Ce que vous allez apprendre dans cet article :

  • Pourquoi cor­ri­ger son manuscrit
  • Pourquoi cor­ri­ger soi-même
  • Comment s’y prendre, même lors­qu’on est dyslexique

La cor­rec­tion de texte est un moment capi­tal de votre tra­vail d’écrivain. Voici 6 trucs pour vous cor­ri­ger plus faci­le­ment et plus sérieusement.

J’ai suivi avec inté­rêt la méthode de cor­rec­tion pro­po­sée sur le blog de Kanata. Cette série d’articles est très utile pour pla­ni­fier son chan­tier de cor­rec­tions. De mon côté, je vou­drais vous pro­po­ser quelques trucs pro­fes­sion­nels de cor­rec­teurs, à uti­li­ser dans le feu de l’action.

La correction de texte ? Et pourquoi moi ?

Bon, d’accord, la cor­rec­tion ortho-typo­gra­phique est une cor­vée. Sachez l’aborder avec cou­rage, et ne pas la reje­ter sur votre futur édi­teur, avec des argu­ments tels que « C’est lui le spé­cia­liste du tra­vail tech­nique » ou « L’orthographe est fas­ciste, c’est ma liberté d’auteur de faire des fautes si je veux » (argu­ment par­ti­cu­liè­re­ment vivace dès qu’on se rap­proche de la poésie).

Correction de texte : avez-vous vraiment d'autres chats à fouetter ?
La cor­rec­tion remonte à la plus haute antiquité

Ôtez-vous une bonne fois pour toutes cette idée reçue de la tête : l’éditeur n’est pas votre lar­bin. Si vous ne me croyez pas, envoyez-lui votre roman en style SMS, et vous ver­rez à quelle vitesse vitesse on vous répondra…

Faites vous-même

Vous avez peut-être déjà négo­cié une cor­rec­tion avec un ton­ton prof ou une épouse dévouée. Bien joué, mais… ne leur faites pas trop confiance.

Il est certes pré­fé­rable de relire un texte « à plu­sieurs yeux », car cha­cun se concentre sur d’autres types de fautes ; mais êtes-vous sûr du sérieux de vos relec­teurs ? Je ne parle pas de leur bonne volonté ou de leur gen­tillesse, ni même de leur com­pé­tence, mais sim­ple­ment de leur sérieux. quand ils auront passé trois soi­rées sur votre prose, et qu’il leur res­tera encore deux tiers de roman à cor­ri­ger, vous ne croyez pas qu’ils aug­men­te­ront, mine de rien, la cadence ? Je vous le dis : oui, ils le feront.

Dans le chan­tier de cor­rec­tion de votre manus­crit, ne vous déga­gez jamais de votre propre mis­sion de relec­teur. Et dites-vous bien que mal­gré la gen­tillesse de vos béné­voles, vous res­te­rez tou­jours le plus fiable, et le res­pon­sable de pro­jet (je parle bien ici du stade « manuscrit »).

Ces prin­cipes étant posés, voici donc 6 trucs de relecture.

1. Soyez lent

Corriger un texte demande de la patience. Le nombre de fautes que vous relè­ve­rez est inver­se­ment pro­por­tion­nel à votre vitesse de lec­ture. Plus vous allez vite, plus vous en lais­sez passer.

Nul en ortho­graphe, vous ? Peut-être. Mais en allant dou­ce­ment, vous ver­rez que vous rat­tra­pe­rez beau­coup, des erreurs. Le pro­blème des « mau­vais en ortho­graphe » est sou­vent dû à leur impa­tience. Allez moins vite, pre­nez le temps de véri­fier (dans le dic­tion­naire, sur le site du Conjugueur etc.), et vous ver­rez que vous en débus­que­rez bien plus.

2. Revenez sur vos traces

La cor­rec­tion est un état d’esprit. Un condi­tion­ne­ment. Quand vous atta­que­rez une séance de relec­ture, vous ne serez pas tout de suite au top de votre atten­tion. Vous n’aurez pas tout de suite en « mémoire vive » toutes les règles et tous les pro­blèmes poten­tiels. Il vous faut trois, cinq, dix pages pour vous condi­tion­ner. [1] À ce moment-là, vous allez sen­tir que votre cer­veau com­mence à tur­bi­ner. Car le cer­veau est un muscle, on ne le répé­tera jamais assez…

Vos pre­mières pages, vos pages de « mise en jambes », risquent donc d’être très mal relues. Attendez d’être « chaud », et repre­nez-les ! Vous ver­rez, l’effet est remarquable !

3. Équipez-vous

Vous vous en ren­drez compte, un papier et un crayon seront vite néces­saires. Entre autres pour noter vos propres conven­tions de cor­rec­tion : com­ment écrire tel nom propre, que mettre en majus­cules, que mettre en ita­liques… Mettez par écrit la conven­tion qui vous sui­vra durant toute votre opé­ra­tion de relec­ture… et même après : gar­dez ce papier, il vous sera utile pour expli­quer vos choix à votre édi­teur si votre manus­crit est pris.

4. Mise en pages

Lorsque vous lisez un roman, vous mémo­ri­sez la posi­tion des mots, des lignes sur la page. Inconsciemment, vous vous sou­ve­nez que le bai­ser entre Gontrand et Gwendoline arrive en bas de page de droite, le duel à coups de chaises en haut d’une page de gauche etc.

L’ennemi de la cor­rec­tion, c’est la rou­tine. Tandis que vous lirez atten­ti­ve­ment une phrase après l’autre, votre cer­veau n’aura qu’une envie : aller plus vite. Tout votre effort consis­tera à ralen­tir votre cer­veau, à res­ter concen­tré pour ne pas embal­ler la machine.

Pour cela, com­men­cez par varier la mise en page entre les relec­tures. Votre texte vous sort par les yeux, vous l’avez relu deux fois et vous avez l’impression de ne plus rien voir ? Changez le corps, la typo, les marges. Avec un trai­te­ment de texte, c’est fait en deux clics. À pré­sent, votre prose est dis­po­sée tout dif­fé­rem­ment dans la page. la rou­tine visuelle n’existe plus !

5. Eriler à l’envers

Votre récit vous plaît : nor­mal, c’est le vôtre ! Quand vous vous reli­sez, vous vous pre­nez à l’histoire au bout de trois pages, et vous ne faites plus du tout atten­tion aux fautes. Là encore, votre cer­veau fait tout pour s’évader de ce tra­vail pénible. Et là encore, vous pou­vez ruser avec lui pour le main­te­nir atten­tif aux fautes et aux coquilles : reli­sez à l’envers !
Commencez par le der­nière page du livre et remon­tez, page par page, jusqu’à la pre­mière. Vous serez net­te­ment moins entraîné par le récit.

6. Soyez vache !

Soyez vache avec vous-même ! Il n’y rien de grave à perdre le fil de la cor­rec­tion pen­dant une, deux, trois pages. Vous êtes humain. Vous pen­sez à la jour­née du len­de­main, aux courses à faire… Mais quand vous vous en ren­dez compte, ne soyez pas com­plai­sant. Revenez en arrière. Jusqu’à la phrase où vous avez décro­ché, où vous avez pensé à autre chose. Voire jusqu’à votre der­nière séance de cor­rec­tion. Et repar­tez de là.

Lorsque ces moments de « décro­chage » deviennent trop fré­quents, c’est que votre atten­tion est épui­sée. Il vaut mieux arrê­ter la cor­rec­tion pour cette fois-là, ou trou­ver quelque chose pour vous chan­ger les idées : dans l’immédiat, vous ne ferez plus rien de bon.


Vous l’avez vu, la cor­rec­tion est un ensemble de tech­niques, mais aussi un condi­tion­ne­ment, et un moment où l’on ruse avec soi-même.
Bien sûr, vous n’aurez peut-être pas le temps ou l’envie d’explorer toutes ces tech­niques. Le recours à des pro­fes­sion­nels est alors tou­jours pos­sible. Mais soyez sûr d’une chose : un texte propre est un argu­ment fort. Les édi­teurs, quand ils le liront, auront un pré­jugé posi­tif et tenace. Ça vaut le coup de faire atten­tion, non ?


Et toi, poin­tilleux inter­naute, quelles sont tes méthodes de correction ?


[1] Si vous cor­ri­gez déjà depuis plu­sieurs jours, le condi­tion­ne­ment se fait mieux.

28 commentaire

  1. Pierre says:

    Bien sou­vent, le temps de la relec­ture, de la cor­rec­tion, de la récri­ture est bien plus long que le temps d’écriture…
    Pierre

    1. nicolas says:

      … et le temps de tra­vail « pénible » est bien plus long que le moment de plai­sir de l’écriture. Ce qui me fait bien rigo­ler quand on parle de « plai­sir d’écrire ». C’est au fond une publi­cité très men­son­gère pour le métier…

  2. Diane says:

    Je ne sais pas si ça aide, mais je relis tout à voix haute, comme si j’étais devant un public. Quand je bute sur une phrase, je la reprends ^^ ça sur­prend pas mal… de voir toutes les imperfections !

    1. nicolas says:

      Je par­lais plus spé­cia­le­ment d’orthographe-typographie, mais bon, ta contri­bu­tion est utile.

      Là on rentre dans une théo­rie plus vacillante, mais je crois bien que lorsque nous lisons un texte, nous nous le lisons à nous-mêmes. Nous sommes le lec­teur qui parle et l’auditeur qui écoute. Dans ce cas, l’oralité du texte doit être par­faite (pas d’assonances, pas de hia­tus…) Ton test de la lec­ture à voix haute me semble assez utile (et puis Flaubert tout ça).

    2. Kanata says:

      Ha ! Misère… Numéro 5… c’est tout moi ! Le nar­ra­tif m’emporte de suite…
      Je vais vrai­ment faire ma der­nière passe à l’envers comme tu le suggères.

  3. Amibe_R Nard says:

    Ah écrire, c’est trop génial pour s’en empêcher. 🙂

    Un point capi­tal pour cor­ri­ger, c’est d’abord de pas­ser un cor­rec­teur ortho­gra­phique (même celui de Word, avec la gram­maire acti­vée si possible).

    La machine a tout son temps.
    Vous aussi.
    On éli­mine ainsi 90 à 95 % des fautes visibles.

    Même si vous êtes nul en ortho­graphe, au bout d’un moment, vous repé­re­rez très bien vos tics d’écriture et vos fautes récur­rentes. Croyez-moi, après 10 erreurs iden­tiques, vous en aurez marre et vous appren­drez la règle… règle que vous appli­que­rez dès l’écriture suivante.
    Que dis-je, dès la phrase suivante.

    Un autre point à prendre en compte, le temps que ça prend et la fatigue engendrée.
    Se pré­pa­rer le tra­vail par petites tranches est une bonne option.
    Dix fois cinq minutes répar­ties sur la jour­née, c’est meilleur que 50 minutes d’une seule galopade.

    Je plus­soie Nicolas.
    Effectivement, remon­ter le texte par la fin empêche le cer­veau de vou­loir inter­pré­ter les mots.
    Il ne cherche plus que les accords. On spé­cia­lise le tra­vail et le cer­veau aime bien effec­tuer une seule tâche.

    D’accord aussi avec Diane.
    Relire à haute voix, c’est indis­pen­sable. Pour la sono­rité, pour les pauses en vir­gules, pour la découpe des phrases. Ce n’est pas juste un tra­vail de cor­rec­tion, c’est une aide à l’écriture :-).

    Il faut en user et en abuser.
    Si ça sonne mal à l’oreille, la phrase ne va pas. (Flaubert par­lait de son gueu­loir, autant dire qu’il écri­vait pour être lu à haute voix, à très haute voix.)

    Autre point essen­tiel pour cor­ri­ger : trou­ver un relec­teur qui vous sou­li­gnera les fautes.
    Ça paraît idiot, mais on peut pas­ser 25 fois sur une ligne et ne rien voir quand il s’agit de ses propres mots.
    Par contre, l’autre, qui cherche à lire, repère la faute aussitôt.

    Exemple :
    « Commencez par le der­nière page du livre et remon­tez, page par page, jusqu’à la pre­mière. Vous serez net­te­ment moins entraîné par le récit. »

    « Le » der­nière page. 🙂

    Celle-là, on ne la voit pas. Ou pas facilement.

    Sauf qu’au lec­teur étran­ger, elle éclate aussitôt.
    Ok, peut-être que j’ai aussi l’habitude de la traque aux sco­ries. Reste que, dans mes textes, bien des coquilles évi­dentes deviennent invi­sibles. C’est l’effet nez dans le guidon.

    Donc l’idéal, c’est d’avoir un relec­teur exté­rieur. A charge de revanches. 🙂

    Autre pos­si­bi­lité, inves­tir dans un vrai logi­ciel de cor­rec­tion ortho­gra­phique. On en trouve à moins de 100 euros. Ça repré­sente sans doute une somme consé­quente (5 livres grands for­mats), mais répar­tie sur une car­rière de 30 ans, c’est à peine trois euros par an, et c’est très utile à l’écrivain pour toute sa car­rière. Et pas uni­que­ment là. On peut s’en ser­vir pour tous types de textes.

    Pour Pierre, après plu­sieurs tests, j’estime que le temps d’écriture du pre­mier jet repré­sente 10 % du tra­vail d’écriture.

    Je lis, pour finir : Est-ce pénible ?

    Voilà une bonne question.

    Pour être un tra­queur de fautes depuis un moment, je ne trouve pas ce « tra­vail » pénible.
    C’est vrai qu’au début, pen­dant les trois pre­mières années, on peut avoir l’impression d’une torture.
    Mais, comme je l’ai dit plus haut, c’est juste une gym­nas­tique mentale.
    Piégé une fois mais pas deux. 🙂 On apprend.

    On apprend pour le futur.

    Le bébé apprend à mar­cher, puis il devient exi­geant, il marche de plus en plus vite et il finit par cou­rir. Ça n’arrive pas sans dif­fi­cul­tés, ni répé­ti­tion d’erreurs. Si, si, sauf han­di­caps majeurs, le bébé arrive à courir. 😉

    En tra­quant les fautes (celles des autres, et les siennes), on remarque des sub­ti­li­tés de langue (et le dic­tion­naire Hanse est un vrai bon­heur… p’t’être ben qu’oui, p’t’être ben qu’non, j’adore !).
    On se forge aussi quelques outils pour évi­ter les erreurs à (re)venir.
    Exemple : trans­for­mer « je » en « nous » pour entendre la ter­mi­nai­son passé simple vs impar­fait et futur vs condi­tion­nel. Ou pas­ser ses phrases au futur, afin d’entendre les ter­mi­nai­sons des verbes. (là, on rejoint un peu le gueu­loir : on écoute. On écoute en trans­for­mant la phrase.)

    Deux petites règles très simples, mais qui éli­mine nombre de fautes d’accord.

    Il faut du temps, il faut de l’obstination, mais ça paye. Au bout du compte, ça paye.
    Pas juste dans l’écriture.

    La dis­ci­pline, la concen­tra­tion, l’envie de trans­for­mer, de trou­ver mieux, ça paye.
    Ne pas se conten­ter de ce qui vient, de la faci­lité, c’est une exi­gence qui finit par impré­gner beau­coup de choses.

    Je ne trouve pas ça pénible, non.
    Plier le mot, la phrase, le para­graphe, trou­ver l’expression juste… Plonger le nez dans un dic­tion­naire de syno­nyme ou dans un dic­tion­naire tout court, c’est du plaisir.
    C’est aussi un jeu ! 😉

    Comme peut l’être la réduc­tion d’un texte pour un bon tiers de ces mots.
    Là, c’est vache. 🙂

    Un vrai jeu de choix, de doutes, de redoutes. Ai-je rai­son, ai-je tort ?
    Si je sup­prime, cela amé­liore-t-il ou déchire-t-il le tissu des mots ?
    Ma pen­sée résiste-t-elle à cette compression.

    Seul le lec­teur me le dira, dans un nou­veau jeu.

    Traquer la faute, ce n’est pas juste aus­cul­ter les mots, véri­fier leur ortho­graphe ou leur bon accord… Celles-là sont faciles à voir !

    Non, tra­quer la faute, c’est sculp­ter, lis­ser, polir, s’éloigner, revenir.
    En un mot, c’est aimer.

    Aimer ce que l’on fait.
    Ce qui n’a rien de pénible.
    Surtout quand on joue. 🙂

    Bien Amicalement
    L’Amibe_R Nar

    1. nicolas says:

      @Kanata : je savais que tu grin­ce­rais des dents 😉

      @Amibe : l’amibe est là ! Je vais tâcher de répondre à cer­tains points de ton com­men­taire, qui m’interpellent :

      J’ai pour ma part déco­ché pour tou­jours la case « cor­rec­teur gram­ma­ti­cal » de Word : les effets de style, le cor­rec­teur, connaît pas, et je passe plus de temps à vali­der les « excep­tions » sou­li­gnées en vert qu’à trou­ver d’éventuelles fautes d’accord ou de conjugaison.
      Je ne suis pas per­suadé que la cor­rec­tion par tranches de cinq minutes soit plus effi­cace. J’ai, par la force des choses, cor­rigé beau­coup de livres de cette manière, tra­vail en bureau oblige, et je peux dire que j’avais beau­coup de mal à res­ter un tant soit peu concen­tré. À ce rythme, crois-moi, il faut beau­coup plus de pas­sages pour rele­ver le même nombre de fautes.
      ma très grande faute : d’accord, le point est pour toi. 😉
      inves­tir dans un logi­ciel : tu as tout à fait rai­son, pré­senté ainsi, le bud­get est ridi­cule et il y a peu de rai­sons de s’en passer.
      enfin, je dois te don­ner rai­son concer­nant le plai­sir de relire, de se cor­ri­ger. Car il s’agit d’un plai­sir. Un plai­sir rare, dif­fi­cile à atteindre. J’ai hésité à glis­ser de la phi­lo­so­phie dans mon article, j’en suis resté à la démarche pra­tique et basique, mais je pense comme toi que les plai­sirs de l’écriture existent, et qu’ils ne sont pas là où on croit (j’en parle un peu plus dans l’article d’aujourd’hui).

      J’aimerais ajou­ter, à ce pro­pos, quelques mots de ce cher Alain, qu’on dénigre beau­coup, mais qui me réchauffe l’esprit à chaque fois que je le lis. Dans ses Propos sur l’éducation, il traite de péda­go­gie, mais ses idées sont appli­cables à beau­coup d’activités intel­lec­tuelles de l’adulte :
      « ses vrais plai­sirs, il doit les gagner, il doit les méri­ter. Il doit don­ner avant de recevoir. »
      « Les vrais pro­blèmes sont d’abord amers à goû­ter ; le plai­sir vien­dra à ceux qui auront vaincu l’amertume. »

  4. Ricath says:

    Il n’y a QU’UNE façon de cor­ri­ger effi­ca­ce­ment un texte : le faire relire par un cor­rec­teur. Comme l’a dit très jus­te­ment Voltaire : « Un auteur est peu propre à cor­ri­ger les feuilles de ses propres ouvrages : il lit tou­jours comme il a écrit et non comme il est imprimé. »
    Je suis à la fois auteure et cor­rec­trice, et je ne mélange jamais les deux métiers, je me refu­se­rai tou­jours à cor­ri­ger mes propres textes.

    Je suis indi­gnée de ce que vous dites des cor­rec­teurs, mais peut-être n’en avez-vous jamais ren­con­trés de « vrais ». Tant de per­sonnes se décrètent « cor­rec­teurs » parce qu’ils sont « bons en fran­çais »… C’est un vrai métier, qui ne s’improvise pas, et qui s’apprend. Et il faut des années de pra­tiques pour deve­nir un bon correcteur.

    Enfin : non, l’éditeur n’est pas « le lar­bin » de l’auteur, comme vous dites, mais c’est le TRAVAIL DE L’ÉDITEUR de faire cor­ri­ger le texte par un professionnel.

    1. nicolas says:

      Il me semble que vous vous indi­gnez bien vite. Je n’ai jamais dit que l’auteur devait sup­por­ter l’effort de cor­rec­tion À LA PLACE de l’éditeur. Je ne l’ai jamais dit, car je suis moi-même cor­rec­teur et ancien édi­teur. Si vous avez com­pris autre­ment mon article, je vous invite cor­dia­le­ment à me relire…

      L’auto-correction ne pourra jamais rem­pla­cer le pas­sage à la mou­li­nette d’un cor­rec­teur pro, notam­ment parce que les auteurs négligent en géné­ral tout l’aspect typo­gra­phique de leur texte. Mais une bonne pré-cor­rec­tion peut faci­li­ter la vie de tout le monde et, avant toute chose, don­nera un pré­jugé favo­rable à l’éditeur poten­tiel. Or, c’est bien là ce que j’essaie de transmettre.

      Il y a un déni du métier, j’en suis bien conscient, et je pense que nous nous rejoi­gnons là-des­sus. Vous qui venez du Formacom, peut-être vou­lez-vous par­ler ici en quelques lignes, aux jeunes auteurs qui lisent ce blog, du tra­vail de la cor­rec­tion pro ?

  5. Diane says:

    Bonjour ! Ou bonsoir…

    Je ne savais pas où pos­ter ma ques­tion et j’étais donc un peu dérou­tée… Ma pro­fes­seure de fran­çais à la fac ne veut pas entendre ma rai­son ^^ Peut être qu’elle a rai­son éga­le­ment mais je pré­fère ma version.

    En tant qu’éditeur / écri­vain : com­ment écri­vez les dia­logues ?? Surtout : quelle ver­sion est CORRECTE.

    Exemple (phrase naze désolée ^^) :

    « J’adore ta nou­velle robe ! » , ai-je piaillé.
    OU
    « J’adore ta nou­velle robe ! » ai-je piaillé.

    Différence : pas de vir­gule avant le « ai-je piaillé. » Ma prof dit que ne pas mettre la vir­gule est fausse, qu’il faut sup­pri­mer les guille­mets si la phrase conti­nue après le « ai-je piaillé »
    (mais je trouve ça laid et incompréhensible !)

    Genre : – « J’adore ta nou­velle robe, ai-je piaillé, hys­té­rique, elle te va trop bien ! » (perso, j’aurais mis des guille­mets ==> -« J’adore ta nou­velle robe, » ai-je piaillé, hys­té­rique« elle te va trop bien ! » )

    Je veux avoir rai­son ! Dites moi que j’ai raison 🙁

    1. nicolas says:

      Tout d’abord, dans le pre­mier cas, le pro­blème est que vous êtes ame­née à faire suivre trois signes de ponc­tua­tion. En typo­gra­phie soi­gnée, on se l’interdit. Vous devez donc, en effet, vous pas­ser de la virgule.

      Dans cet exemple
      « J’adore ta nou­velle robe, ai-je piaillé, hys­té­rique, elle te va trop bien ! »
      et le sui­vant, il ne s’agit pas selon moi d’une « phrase qui conti­nue » mais de deux pro­po­si­tions qui n’ont pas grand’chose à faire dans la même phrase.
      En effet, pour trans­crire la phrase d’origine, vous auriez écrit « J’adore ta nou­velle robe. Elle te va trop bien ! » ou « J’adore ta nou­velle robe : elle te va trop bien ! »
      Par consé­quent, si vous rajou­tez une incise, la forme cor­recte serait plutôt
      « J’adore ta nou­velle robe, ai-je piaillé, hys­té­rique. Elle te va trop bien ! » ou « J’adore ta nou­velle robe« ai-je piaillé, hys­té­rique. »Elle te va trop bien ! »

  6. Denis Hugot - Relecteur-correcteur professionnel says:

    Bonjour,

    Je suis Relecteur-Correcteur pro­fes­sion­nel. Je vou­drais saluer la qua­lité de ce qui est écrit plus haut.

    Il est en effet impos­sible à un non-pro­fes­sion­nel du domaine (c’est-à-dire 65 mil­lions de Français) d’écrire un texte, un cour­rier de 300 mots sans aucune faute (ortho­graphe, gram­maire, syn­taxe, ponc­tua­tion, typo­gra­phie). Je lance un défi…

    Tout le monde a entendu par­ler des dif­fé­rents cour­riers récents de la Présidence de la République ou du PS… J’ai encore eu l’occasion de tom­ber hier sur le cour­rier de démis­sion du maire d’Angers (jan­vier 2012)… En le reli­sant vrai­ment en dia­go­nale, j’y ai trouvé 14 fautes, coquilles, impré­ci­sions ! Sur quelque 500 mots, ça fait un peu beau­coup, vous ne trou­vez pas ?

    Rien n’empêche, bien sûr, de faire relire – avant de le confier à un pro­fes­sion­nel – votre docu­ment aupa­ra­vant par des amis, un prof de français…

    Salutations cor­diales,

    Denis Hugot – Relecteur professionnel
    http://relecteur.synthasite.com/

  7. Ebbvbb says:

    Bonsoir,
    Votre article est inté­res­sant mais com­porte des erreurs :
    Des exemples :

    peut être : ajou­ter le -
    un argu­ment et non une…
    Bonne continuation.
    emmanuelle

  8. Peabody says:

    Bonjour à tous,

    J’ajoute mon grain de sel à ces si bons conseils :
    « J’écris, tu écris : corrigeons-nous ! »
    Un site de petites annonces gra­tuites d’échange de cor­rec­tions de manuscrits.
    Je te lis, je te cor­rige = tu me lis, tu me corriges.

    Bien à vous tous, et bon cou­rage dans vos relec­tures-cor­rec­tions, et sur­tout, n’oubliez pas :

    Bernard Werber, 100 réécri­tures sur 12 ans pour Les Fourmis !!!! On a de la marge !

    Peabody
    corrigeons-nous.e‑monsite.com

  9. samildanach says:

    Moi je n’ai pas se pro­blème, voilà com­ment j’écris mes dialogues

    Il s’approcha d’elle et lui ten­dit son arme :

    Tiens, elle était sous le cadavre du monstre

    Oui je sais c’est pas très ima­gi­na­tif comme exemple mais écrire les dia­logues comme cela c’est bon aussi non ?

  10. Gutierrez Lucas says:

    Bonjour, j’au­rais une ques­tion : j’ai com­mencé mon his­toire sans plan, et au bout de la 50° page, je ne peux plus dénouer mon intrigue… Comment faire ?!
    Lucas, Merci.

  11. caroline fagot says:

    Bonjour, j’ai fini mon manus­crit, mon tout pre­mier 🙂 je l’ai retra­vaillé encore et encore mal­heu­reu­se­ment j’ai testé plu­sieurs cor­rec­teurs d’or­tho­graphe et quand je le donne à mes proches il me dise que c’est tou­jours bour­rer de fautes… avait vous un bon cor­rec­teur pour m’aidé à corrigé
     ?

  12. Laure Gerbaud says:

    Oui, il faut se lire et relire, cor­ri­ger sans ver­gogne, vous avez rai­son. Je suis deve­nue assez cor­recte à ce jeu mais j’ou­blie tou­jours trois ou quatre fautes sur cent pages, et ça me suf­fit. Après, c’est le tra­vail du cor­rec­teur, pas le mien. Et il en a car pour la typo­gra­phie, j’ai beau ten­ter d’être dans les clous, je finis par me las­ser de toutes ces règles absurdes déci­dées par qui ? Sûrement pas par des écri­vains ! Car quel manque d’i­ma­gi­na­tion et quel empê­che­ment à la créa­tion que ces règles typo­gra­phiques ! Elles ne sont pas toutes bonnes à appli­quer. Elles m’exas­pèrent. Heureusement que les cor­rec­teurs de métier existent !

    1. Les règles typo­gra­phiques ne sont pas absurdes, puis­qu’elles servent à rendre la com­pré­hen­sion du texte et la lec­ture plus faciles. Dans chaque cas, c’est le fonc­tion­ne­ment le plus logique et le plus com­mode que l’u­sage a retenu. Ce sont bien entendu les écri­vains, et ceux qui font métier d’é­crire, de publier, qui ont fixé ces règles au fil des siècles.
      Pour ma part, je m’in­té­resse à ces règles, et j’aime com­prendre leur sens. Mais le recours aux cor­rec­teurs pro est un bon réflexe, effectivement.

      1. Laure Gerbaud says:

        Bonjour. Bien sûr, toutes les règles typo­gra­phiques ne sont pas absurdes mais je trouve cer­taines dis­cu­tables. J’ai l’im­pres­sion qu’elles ont été pen­sées par les impri­meurs, non par les écri­vains. Mais ce n’est qu’un avis. Et oui, heu­reu­se­ment qu’il existe les cor­rec­teurs de métiers ! Ils ne sont du reste pas assez consi­dé­rés. Je n’ose ima­gi­ner un texte imprimé non relu par un cor­rec­teur. On ne peut tout savoir.

    1. Ah oui ! Excellent produit !
      A mani­pu­ler avec pru­dence tout de même ; un jour, j’ai eu la sur­prise de décou­vrir qu’un gra­phiste avait passé mon texte à la mou­li­nette Antidote (en vali­dant par défaut toutes les modi­fi­ca­tions). Des heures de fun pour tout réta­blir. De fun noir…

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