perdu dans les méandres de l’édition gra­tuite ou payante, je me suis dit, « fais-le toi même honnêtement’.
    Donc, le plus dur à mon avis, après le défi de la page blanche et d’être lu.
    Maintenant, avec l’arrivée d’internet et le déve­lop­pe­ment pro­bable du ebook, on devrait être plus libre de se faire connaitre.
    En contre­par­tie, la mul­ti­tude pour­rait noyer l’individu. C’est pour cela que les blogs et autres sites per­son­nels, c’est bien, mais l’écrivain n’est pas infor­ma­ti­cien, il ne peut donc riva­li­ser avec des sites spé­cia­li­sés au niveau du référencement.
    Alors on risque de retom­ber dans la situa­tion, si tu ne payes pas, on ne te décou­vrira pas.
    Edition999, avec mes petits moyens de béné­vole essaie depuis plu­sieurs années de com­pen­ser ce manque.

  3. Karine Carville says:

    Bien vu cet article !

    Je suis en par­tie auto-édi­tée et je fonc­tionne avec un blog principal (
    http://www.karine-carville.com
    ) et des pages dédiées à cha­cun de mes romans (par ex le der­nier né :
    http://estebt1.canalblog.com
    ).

    Facebook reste effec­ti­ve­ment un incon­tour­nable pour com­mu­ni­quer sur l’avancement d’une paru­tion, le lan­ce­ment d’un nou­veau roman mais aussi les évé­ne­ments qui y sont liés (ne pas oublier les salons du livre et dédi­caces en librairie !).

    La dif­fu­sion reste effec­ti­ve­ment le pro­blème épi­neux de l’histoire : mais la vente en ligne (ou via un blog) fonc­tionne tout de même.

    Quant au temps, il est la clef de voûte de l’auto-édition. Le lec­to­rat se déve­loppe peu à peu, par le bouche à oreille, par des coups de pub impré­vus (un article de presse par ex), et il gran­dit au fil des livres. Il faut être patient et gar­der le plai­sir d’écrire pour être lu.

    Enfin, il ne faut pas oublier qu’un écri­vain qui s’auto-édite ne peut pas le faire seul. Un cor­rec­teur est le mini­mum à avoir auprès de soi avant le maquet­tage. J’ai la chance d’avoir une équipe édi­to­riale qui s’est mon­tée autour de moi, des femmes pas­sion­nées et com­pé­tentes qui ont décidé de faire connaître mes écrits car elles les aiment. Sans elle, je serais allée bien moins loin dans mon aven­ture d’auto-édition. Nous fonc­tion­nons aujourd’hui comme une petite struc­ture édi­to­riale pour ce qui est de la concep­tion d’un livre. Et c’est très agréable de pou­voir pro­po­ser au lec­teur un livre de qua­lité équi­va­lente à ceux pro­duits par des mai­sons d’édition classiques.

    Bref, je parle, je parle, tout ça pour vous remer­cier pour cet article que je met­trai en avant sur mon blog l’un des mar­dis à venir (car le mardi je par­tage des liens inté­res­sants avec mes blogonautes !).

    Bonne conti­nua­tion et longue vie à Ecriture-livres !
    Karine Carville

  4. Valérie Andrieux says:

    Bonjour

    J’ai auto-édité un recueil en jan­vier der­nier en 500 ex (je vou­lais l’éditer, je n’ai même pas cher­cher d’éditeur, c’était et c’est tou­jours un exé­cu­toire, une façon de s’en sor­tir, de lais­ser une trace), j’ai ma page sur face­book comme beaucoup(
    https://www.facebook.com/messages/?…
    . Je le vends en direct ou par le biais des librai­ries tra­di­tion­nelles, dépot vente et/ou dédi­caces, voir quelques salons ou mar­chés de Noël. Le par­cours de dif­fu­sion est en effet dif­fi­cile mais pas impos­sible. J’ai beau­coup aimé votre article qui résume ce que j’ai vécu. Je suis novice dans le domaine, mais je réedi­te­rai l’expérience pour le deuxième ouvrage. Je ne suis pas encore ren­trée dans mes frais (encore une dizaine !!!) mais je ne déses­père pas mais je suis à l’affût de chaque évé­ne­ment, même si je me fais bou­ler pour cer­tains salons ou librai­ries car je n’ai pas d’éditeur. J’ai obtenu un réfé­ren­ce­ment auprès de la Fnac j’étais très contente, mais quand les gens veulent com­man­der, on leur réponds rup­ture de stock !!! Au plai­sir de lire un nou­vel article !

    1. nicolas says:

      Oui, la FNAC a des pra­tiques un peu dou­teuses avec tout ce qui est « petit »… J’en par­le­rai un de ces jours…

      Merci en tout cas pour ce retour d’expérience encourageant.

  5. Paul says:

    Bonjour

    Je per­met de faire un retour sur mon expé­rience d’auteur autoédité.
    Et bien d’après mon expé­rience – elle reste très posi­tive. Un livre impri­mer en 200 exem­plaires – sans pré­ten­tion – ni objec­tif impos­sible à atteindre.

    Juste une édi­tion pour me faire plai­sir et faire plai­sir à mes amis – col­lègue et autres.

    Le prix du livre en lui-même n’étant pas le fac­teur essen­tiel – je cherche avant tous à récu­pé­rer l’investissement de départ.

    Et bien après quelques dif­fi­cul­tés pour la créa­tion d’un PDF – la démarche est assez simple.
    Transfert de fichier – paie­ment – livrai­son – un pro­ces­sus classique.

    Une fois la livrai­son effec­tuée – les démarches ne sont pas trop com­pli­quées – mais assez longues – pour résu­mer il faut avoir le temps et une bonne motivation.

    Bon je ne parle pas de l’écriture du livre en lui-même qui repré­sente 90 % du travail.
    Ecriture – relec­ture – 2 ans de boulot.

    Prospection de librai­ries – compte face­book – réseau d’amis.

    Résultats des courses : les ventes se font régu­liè­re­ment et je pense faire un reti­rage d’ici peu – peut-être un peu moins impor­tant – 100 exemplaires.

    Et je ne suis pas déçu de cette aven­ture – avant tout humaine.

    Loin du pro­ces­sus épui­sant des mai­sons d’éditions – ou vous êtes en attente per­pé­tuelle d’une réponse.

    De plus cela reste une joie inéga­lable d’offrir un livre à vos amis – votre livre.

    Paul

    1. nicolas says:

      Merci pour ce bon complément.
      Je suis tou­jours un peu gri­ma­çant quand un impri­meur clés en main se pré­sente comme édi­teur, mais je dois dire que ceux-ci pré­sentent de façon assez loyale leur travail…

  6. art-chez-soi says:

    Auteur d’un récent essai « Cherche un Espoir ! », publié par « Les Editions du Net »,
    je rends hom­mage à cet Editeur qui a bien voulu m’orienter et m’aider tech­ni­que­ment jusqu’à sa
    publi­ca­tion, dont le contrat inclut le réfé­ren­ce­ment sur le réseau des libraires « Dilicom » !
    Maintenant, « la balle est dans mon camp » quant à sa dif­fu­sion et la tâche n’est effec­ti­ve­ment pas
    aisée pour l’ auteur inconnu que je suis et les 30 exem­plaires dis­tri­bués gra­cieu­se­ment pour sa
    promotion…
    Mais son titre « Cherche un Espoir ! » (de Jean-Marie SALICIS), m’incite à per­sé­vé­rer dans cette
    voie, afin que mon livre soit enfin lu (y com­pris en télé­char­ge­ment à 4€75 seule­ment sur :
    http://www.thebookedition.com
    ).
    Moralité : après les refus de quelques dix mai­sons d’éditions, je suis néan­moins heu­reux d’avoir
    à dis­po­si­tion autant d’exemplaires que je sou­haite en ver­sion papier, au prix auteur qui me permet
    de dif­fu­ser mon ouvrage aux adresses sus­cep­tibles de le promouvoir…
    Patience, per­sé­vé­rence et bon cou­rage aux auto-éditeurs !
    art-chez-soi = « Bibliothèquez-vous » (car le volume de l’éventuelle biblio­thèque chez le particulier
    est inver­se­ment pro­por­tion­nel à la sur­face de son écran télé !).

  7. Jean Jacques Callejas says:

    Bonjour,

    Beaucoup de choses ont été dites mais je vais quand même ten­ter d’ajouter ma modeste expérience.
    Il y a une dizaine d’années, une petite his­toire a com­mencé à me trot­ter en tête. Après quelques mois de réflexions, j’ai com­mencé à cou­cher une ossa­ture sur un bout de papier, et après avoir découpé mon brouillon, je me suis décidé à rele­ver ce chal­lenge : Es-tu vrai­ment capable de trans­crire cette histoire ?
    Ma pre­mière mis­sion : finir le pre­mier cha­pitre, puis le second… etc
    Cela a si bien fonc­tionné que j’ai fini par faire un tome, puis deux, pour ter­mi­ner une tri­lo­gie nom­mée « Le prince des âmes maudites ».

    Si mon but pre­mier était de me faire plai­sir, il a vite été balayé par l’envie d’être lu.
    Alors, j’ai com­mencé par le faire lire à mes proches, pro­fi­tant de l’occasion pour leur deman­der de cor­ri­ger les fautes éven­tuelles qu’ils ren­con­tre­raient, puis à des rela­tions, et même à des profs pour qu’ils cor­rigent à leur tour le manuscrit.

    Devant leurs cri­tiques très posi­tives (peut-être pas tou­jours très objec­tives venant de proches), j’ai expé­dié mes manus­crits à plu­sieurs mai­sons d’édition qui m’ont répondu à 80 % néga­ti­ve­ment avec de jolies lettres pré-éta­blies et 20 % n’ont pas dai­gné me répondre…

    Mes rêves d’écrivain volèrent en éclats, mais six années à écrire, à réécrire, à cor­ri­ger et recor­ri­ger ne pou­vaient s’effacer comme ça !
    J’ai donc opté pour l’auto-édition avec pour satis­fac­tion d’avoir un exem­plaire de mes écrits sous la forme d’un vrai livre, ainsi que pour mes enfants afin de leur lais­ser une trace de mon passage.
    Puis, j’ai quand même fait un peu de pub via des affi­chettes, des forums, les amis afin de ten­ter d’être lu et d’avoir en retour des critiques.

    Je suis passé par le site lulu.com qui me per­met de pou­voir dis­tri­buer mes livres sans le moindre frais (mis à part mes exem­plaires à prix d’auteur)

    Les avan­tages :

    Pas d’argent à avan­cer car les lec­teurs com­mandent via lulu ou ama­zon et les livres sont impri­més à la demande, donc pas de stock.
    Un site qui per­met de suivre ses ventes, de rece­voir des cri­tiques (la plus belle des récom­penses dans la mesure ou elles sont objec­tives car elles per­mettent de progresser)
    Une ges­tion totale des com­mandes, des impres­sions, des expé­di­tions et vire­ment des droits d’auteur.
    La pos­si­bi­lité de vendre sous for­mat ebook

    Les incon­vé­nients :

    Un tra­vail total sur les livres : Ecriture, mise en page, confec­tion des cou­ver­tures et cor­rec­tion (et mal­gré le nombre de per­sonnes qui ont cor­rigé mes manus­crits, je trouve encore des fautes = cor­rec­teur est vrai­ment un métier !)
    Un gros tra­vail sur la pro­mo­tion de l’oeuvre : Avec son lot de joie et sur­tout de décou­ra­ge­ment (une cen­taine de livres ven­dus en un peu plus d’un an) car pour beau­coup un auteur auto-édité est for­cé­ment mau­vais sinon il aurait trouvé une mai­son d’édition…

    Pour conclure, je dirai que l’auto-édition est une for­mi­dable aven­ture pour celui qui ne vise aucun prix lit­té­raire et qui n’aspire pas à voir ses écrits deve­nir des best-sel­lers, mais qui doit vivre chaque vente comme une grande vic­toire et sur­tout, prendre chaque cri­tique comme un témoi­gnage d’intéressement…

    1. nicolas says:

      Merci pour ce point pré­cis sur l’auto-édition. Vous regar­dez les choses en face et le bilan n’est pas (si) mauvais.
      Où peut-on vous lire ?

  8. ASTRE didier says:

    Bonjour
    Toutes les expé­rience vécues sont inté­res­santes. Votre article et les témoi­gnages qui suivent en font parti. Je suis « tombé » des­sus en navi­gant au hasard sur le net à la recherche de sites où des per­sonnes seraient sus­cep­tibles de lire ce que j’ai écrit, car dans mon cas, le seul sou­cis immé­diat, est bien d’obtenir enfin des cri­tiques de lec­teurs. Rien que ça serait déjà énor­mé­ment gra­ti­fiant. Auriez-vous, par gen­tillesse, quelques idées ?
    Amitiés
    Didier

    1. nicolas says:

      Eh bien, je compte 4 types de lec­teurs : l’entourage, les lec­teurs auto­ri­sés, les bêta-lec­teurs et les conseillers lit­té­raires. Les plus utiles selon moi sont les conseillers lit­té­raires, évidemment…

      Pour en savoir plus, ren­dez-vous sur l’article «
       Les bêta-lecteurs
      » et d’autres dans la
      même rubrique
      .

  9. Sébastien Chion says:

    Le che­min qui m’a mené à l’auto édi­tion a été rela­ti­ve­ment long, mais mûre­ment réflé­chi. J’ai fini d’écrire mon pre­mier livre au mois de mai l’année der­nière. Je l’ai envoyé au for­mat élec­tro­nique à plu­sieurs amis, qui m’ont fait une pre­mière série de retour, très posi­tif. Cette pre­mière série de retour m’a confirmé que je par­tais dans la bonne direc­tion, et que ça valait la peine de me lan­cer pour de bon dans l’aventure.

    Il m’a fallu deux mois de relec­tures pour être fina­le­ment satis­fait de l’histoire. C’est ajouté à ça un retra­vaille du style en pro­fon­deur, avec une relec­trice aguer­rie. Les fautes ont été éga­le­ment scru­tées à la loupe par deux autres per­sonnes. J’ai eu une ver­sion finale de mon texte à la fin du mois de septembre.

    À ce moment là, il y avait deux choses assez claires dans ma tête : je ne me voyais pas me lan­cer en autoé­di­tion, je ne m’imaginais pas capable de vendre mon livre, de lui don­ner une valeur moné­taire. Et je vou­lais démar­cher les édi­teurs tra­di­tion­nels. Les chances pour un pre­mier roman d’auteur inconnu de se faire édi­ter sont qua­si­ment nulles… mais ça valait la peine d’essayer quand même. À ce stade là, j’avais éga­le­ment envie de par­ta­ger mon texte autour de moi. De l’offrir. Je me suis donc tourné vers un site d’impression à la demande. J’ai fait quelques cal­culs, et j’ai décidé d’imprimer 60 exem­plaires. Graphiste de for­ma­tion, pas­sionné par les livres, la concep­tion n’a pas été un pro­blème. Au contraire, c’est même devenu un véri­table plaisir.

    Début novembre, je rece­vais chez moi deux car­tons de livres. Ils étaient exac­te­ment comme je les avais voulu. C’était par­fait. Une dizaine a été mise de côté pour faire des aller-retour chez les édi­teurs, tan­dis que les autres ont été offerts à mes proches.

    Les édi­teurs se sont relayés pour me faire par­ve­nir des lettres cir­cu­laires de refus très polis. Mes amis se sont relayés pour me faire par­ve­nir des com­men­taires des plus posi­tifs et encou­ra­geant. Devant la len­teur du démar­chage d’éditeurs, j’ai fina­le­ment décidé que j’allais me lan­cer dans le vide. Sans filet.

    Je voyais plu­sieurs avan­tages à l’autoédition : une proxi­mité beau­coup plus forte avec le lec­teur, un contrôle com­plet sur l’objet final, et le plai­sir de rele­ver un défi de taille.

    À l’air du tout numé­rique, le pas­sionné du papier, des tex­tures, des objets, que je suis a décidé que je ne me tour­ne­rais pas vers le livre numé­rique pour le moment, mal­gré son aspect beau­coup plus ren­table. Non, je vou­lais par­ta­ger un objet autant qu’une histoire.

    Je n’avais pas non plus envie de faire de l’impression à la demande. Le modèle finan­cier ne me conve­nait pas. J’ai le fol espoir de réus­sir à me faire un peu d’argent grâce à mon livre. De simples cal­culs m’ont mon­tré que d’imprimer 500 exem­plaires d’un seul coup me per­met­tait de faire 4 à 5 fois plus de béné­fice par livre qu’en cas d’impression à la demande. Si les tarifs de lulu me conve­naient pour un petit tirage de 60 exem­plaires, il n’avait plus aucun inté­rêt face à une impres­sion plus consé­quente. De plus, l’impression à la demande me contrai­gnait à uti­li­ser un for­mat de livre imposé. Là aussi, j’avais une idée assez arrê­tée sur la ques­tion. Je dois bien avouer que le for­mat final de 10x19 de « À Vancouver tourne à gauche » me plait énor­mé­ment. J’ai démar­ché les impri­meurs en ligne pen­dant un moment, fait réa­li­ser de nom­breux devis, avant de fina­le­ment opté pour celui en qui j’avais le plus confiance. Je suis ravis du résultat.

    L’aventure de l’auto-distribution a com­mencé il y a une semaine, quand un camion a déchargé une palette avec dix huit car­tons. Pour la dis­tri­bu­tion, j’ai com­mencé par un site internet (
    http://www.avancouvertourneagauche.com
    ) pré­sen­tant des extraits du livre, expli­quant un peu ma démarche, et four­nis­sant un lien pour le paiement.

    Ne me reste plus qu’à faire connaître le site. J’ai donc envoyé un mail à tout mon car­net d’adresse, je l’ai ajouté sur mes pro­fils Linkedin et Viadeo, mais je n’ai pas créé de pages face­book (ancien uti­li­sa­teur du réseau, je n’ai pas envie aujourd’hui d’y remettre les pieds). Je compte désor­mais sur le bouche à oreille, les ren­contres, les amis d’amis, et peut être un peu la blo­go­sphère pour créer un peu de tra­fic vers mon site. À côté de ça, j’essaie aussi de faire jouer quelques liens dans le monde des journaux…

    En paral­lèle à la dif­fu­sion web, j’ai com­mencé à démar­cher les librai­ries (là, pas le choix de faire du porte à porte). J’ai aussi l’intention de me rap­pro­cher des média­thèques, des biblio­thèques, et d’essayer d’organiser quelques évé­ne­ments promotionnels.

    Au final ? Énormément de tra­vail, mais beau­coup d’espoir et d’enthousiasme !

  10. Jérôme Lassaigne says:

    Je suis écri­vain parce qu’on s’attire les pires ennuis a vou­loir échap­per au des­tin, Corto Maltese se refit une ligne de vie avec le rasoir de son père pour ne pas deve­nir marin. Il est ainsi devenu gen­til­homme de for­tune, c’est à dire un pirate. Il a fallu la pri­son pour que la psy du tri­bu­nal me le fasse assu­mer. Maintenant un train peut en cacher un autre, et la jus­tice m’en veut parcequ’elle a fait de moi un psy­cha­na­lyste pour avoir posé la ques­tion : pour­quoi le pas­sage à l’acte.

    Le pro­blème ne vient pas seule­ment des édi­teurs, ces bons vieux coffres-forts qui font bla-bla et ne préttent qu’aux riches (Céline, qui d’autre..) La plus belle fille du monde ne peut pro­po­ser plus que sa clien­tèle à un écri­vain. On voit la courbe des ventes accen­tuer sa chute vers l’exponentiel, les librai­ries ferment, il y a peu à Carrouf j’ai entendu une mère hur­ler à son fils : « on va pas cla­quer six euros dans un bouquin ! »

    Fini donc, l’époque des jaquettes, des beaux uni­formes, des parades, des stra­té­gies édi­to­riales éla­bo­rées par les états majors. Alors sont venus les temps de la gué­rilla et des opé­ra­tions de com­man­dos. La force d’un auteur est pra­ti­que­ment pro­por­tion­nelle à celle avec laquelle les édi­teurs le repoussent. C’est la pous­sée d’Archi-Galligraseuil.. Céline, Proust, Joyce, mais éga­le­ment le Zarathoustra de Nietzche ont été refusés.

    L’auto édi­tion bien menée per­met de gagner plus, en ven­dant moins. Il y a plus de tra­vail, certes, mais les der­nières jour­nées que j’ai fais à l’usine tour­naient autour de 12 h avec des pointes à 16.. Et main­te­nant les usines sont chez les dra­gons asia­tiques. Cela per­met éga­le­ment d’écrire et de retou­cher en fonc­tion du résul­tat final. J’utilise Linux et Texmaker qui gère Texlive et me sort du pdf en un clic. Et c’est gra­tuit ! Je me fixe un cal­li­brage pré­cis qui va m’obliger à adop­ter un style qui ne prous­ti­sera pas plus que le nécés­saire. Cela per­met de sor­tir dif­fé­rentes ver­sion mofi­diées au fur et à mesure. Egalement de tirer des ouvrages à dif­fu­ser « sous le man­teau », moyen qui per­mit à Gutemberg de per­sé­ve­rer (le livre de la Sybille était une com­mande lucra­tive d’une secte de fla­gel­lants, ce serait le pre­mier ouvrage édité de l’histoire) ou à Malraux d’arrêtter le pillage des temples Khmers.

    Pour conclure je dirais, auto-édi­tion ? Aide-toi, les édi­teurs ne t’aideront pas,

    1. nicolas says:

      Je ne suis pas vrai­ment d’accord avec cette repré­sen­ta­tion « au pochoir » des mai­sons d’édition.
      Mathématiquement, l’auto-édition per­met de gagner plus en ven­dant moins, certes, mais il est dif­fi­cile de gagner même « un peu » en étant son propre diffuseur…

      Cela dit, vous avez eu un par­cours appa­rem­ment plein de cahots, votre radi­ca­li­sa­tion est com­pré­hen­sible. Merci d’évoquer comme vous le faites les solu­tions que vous avez trou­vées, et ce qui a mar­ché pour vous !

  11. Jamie Cumindor says:

    Bonjour. Je m’intéresse de près à l’autoédition, puisque je la pra­tique. Après des années de tra­vail et 250 pages A4 rem­plies, j’ai mis le mot « fin » à un roman inti­tulé « un men­tal de foot­bal­leur alle­mand », mélange de genres avec le foot en fil rouge qui se déroule à Marseille en 2028. Je l’ai relu plu­sieurs fois, avec des mises en hiber­na­tion entre ces lec­tures pour faire reset dans ma tête, je l’ai fait lire à 2 potes qui m’ont signalé des inco­hé­rences, j’ai fait une cou­ver­ture sur pho­to­shop et écrit une 4e de couv’, fait la mise en page, ISBN, dépôt légal, tout le tra­vail d’un édi­teur après celui d’un écrivain.
    Je n’ai pas trouvé d’éditeur, mais fina­le­ment est-ce bien anor­mal ? Pourtant, je vois bien que le livre que j’ai écrit est ori­gi­nal et mérite de vivre sa vie.
    Comme j’aime les livres papier, Je l’ai mis en impres­sion à la demande sur « The Book Edition », et j’ai fait un blog sur lequel je ai mis les 30 pre­mières pages, mais où je fais aussi des cri­tiques sur les bou­quins que j’ai adorés.
    Avec tout ça, je com­mence main­te­nant à com­prendre com­ment fonc­tionne l’autoédition sur inter­net. J’ai des visi­teurs du monde entier sur mon blog, notam­ment quand je fais des com­men­taires qui font tilt sur les jour­naux en lignes. Je com­mence à vendre (un peu) mon bouquin.
    Mais ce qui fait vendre, c’est l’humain, le bouche à oreille. Des amis l’ont acheté, il leur a mani­fes­te­ment plu, ils m’ont fait de la pub, et le comp­teur des ventes pro­gresse peu à peu… ce qui me motive pour conti­nuer à faire l’attaché de presse. C’est lent et demande du temps et des efforts, mais j’ai la satis­fac­tion de savoir que mon livre existe phy­si­que­ment, que des per­sonnes ont fait l’effort de l’acheter et m’ont fait savoir qu’elles aiment. C’est déjà beau­coup… en espé­rant un jour réus­sir à per­cer… et pou­voir ainsi en écrire un autre ! 😉

    Et pour mon­trer qu’autoédition peut rimer avec « tient la com­pa­rai­son » (avec l’Edition), voici le lien menant au début de mon roman, pages publiées sur mon blog :
    Jamie Cumindor

    1. nicolas says:

      La voie longue et dif­fi­cile… Mais si vous êtes déjà habi­tué à fré­quen­ter la com­mu­nauté en ques­tion, c’est sans doute le meilleur choix que vous avez pu faire.
      Bon cou­rage et merci pour ce témoignage !

  12. Jamie Cumindor says:

    Merci à vous pour cette tri­bune offerte.
    Quant à l’autoédition, non seule­ment elle néces­site effec­ti­ve­ment de jouer col­lec­tif, mais elle demande aussi et sur­tout de croire en son étoile. Comme en sport, finalement…
    Et en écri­vant mon roman, dont le thème cen­tral est la volonté, et dans lequel le « héros » va essayer de com­pen­ser la sienne, défaillante, par une puce élec­tro­nique cen­sée le boos­ter pour atteindre ses objec­tifs pro­fes­sion­nels et sen­ti­men­taux, je me voyais moi-même, confronté aux affres de l’écriture d’abord, ou « com­ment construire un uni­vers qui ne s’effondre pas au bout de 2 jours » selon la for­mule de Philippe K. Dick, puis, nau­fragé sur mon radeau-manus­crit dans le plat océan édi­tio­nique ensuite, espé­rant être recueilli par quelque cargo-édi­teur bien­veillant… mais improbable.
    Une mise en abyme de mes propres espoirs, en quelque sorte…
    Aide-toi et le ciel t’aidera ! J’ai mis une voile à mon radeau, et j’avance, vers terra inco­gnita certes, mais main­te­nant j’avance !… 😉

    1. nicolas says:

      Hé hé, en tout cas l’idée de la puce est bonne ! Plus inté­res­sant que la puce style « La mémoire dans la peau », avec un bête numéro de compte en suisse ins­crit dessus… 😉

  13. Edmond Marcks says:

    Bonjour, tout d’abord merci pour votre article il est très inté­rés­sant. Je me suis retrouvé de nom­breuses fois dans vos conseils et remarques. Pour ma part après avoir réa­lisé cette par­tie du tra­vail j’ai décidé de pas­ser à l’édition.

    Pour cela, après avoir effec­tué quelques recherches et contac­ter bon nombre de mai­sons d’éditions, j’ai enfin trouvé mon bon­heur chez 7ecrit (site web :
    http://7ecrit.com
    ).

    Ils ont tout de suite accro­ché à mon style d’écriture et le fait que je sois débu­tant n’a dérangé en aucun cas.

    Ils ont pour voca­tion prin­ci­pale de publier les pre­miers ouvrage des nou­veaux auteurs, de per­mettre au grand public de les découvrir.

    C’est ce qui m’a le plus encou­ragé à prendre contact avec eux dans un pre­mier temps puis m’engager avec dans un second temps.

    L’avantage est éga­le­ment qu’ils n’ont pas de ligne édi­to­riale stricte, ils acceptent tout types d’écriture tant que ça leur plait.

    De plus ils publient autant au for­mat livre qu’au for­mat numé­rique adapté aux eBook, Kindle et autres liseuses numé­riques. Aujourd’hui c’est un point fort étant donné que les habi­tudes lit­té­raires des lec­teurs changent et que beau­coup pré­fère les eBook.

    Merci beau­coup pour votre sou­tien et je vous conseille de jeter un oeil sur cette mai­son d’édition qui pour moi fut une vraie révélation.

  14. Romain Godest says:

    Bonjour à tous,

    J’ai auto-édité deux romans via Amazon avec le double inté­rêt d’être une bonne pla­te­forme pour l’ebook et d’offrir un ser­vice aux auteurs très avan­ta­geux pour l’impression des livres.
    Je me rends compte que les livres se vendent bien lorsque les libraires prennent le temps de les lire. S’ils aiment, ils les conseillent. Du coup, il est peut-être plus inté­res­sant de cibler 3 ou 4 librai­ries plu­tôt que de battre la cam­pagne pour dif­fu­ser au maximum.
    L’important pour un auteur auto-édité semble être aussi le blog d’auteur. C’est grâce à mon blog que les lec­teurs se rendent sur Amazon.
    je conseille éga­le­ment Google plus et ses com­mu­nau­tés qui ont voca­tion à rem­pla­cer les réseaux sociaux.

    L’autoédition peut per­mettre de gagner un peu d’argent (ou beau­coup pour quelques rares élus), mais je pense que le véri­table suc­cès pas­sera dif­fi­ci­le­ment par ce système.

  15. Estampe says:

    Pour ma part c’est presque de l’aitoédition puisque je dois pro­mou­voir mon livre et je ne touche rien ou presque .. mais mon but unique est d’être lue et de partager …
    mon nou­veau roman ROUGE aux édi­tions Edilivre.

    (lien mort)

    Et mon blog où vous trou­ve­rez déjà des com­men­taires de mes lecteurs …
    http://rougepolar.unblog.fr/

    Merci de m’aider à faire vivre ce rêve ….

  16. Christophe K-Geng says:

    Bonjour à tous,
    pour ma part, j’ai publié mon pre­mier roman via TBE au mois de décembre et créé un blog pré­sen­tant mon tra­vail d’écriture pour en arri­ver jusqu’à l’auto-édition. Je poste aussi « des pen­sées du moment » pour que les gens puissent décou­vrir mon style. À ce jour, j’ai peu vendu, mais les retours sont incroyables. Les avis sont una­nimes et chaque per­sonne a versé au moins une larme en refer­mant le livre. Ce n’est pas du tout auto­bio­gra­phique. J’écris avec mon cœur et mes tripes, en transe. Ce n’est pas moi qui écris, c’est le per­son­nage que je crée qui me trans­porte. J’ai écrit quatre romans, mais je ne sais pas si je peux les clas­ser dans ce style-là. C’est beau­coup plus lit­té­raire et phi­lo­so­phique. Actuellement, je tra­vaille sur les retouches de mon second roman. Ceci mis à part, je ne fais aucune pro­mo­tion ici et là, je ne suis même pas réfé­rencé sur les réseaux de libraires parce que, pour l’être, il fau­drait que je sois autoen­tre­pre­neur et avoir un numéro de siret. Il y a une évi­dence simple : pour être lu encore faut-il avoir une visi­bi­lité. Je témoigne de beau­coup de choses sur mon blog. Si ça vous dit, venez faire un tour. L’auto-édition, c’est par­fait si votre but pre­mier est de voir exis­ter vos écrits. Pour le reste, ne vous posez pas la ques­tion de vendre. Les ventes vien­dront peut-être dans dix ou vingt ans. Quand vous ne vous y atten­drez plus ou alors quand vous aurez écrit dix oeuvres. Mais il ne faut pas espé­rer gagner sa vie de cette façon. Il y a tel­le­ment de bou­quins qui sortent chaque jour de mai­sons d’édition recon­nues, qu’il y a peu de chance que votre petit bou­quin autoé­dité fasse fureur même s’il est de grande qua­lité. Car le pro­blème ne réside pas dans la qua­lité, mais la visi­bi­lité. Et la grande. Je ne veux décou­ra­ger per­sonne alors je vous dis bonne chance à toutes et à tous…
    (lien mort)

    1. nicolas says:

      Merci pour ce bout de sagesse.

      Je retiens aussi une chose sur laquelle j’aime bien insis­ter : ce n’est pas « parce qu’on est sur Internet » que tout est plus facile. Sa page d’écrivain, le site de son livre, il faut les faire vivre, les pro­mou­voir. Sinon, c’est un peu du temps perdu…

  17. jmjm says:

    Bonjour,
    Je pro­fite de cette tri­bune pour évo­quer le prix des ebooks publiés par les auteurs auto-édités.
    De nom­breux auteurs a‑e pro­posent leurs livres à de petits prix.
    Sauriez-vous s’il existe un Label correspondant ?
    Les auteurs a‑e pour­raient affi­cher ce label sur leur blog.
    Si un tel label n’existe pas, ça serait bien de le créer (par une asso­cia­tion d a‑e ?)
    Par exemple, un prix infé­rieur à 5 euros serait la condition.
    Vos idées sont les bien­ve­nues pour don­ner un nom à ce label…

    Par exemple :
    Label Prix Raisonnable Auteurs Indépendants
    Label Ebook 5€ Maxi Auteurs Indépendants

    1. nicolas says:

      C’est une idée simple et claire, mais je ne sais pas si elle est très opé­ra­tion­nelle : les livres, qu’ils soient numé­riques ou papier, sont le fruit d’un tra­vail, qui peut être très variable ; en payant un livre, c’est ce tra­vail (et le tra­vail sur ce tra­vail) que vous rému­né­rez. Ramener tous les livres à un prix unique ne serait pas très équitable.

  18. Camille d’Aplemont says:

    Bonsoir et merci de ce témoignage.

    Je suis curieux de connaître l’évolution de votre dis­tri­bu­tion, de vos visites aux libraires.
    Je suis curieux parce que je me vois refu­ser mes manus­crits sans expli­ca­tions et sans com­men­taires, alors j’envisage l’auto-édition.
    Si pour la cor­rec­tion, la fabri­ca­tion, la cou­ver­ture, l’impression, les infor­ma­tions sont faciles à trou­ver, (reste à trou­ver l’argent) il est plus dif­fi­cile d’obtenir des retours d’expériences sur la dif­fu­sion des livres auto-édités.
    Personnellement, j’ai déjà le site :
    http://les-causeries-de-camille.fr

    Je suis curieux, vrai­ment, de connaître votre expérience

    Merci à vous et à Nicolas pour ce blog.

    Camille

  19. marc8 says:

    Bonjour.

    Pour ma part, je suis un auteur qui débute dans ce sec­teur. J’ai un livre à mon actif et je sou­haite me faire édi­ter par un pla­te­forme d’édition en ligne qui est
    http://www.monbestseller.com
    J’aimerais avoir vos avis et vos conseils, quels en seraient mes avan­tages et mes profits…

    Au plai­sir de vous lire.

    Merci d’avance

  20. Gardel says:

    EDILIVRE n’est qu’un impri­meur qui se fait pas­ser pour un édi­teur. Cela ne serait pas déran­geant si ses tarifs n’étaient pas aussi exor­bi­tants. Ils ne font que tirer par­tie des auteurs sans leur offrir le moindre ser­vice en retour. A éviter

    1. nicolas says:

      Exorbitant : le tra­vail sérieux sur un livre est coû­teux. Ce n’est pas parce qu’un édi­teur à compte d’éditeur sup­porte cette dépense, que le tra­vail ne coûte rien.

      Un grand com­pa­ra­tif des offres d’éditeurs à compte d’auteur reste encore à faire, c’est vrai…

  21. Margot Aguerre says:

    Bonjour !
    Je me suis auto édi­tée (par moi même après avoir fait la maquette inde­sign, trouvé l’imprimeur et le gra­phiste pour l’illustration). Mon roman « Kahena » est sorti le 1er sep­tembre 2014 et j’ai déjà près de 800 livres ven­dus. Je passe beau­coup de temps à dédi­ca­cer dans les cultura, fnac, cora, salons etc… mais ça vaut vrai­ment la peine et j’encourage tous les gens qui hésitent à se lan­cer. C’est une expé­rience géniale sur­tout quand elle est concluante. Il faut savoir s’entourer par contre si vous n’y connais­sez rien. margotaguerre.com

  22. Brigitte Bianco says:

    Bonjour,
    Merci pour votre site très bien documenté.
    Je suis auto-édi­tée chez TBE. J’ai 5 livres à mon actif et le 6e est en cours d’écriture. Mon titre qui s’est le mieux vendu est auto­bio­gra­phique « Et pleurent les talons aiguilles… » Ancienne femme bat­tue, atteinte de troubles bi-polaires, l’écriture consti­tue ma thé­ra­pie. Il m’a fallu beau­coup de patience et de tra­vail pour me consti­tuer un réseau face­book. Chaque jour, je publie un extrait de mes livres, une phrase, un poème… sur mon pro­fil (Brigitte Bianco). J’ai aussi une page « Les chants de l’ange nu » ; du titre de mon pre­mier livre, un recueil de poé­sies. Je par­ti­cipe à quelques salons du livre au niveau local. J’essaie aussi de faire ma promo dans les médias locaux (presse – radio). Je vends quelques livres ; pas la for­tune, de quoi rem­bour­ser mon stock et m’offrir quelques extra… Grace à FB j’ai expé­dié des livres en Suisse, au Canada et en Belgique alors que j’en avais encore très peu vendu dans ma région.
    Un jour il fau­dra que je me décide à démar­cher des mai­sons d’édition pour mon auto­bio­gra­phie. Je n’en ai eu que de bons retours de la part de mes lec­teurs (sur­tout des lec­trices d’ailleurs).
    Mon site :
    http://brigittebianco.jimdo.com/

    Cordialement

      1. Yannick says:

        Je crois que la réponse est dans l’une de vos ques­tions : l’his­toire est d’un seul tenant et une cou­pure sem­ble­rait bien arti­fi­cielle… Merci !

  23. Bonjour,
    Merci pour cet article inté­res­sant et qui remet bien les choses à leur place.
    Permettez-moi de vous faire part de mon expérience.
    J’ai com­mencé à m’auto-édi­ter en 2013, uni­que­ment en numé­rique via Amazon. Mon pre­mier roman, poli­cer humo­ris­tique et régio­nal (oui, tout ça à la fois!) a bien mar­ché, à tel point qu’un petit édi­teur m’a contacté pour signer un contrat. J’ai publié 5 titres avec cette mai­son d’é­di­tion et…j’ai reprit ma liberté très récemment !
    Entre 2013 et 2016 j’ai écrit une dizaine de titres, tous publiés sur Amazon en numé­rique et depuis un mois j’ai com­mencé à les faire impri­mer chez TBE, essen­tiel­le­ment pour conten­ter mes lec­teurs qui, après avoir lus les ver­sions numé­riques, veulent ache­ter les « vrais livres » papier. Pour le moment, si le numé­rique me rap­porte de quoi vivre (chi­che­ment !!) les ver­sions papiers, (aussi bien pour mes livres édi­tés par mon ancienne mai­son d’é­di­tion, que via TBE), ne m’ont rap­porté que très peu…Distribués uni­que­ment sur ma région par le petit édi­teur, sans aucune pub, le bouche à oreille à fait vendre un petit mil­lier d’exem­plaires en 1 an ( pour 4 titres). J’ai fait aussi quelques salons et pas mal de signa­tures dans quelques librai­ries. Je pense que ces romans, bien dis­tri­bués, auraient pu inter­es­ser beau­coup plus de lecteurs.
    Et c’est là le gros avan­tage d’Amazon : La dif­fu­sion ! J’ai une lec­trice au Japon, d’autres en Allemagne, en Italie…Beaucoup m’ont écrit via mon site, puis ma page FB et ils forment à pré­sent un socle de lec­teurs fidèles, qui attendent mes livres, les com­mentent et …en parlent autour d’eux !
    J’ai tou­jours sou­haité conser­ver mes droits d’au­teur en numé­rique et je m’en féli­cite aujourd’hui.
    Pour moi, l’auto-édi­tion en numé­rique est une véri­table chance. Cela dit, j’ai une cor­rec­trice qui relit, cor­rige et fait la mise en page car on ne peut pas tout faire tout seul. La cor­rec­tion sur­tout est un vrai métier.
    Voila, en espé­rant que mon com­men­taire soit utile à d’autres auteurs.
    Bien cordialement.

      1. Je « n’a­nime » pas par­ti­cu­liè­re­ment ma page Amazon. Lorsque j’ai publié mon 1er titre (en aout 2013) je l’ai pro­posé 5 jours gra­tui­te­ment. J’étais per­sua­dée que ça n’intéresserait pas grand monde, aussi la gra­tuité me sem­blait la meilleure chose pour que des lec­teurs me lisent. Et là, sur­prise, il s’est télé­chargé à peu près 500 fois. Cela a suf­fit pour qu’il soit classé 1er des ventes dans sa caté­go­rie et donc qu’il devienne visible. Car tout est là ! Sachant qu’il y a (je crois) envi­ron 20 000 titres publiés sur Amazon, le plus impor­tant est que votre livre soit vu pour être acheté !
        Puis, au fil du temps, l’é­quipe KDP d’Amazon m’a pro­posé des promo sur ce titre et sur les sui­vants. Ce sont sou­vent des pro­mos à moins 50 ou moins 70%, durant un laps de temps assez court (24h pour les moins 70%) et les retom­bées sont tou­jours très bonnes. Bien meilleures que lors­qu’on fait soi-même sa pub (même en met­tant les titres en gra­tuit). Et là encore c’est l’ef­fet boule de neige. Le titre est acheté, donc il monte dans les clas­se­ments, donc il est affi­ché sur la 1 ere page, donc vu et acheté…
        Autre point impor­tant : le prix ! Un livre en numé­rique d’un auteur peu connu ou pas connu du tout, doit être très bas…Mes titres n’ex­cé­dent jamais les 3.50 euros. Ce qui est tout à fait logique. Le lec­teur n’a­chète pas un objet-livre, mais juste un texte qu’il télé­charge et en plus lorsque c’est écrit par quel­qu’un d’in­connu il ne sait pas ce qui l’attend…Or, mettre 5.50 ou 7.00 (prix pra­ti­qué par les édi­teurs) dans un texte vir­tuel qui sera peut-être mor­tel­le­ment emmer­dant ou mal écrit…ça ne tente pas grand monde ! 

        mon site : chris-tabbart.e‑monsite.com

    1. La ques­tion dépend de nom­breux para­mètres… Parlez-vous de « publier » ou « sou­mettre » ; est-ce le volume habi­tuel dans le genre ? Est-ce qu’on peut natu­rel­le­ment cou­per l’his­toire ? Est-ce qu’il ne fau­drait pas plu­tôt faire la chasse aux lon­gueurs inutiles… ?

  24. nani says:

    Mais on peut se conso­ler, nom­breux sont ceux qui ont été repé­rés pas des mai­sons d’édition suite à de modestes suc­cès à leur échelle mais qui pré­sa­geaient d’une tendance.

  25. Bonjour ! Je suis ravie de décou­vrir votre blog, et tous les com­men­taires concer­nant l’au­toé­di­tion. En effet, je viens de ter­mi­ner mon pre­mier roman, Tempête à Rochebrune, qui est un livre pour enfants, et j’ai décidé de le publier en numé­rique avec Amazon. Comme ils pro­posent aussi d’im­pri­mer les livres en ver­sion papier, j’ai décidé de pas­ser par eux (comme ça je n’ai pas de stock chez moi).
    Étant cor­rec­trice-relec­trice pour des mai­sons d’é­di­tions (mais pas dans mon domaine d’é­cri­ture), la concep­tion du livre n’a pas été un frein pour moi.
    Je me demande aujourd’­hui com­ment font ceux qui s’auto-éditent pour par­ti­ci­per à des salons, ou bien pour que leurs livres soient sur les rayons Cultura, Fnac etc. ? Ces enseignes acceptent-elles les auto-édi­tés ? Dans ce cas, les auteurs ont un stock de livres (donc sont pas­sés par un impri­meur tra­di­tion­nel) et les leur confient ?
    Merci de vos réponses !

    Aude Pillet-Grinda

    1. Je sais que les édi­teurs à compte d’au­teur ont par­fois des stands dans des endroits bon mar­ché des salons. Peut-être que les gros four­nis­seurs de ser­vices d’auto-édi­tion font de même ? Cela finira par arri­ver, sinon.

      1. Bonjour Aude,
        Il est extrê­me­ment dif­fi­cile pour un auteur auto-édité de pla­cer son livre en librai­rie, la plu­part des libraires les refusent, sur­tout s’ils ont été imprimés/édités par Amazon ! Quelques grandes sur­faces les acceptent (Leclerc, U …) mais c’est tout. Après vous pou­vez par­ti­ci­per à cer­tains salons (cer­tains refusent aussi les auto-édi­tés) mais d’autres les acceptent, il faut deman­der aux organisateurs…Bon cou­rage et bonne chance !

  26. Bonjour !
    J’ai contri­bué à créer six ouvrages jus­qu’à pré­sent. Pour la pre­mière per­sonne, elle avait déjà été édi­tée autre­fois (Balland, le Cerf, deux fois chez Hachette). Elle dési­rait sur­tout que l’é­di­tion « ne traîne » pas trop, car sou­vent les édi­teurs ont tout leur temps. Il y a donc eu un gros tra­vail de relec­ture, puis de mise en page. C’est moi qui ai aussi fait la cou­ver­ture. Cela concer­nait trois livres. L’important était qu’ils soient cou­chés sur le papier.

    Même chose pour le second auteur, qui a trans­formé une bande des­si­née impri­mée par un pro­fes­sion­nel local de la pape­te­rie, en roman clas­sique, mais illus­tré de cer­tains des dessins.

    Les deux autres ouvrages n’é­taient tout sim­ple­ment pas des­ti­nés à la dif­fu­sion payante, mais à quelques amis (ne serait-ce que pour des ques­tions de droits).

    J’en arrive aujourd’­hui à m’auto-édi­ter entiè­re­ment. Apparemment mon livre est très attendu par mes proches. Il ne s’a­git pas de faire des béné­fices : c’est contraire à mon éthique. En revanche lais­ser une trace, quelque part, là, c’est impor­tant. Bien entendu, comme les quatre pre­miers pas­sés par mes mains, il va aller au dépôt légal.

    Il ne faut pas hési­ter à pas­ser beau­coup de temps : des dizaines d’heures au télé­phone, en tan­dem avec l’au­teur, avec des inter­ro­ga­tions pour tel ou tel mot. Mais la cou­ver­ture aussi est un gros tra­vail, quand on la conçoit seul. L’arrivée de l’é­preuve depuis chez Lulu par exemple, ou BoD, est une belle récompense.

    Du cou­rage, encore du cou­rage, tou­jours du courage !

  27. Florian Baude says:

    Bonjour à tous, auto-édité depuis quelques semaines, je pro­fite de ce fil pour par­ta­ger mon expé­rience. J’ai écrit en trois ans un roman d’a­ven­tures de type post-apo inti­tulé « Les Lames Sauvages » (voir sur Amazon.fr pour ceux qui sou­hai­te­raient en savoir plus). J’ai envoyé mon manus­crit à une ving­taine d’é­di­teurs spé­cia­li­sés dans la science-fic­tion et ses sous-genres. Comme cela arrive sou­vent, je n’ai reçu que des refus non argu­men­tés (ouvrage lu ?) et aucune réponse de la part de quelques-uns. J’ai donc décidé de m’auto-publier au for­mat papier via Createspace, le ser­vice d’Amazon. Je me suis occupé seul des cor­rec­tions et de la mise en page, ce qui, à mon avis, ne pose aucun pro­blème majeur. Le résul­tat, dans la forme, est d’ex­cel­lente qua­lité (je ne parle pas du contenu dont le lec­teur sera seul juge). On dirait un livre publié par le biais d’un édi­teur clas­sique. Le souci, comme beau­coup l’ont évo­qué dans cette conver­sa­tion, c’est le manque de visi­bi­lité et la méfiance des ache­teurs vis-à-vis de l’auto-édi­tion. En un mois, mal­gré une forte pré­sence sur des forums spé­cia­li­sés (mes per­son­nages sont des escri­meurs), je n’ai vendu qu’une ving­taine d’exem­plaires. Plusieurs per­sonnes, que je ne connais­sais pas, m’ont contacté pour me dire qu’elles vou­laient ache­ter le roman, mais qu’il était hors de ques­tion qu’elles l’a­chètent auprès du Grand Méchant Amazon, le bour­reau des petits libraires. Surprenant. Cela fait per­son­nel­le­ment près de vingt ans que j’a­chète chez eux en toute confiance, tout en conti­nuant à fré­quen­ter les librai­ries. Tout le monde peut coha­bi­ter. D’autres m’ont dit qu’elles n’a­vaient pas confiance (sans avoir lu la moindre ligne du roman, via l’a­perçu pro­posé sur Amazon, pour en esti­mer la qua­lité) et pré­fé­raient ache­ter des livres vali­dés par des édi­teurs ayant pignon sur rue. Cela est com­pré­hen­sible, mais quand on voit la médio­crité d’une bonne par­tie des sor­ties clas­siques, il est dif­fi­cile de ne pas dépri­mer. J’ai l’im­pres­sion que pour être édité et être lu il faut se conten­ter de sur­fer sur des thèmes d’ac­tua­lité ou avoir un nom connu (l’au­to­bio­gra­phie de Jeremestar (lol) numéro 1 des ventes pen­dant une semaine sur Amazon;fr…). J’hésite à publier aussi en numé­rique, via KDP, à un prix infé­rieur, et ce pour deux rai­sons : 1) Je connais peu de gens qui lisent sur tablettes ou liseuses et 2) la mise en page me semble un peu dou­teuse au for­mat numé­rique. Mon roman contient pas mal de mise en forme et, si je suis sûr de la qua­lité de ma ver­sion papier, la ver­sion numé­rique serait, je le crains, par­ti­cu­liè­re­ment buguée après conver­sion au for­mat liseuse. En conclu­sion, je suis heu­reux d’a­voir mené le pro­ces­sus d’é­cri­ture à son terme après des années d’ef­fort, avec un livre papier impec­cable à la clé, mais je reste dépité face à la dif­fi­culté d’être lu et d’a­voir des retours, qu’ils pro­viennent d’é­di­teurs ou de lecteurs.

    1. Merci Florian pour cet avis syn­thé­tique, qui contient de nom­breuses infos utiles.
      Vous affron­tez bra­ve­ment la ques­tion selon moi cen­trale : la recon­nais­sance de l’auto-édition.
      En tant que lec­teur, j’ai ten­dance à me méfier de ces publi­ca­tions (encore qu’en numé­rique, avec la poli­tique d’ex­traits consul­tables, le choix peut se faire de façon aussi éclai­rée qu’en librai­rie devant un livre papier).
      En tant que pres­ta­taire, je ne peux pas jeter la pierre à l’auto-édi­tion, puis­qu’il m’ar­rive d’être la « petite main » pour des auteurs qui sou­haitent s’auto-publier.
      De mon point de vue, la seule solu­tion est dans le tra­vail sur la qua­lité : un livre auto-édité doit faire l’ob­jet, de la part de son édi­teur (l’au­teur + son pres­ta­taire) de la même exi­gence, du même regard cri­tique que dans l’é­di­tion clas­sique. Chaque nom d’au­teur doit être une marque, et construire seul sa propre notoriété.
      Quant au tra­vail pour se faire connaître… Je vais sans doute y reve­nir sou­vent dans mes pro­chains articles. Je vous invite notam­ment à lire mon article le plus récent, qui vous appor­tera sûre­ment quelques lumières : https://ecriture-livres.fr/comment-publier/promouvoir-livre-facebook/

  28. L’auto édi­tion n’est pas for­cé­ment un second choix. je suis édi­tée chez un édi­teur de renom, mais je m’auto-édite sur d’autres titres. de plus en plusd ‘auteurs choi­siessent cette voie, et cer­tains refusent même les contrats des grosses mai­sons pour savou­rer leur indé­pen­dance, et un retour plus juste des choses en ce qui concerne le rap­port travail/gain. La liberté n’a pas de prix, et beau­coup pré­fèrent de loin ne pas être dif­fusé de la même manière qu’en mai­son, ne pas deve­nir un per­son­nage public sous les pro­jec­teurs, pour plut^to vivre de ses livres avec son lec­to­rat inti­miste et une absence totale de codes com­mer­ciaux à res­pec­ter. le mou­ve­ment prend de plus en plus d’am­pleur, sans doute la faute à un ras-le-bol géné­ral des auteur dans ce monde où tout n’est qu’ef­fet de mode, il faut ren­trer dans une case, il faut asep­ti­ser, pour mieux vendre, et en prime, être le maillon de la chaîne le moins bien rému­néré alors que l’i­dée vient de nous. Vive la liberté ! 😉 Un choix réflé­chi pour beau­coup, tout est sans doute ques­tion d’échantillon !

    1. Vous connais­sez ma posi­tion sur le compte d’au­teur, je ne vais pas la répé­ter ici. Le compte d’au­teur est légi­time dans cer­tains cas et entre adultes consentants.
      Cependant, quand je lis des dia­tribes où l’on évoque la liberté, l’in­ti­mité avec le lec­to­rat, le dia­bo­lisme des codes com­mer­ciaux… cela me rap­pelle un peu, mal­gré moi, la fable des rai­sins et du renard.

      1. Je ne par­lais pas de compte d’au­teur … Je suis publiée en auto-édi­tion et en édi­tion compte édi­teur, Bragelonne/Milady :). Le compte d’au­teur n’est pas la même chose que l’auto-édi­tion, ne pas tout confondre semble important …

        1. Oh, je connais bien les différences…
          Mais d’un point de vue pra­tique, qu’il s’a­gisse de payer pour faire faire ou de dépen­ser son temps pour faire, le résul­tat est le même : c’est l’au­teur qui sup­porte l’ef­fort technique.
          Ces deux formes de publi­ca­tion (aux­quelles j’a­joute même le compte par­ti­ci­pa­tif, ou les nou­veaux contrats de type « impres­sion à la demande », où en réa­lité c’est l’au­teur là aussi qui fait tout) se retrouvent donc sur le même plan face à l’é­di­tion à compte d’é­di­teur, la seule où l’ef­fort tech­nique est vrai­ment sup­porté par l’éditeur.
          Excusez-moi de réagir ainsi, mais ce genre de pro­cla­ma­tions me touche au plus pro­fond : j’ai été édi­teur pen­dant 10 ans ; à aucune seconde, nous ne cher­chions à res­treindre la liberté des auteurs. Ceux qui avaient un peu de pra­tique étaient d’ailleurs très deman­deurs d’a­vis et de pro­po­si­tions sur leur texte. Nous tra­vail­lions tous ensemble, avant tout, dans l’a­mour de la chose édi­to­riale plus que com­mer­ciale.
          Tout pla­cer sous le rai­son­ne­ment « signer, c’est se vendre, ne pas signer, c’est res­ter libre » me semble flir­ter avec la mau­vaise foi, et ne peut que me héris­ser le poil.
          Sans rancune 😉

          1. Pourquoi aurais-je de la ran­cune ? Nos avis se rejoigne, je tenais sim­ple­ment à ne aps confondre cdeut types d’é­di­tions dif­fé­rents, parce que si vous, en connais­sez les nuances, ce n’est pas for­cé­ment le cas de toutes les per­sonnes qui liront cette page.
            Je pense que le choix de l’auto-édi­tion dépend des attentes de cha­cun. Pas mal d’au­teur deviennent hybride, pro­fi­tant des avan­tages des deux sys­tèmes. Le modèle de l’é­cri­vain tel qu’on le connais­sait évo­lue avec son époque. Le ras-le-bol géné­ral de n’être rétri­bué qu’à 10% du prix de vente d’un livre n’y est pas pour rien. Quand on voit que l’au­teur est au final le plus mal rétrib­bué de l’é­qua­tion reste pro­blé­ma­tique. Le sys­tème ne cor­res­pond bien sou­vent plus aux attentes des auteurs, ce qui motive leur choix. Les auto-édi­tés ne sont plus « ceux dont les édi­teurs ne veulent plus » mais ceux qui sou­haite quit­ter ce sus­tème ou leur sta­tut d’au­teur est sou­vent relé­gué à un rang secondaire.
            La richesse du sujet est le nombre incroyables d’a­vis qui divergent sur le sujet 😉
            Alors non, sans ran­cune. Nos points de vue se regroupent sur cer­tains points, pas sur tous. Le vôtre pro­vient de votre expé­rience, et je tiens le mien de mon vécu aussi. C’est là tout l’in­té­rêt des échanges sur un sujet aussi vaste que mou­vant. Bonne jour­née à vous !

          2. D’accord, pas de problème.
            Je pré­cise juste que la marge de l’é­di­teur sur la vente des livres oscille entre 10 et 15% (à cause de la com­plexité de la chaîne et du sys­tème des retours).
            Ceci alors que la marge moyenne dans les autres sec­teurs est plu­tôt, pour le pro­duc­teur, de 50%…
            C’est le sys­tème de l’é­di­tion qui est malade, ou plus pro­fon­dé­ment, la consom­ma­tion cultu­relle. A par­tir de là, effec­ti­ve­ment, chaque acteur du livre cherche des solu­tions dans d’autres directions.
            Belle soi­rée à vous aussi.

  29. Tout à fait d’ac­cord avec le mes­sage ini­tial de Blandine. J’ai moi aussi eu affaire avec le monde de l’é­di­tion mains­tream (trop long à résu­mer ici ;), et le choix de l’auto édi­tion sur Amazon est mon pre­mier choix depuis des années : plus ques­tion aujourd’­hui de perdre des mois à impri­mer, envoyer des kilos de papiers et attendre le retour de lettres-types d’é­di­teurs, qui de toute façon pri­vi­lé­gie­ront tou­jours tel ou telle auteur pour divers rai­sons (copi­nage, com­mer­cial…) plu­tôt qu’un(e) inconnu(e). Après, notre pro­blème en tant qu’au­teur auto-édité est en effet la pro­mo­tion car nous n’au­rons pas accès à de « grands » médias. A cha­cun donc de savoir se ser­vir du Net et de ses outils, comme vous le dites, pour réa­li­ser un mini­mum de ventes et s’es­ti­mer « payé » de l’é­norme tra­vail que repré­sente l’é­cri­ture d’un livre. En ce qui me concerne, j’es­time qu’il vaut mieux per­ce­voir 5 ou 6 euros sur 500 exem­plaires ven­dus plu­tôt que 0,5 ou 1 euro sur 2000 ventes via un édi­teur clas­sique. Et puis il y a plein d’autres aspects inté­res­sants dans l’auto édi­tion, dont l’as­pect stric­te­ment « édi­tion » : j’aime par exemple par­ti­cu­liè­re­ment le moment où le plus gros du tra­vail de rédac­tion est fait, et que je mets ma cas­quette d’é­di­teur pour pas­ser tout le texte en revue afin de le faire cor­res­pondre aux normes typo­gra­phiques les plus strictes. C’est d’ailleurs l’oc­ca­sion de décou­vrir de nom­breuses coquilles qui nous avaient échap­pées lors des relec­tures. Bref, l’auto édi­tion c’est génial, et ce n’est pas pour rien que des auteurs « connus » com­mencent à s’y mettre. On pou­vait aussi croire qu’Internet « tue­rait » la lec­ture, mais en fait non : le mar­ché des ebooks explose, on voit de plus en plus de gens avec des liseuses dans le métro, bref, l’a­ve­nir est à nous 🙂

  30. Bonsoir à tous,
    Alors mon cas doit-être spé­cial. J’ai la chance d’a­voir un mari infor­ma­ti­cien (et créa­teur de site, et de crêpes flam­bées ;-)) une fille licen­ciée de lettres et fameuse, je dirais même très fameuse en gram­maire, concor­dance des temps, accords et toutes ces sub­ti­li­tés de la langue de Molière qui nous font bien chi… et moi qui allie pho­to­gra­phie et des­sin, ce qui n’enlève rien à la concep­tion d’un livre. Je n’ai jamais pro­posé mes huit romans aux édi­teurs (navi­ga­trice tou­jours en voyage) et j’ai entiè­re­ment fait mon pre­mier roman qui est main­te­nant aux édi­tions Plume Vagabonde. Maison alter­na­tive qui prend les auto-édi­tés sans aucun engagement.
    J’ai fait faire une réédi­tion car les pre­miers 500 sont par­tis assez vite (salons, radios, jour­naux et dédi­caces) et le reste se vend sur http://www.plumevagabonde.fr/
    Voilà, cou­rage à tous, il faut se don­ner à fond si l’on veut y arriver.
    Cordialement,
    Aliénor

  31. kl says:

    Si, bien sûr que l’auto-édi­tion, c’est res­ter libre ! Bien d’ac­cord avec Blandine.
    C’est aussi se col­ti­ner ou faire faire le tra­vail que l’é­di­teur aurait fait faire.
    C’est dis­po­ser du contrôle de son œuvre , cou­ver­ture, etc… On en est pra­ti­que­ment tou­jours dépos­sédé dans l’é­di­tion clas­sique. Mais c’est aussi man­quer du recul qu’offre l’é­di­teur, et de son expé­rience. Il y a du plus et du moins. Et beau­coup de per­sonnes pro­duisent des livres en auto-édi­tion de mau­vaise qualité,justement parce qu’ils n’ont pas ce recul, qu’au­cun ami ne don­nera, ni aucun free lan­cer, car ils brossent dans le sens du poil pour obte­nir le contrat.
    C’est conser­ver ses droits. Quand je vois des gens qui ont un édi­teur qui a mis la clef sous la porte, et ne peuvent même plus faire réédi­ter leur livre car ils ont cédé les droits… Et qu’on n’a même pas une vue sur les ventes en édi­tion clas­siques. Il y a beau­coup d’a­van­tages en auto-édi­tion, à condi­tion de savoir faire tous les métiers, relec­teur, gra­phiste CSS, pour faire les ebooks des dif­fé­rents for­mats, édi­teur, atta­ché de presse, VRP, tout quoi. C’est dur, ça demande un tra­vail de dingue, mais on est libre, on dépend encore des condi­tions des libraires en ligne, donc pas tout à fait, mais c’est déjà un progrès.

    1. Nous pour­rions dis­cu­ter à l’in­fini de la liberté, je pense que nous n’y met­tons pas la même chose…

      En tout cas ici il y a une bizarrerie :
      « C’est conser­ver ses droits. Quand je vois des gens qui ont un édi­teur qui a mis la clef sous la porte, et ne peuvent même plus faire réédi­ter leur livre car ils ont cédé les droits… »
      Vu que le contrat est conclu entre un auteur et une per­sonne morale (édi­teur) il n’y a aucune rai­son que les droits res­tent cédés si la per­sonne morale dis­pa­raît et n’est pas rache­tée. Il peut res­ter dans le stock de l’é­di­teur une par­tie du tirage du livre, et les liqui­da­teurs ont tout à fait le droit d’en dis­po­ser, puis­qu’il s’a­git de mar­chan­dise qui a été fabri­quée aux frais de l’é­di­teur. Cela n’empêche pas l’au­teur, dès le len­de­main de la faillite, et si aucun repre­neur n’a racheté le cata­logue, d’al­ler pro­po­ser son texte ailleurs.

  32. Las Aly says:

    Bonjour, merci de toutes ces infor­ma­tions mais je ne suis pas d’ac­cord sur un point : cela ne résulte pas que d’un second choix et je pense que l’auto-édi­tion est un voix aussi digne que celle d’une mai­son d’é­di­tion car l’au­teur doit tout faire seule. Mais à part cela, très bon blog !

  33. Jean-Claude says:

    Bonjour. Je suis auteur et depuis un an je cherche à m’ auto-édi­ter. En effet mon édi­teur actuel (encore quelques mois) ven­dait sans que j’en sois informé. C’est par un hasard, lors d’un salon, qu’un libraire m’ apprit qu’il avait acheté plu­sieurs exem­plaires d’un de mes livres.
    Les pla­te­formes de dif­fu­sions res­semblent plus à des édi­teurs à compte d’au­teur camou­flé, de par les tarifs exor­bi­tants qu’ils pro­posent, alors que c’est l’au­teur qui fait le tra­vail. Rien de ce qu’elles pro­posent n’est contrô­lable. Elles peuvent bien nous assu­rer que notre livre sera en librai­ries (vir­tuelles) dans le monde entier. Comment prou­ver le contraire ?
    De plus en plus de salons adoptent ce type de pro­fit. Alors que les auteurs font venir du monde dans des trous per­dus, ils doivent s’ac­quit­ter d’un prix de loca­tion pour la place qu’ils occupent, à cela s’a­joute le prix de leur repas ; cer­tains orga­ni­sa­teurs poussent le vice jus­qu’à ne pas mettre d’eau sur les tables pour en obli­ger l’a­chat. J’ai l’im­pres­sion que nous sommes de nou­velles vaches à lait.

    1. Votre com­men­taire appelle plu­sieurs réponses, mais pour cer­taines j’hé­site un peu.
      Vous dites « C’est par un hasard, lors d’un salon, qu’un libraire m’ apprit qu’il avait acheté plu­sieurs exem­plaires d’un de mes livres. » MAis c’est le fonc­tion­ne­ment nor­mal. L’éditeur n’in­forme pas l’au­teur de chaque vente uni­taire ; il donne seule­ment un volume des ventes dans le relevé annuel de droits. Même là, il ne fait pas figu­rer par défaut la liste des points de vente qui ont pris le livre.

      Concernant les salons, je vois un peu ce que vous décri­vez. J’ai moi aussi beau­coup pra­ti­qué les petits salons de pro­vince. La plu­part des auteurs, tout de même, y vont les mains dans les poches et ne rameutent pas leur « com­mu­nauté ». J’étais ravi d’être accueilli, même de manière spar­tiate. quant à ceux qui lési­naient sur la salade de carottes ou les bou­teilles d’eau, je n’y suis jamais retourné, effectivement.

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