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9 choses à faire
pour trouver un éditeur

par | 18 commentaires

Ce que vous allez apprendre dans cet article :

  • Maximiser vos chances en minimisant vos efforts
  • Organiser votre campagne de soumission
  • Trouver les renseignements utiles

Vous avez tout essayé pour trouver un éditeur ? Mais avez-vous effectué ces 9 démarches fondamentales ?

Vous venez de boucler votre manuscrit, et vous allez démarrer votre campagne de soumission. Malheureusement, le doute, tel un David Douillet gavé de créatine, vous étreint : parmi les plus de 3500 maisons d’édition françaises, laquelle choisir ? Comment cibler les éditeurs qui correspondent à votre projet ? Comment être sûr de vous adresser aux maisons potentiellement intéressées ?

Passons en revue les 9 principes d’une campagne bien ficelée.

1. Méfiez-vous de vos réflexes

La toute première fois, vous vous direz « Je vais commencer par Galligrasseuil, à tout hasard. » Parce que même si on vous a mis en garde, vous penserez secrètement que pour vous, la grosse maison parisienne fera une exception. Qu’emballé par votre texte, « Antoine » fera tout pour vous « signer ».

Cela n’arrivera pas, vous pouvez me croire sur parole. Et pourquoi ? La qualité de votre texte n’est même pas en cause. Mais pour entrer dans une de ces enseignes, il faut être déjà publié ailleurs, ou recommandé par quelqu’un de la maison.

En matière d’édition, oubliez les brillantes idées qui finissent par « à tout hasard ». Ou alors, vous n’avez pas si envie que ça de vous faire éditer…

2. Revenez aux fondamentaux

Maintenant que vous avez vécu des mois, des années peut-être avec votre manuscrit, vous avez une réponse, plus ou moins claire, à la question du « Quoi ? » (de quoi parle mon livre) et du « Pour qui ? » (quel est mon lecteur potentiel).

Trouver un éditeur

Trouver un éditeur, tout un art : quand on veut pêcher un brochet de ruisseau, on n’appâte pas avec des groufignolles mordorées.

Votre texte relève d’un genre, deux peut-être ; d’un sous-genre, si ça se trouve. Définissez-le.
Faites preuve de bon sens et d’honnêteté. Ne jouez pas à « mon texte parle d’un peu tout, il y a beaucoup de choses dedans, je vous laisse lire, vous verrez bien. » Personne, parmi vos éditeurs prospectés, ne se donnera cette peine.

Vos réponses au « Quoi ? » et au « Pour qui ? » vous paraissent douteuses ? Cherchez des confirmations ou des rectificatifs. Consultez vos bêta-lecteurs.

Et si vous hésitez toujours, rappelez-vous cette évidence : on écrit des livres comme ceux qu’on aime lire. Regardez vos livres de chevets, et vous vous rappellerez ce qui vous passionne !

3. Explorez les sources

Maintenant que vous avez une idée du « Quoi ? » et du « Pour qui ? », vous pouvez commencer à chercher des éditeurs pertinents.
Où trouver des noms d’éditeurs pertinents ? Partout ! Il n’y a qu’à se baisser pour en ramasser :

  • encore une fois, allez voir votre propre bibliothèque de chevet ;
  • dans votre entourage ; attention, recherchez les connaisseurs du genre. Votre grande sœur vous répond évasivement « Va voir chez Galligrasseuil… » ? Oubliez, elle n’y connaît rien.
  • sur Internet. Comment ? Trouvez un point d’entrée sur le genre concerné (blog littéraire, forum de fans) et lisez les listes de « sites amis ». Vous allez assez vite rencontrer des noms de maisons d’édition ;
  • chez le libraire ; choisissez un moment où il a un peu de temps (soyez prêt à revenir), et demandez-lui quelques noms.

4. Pour trouver un éditeur, lisez

Vous voilà équipé de quelques noms d’éditeurs. Cependant, cette ébauche de listing n’a pour le moment qu’un intérêt théorique. Il va vous falloir le « qualifier », l’enrichir de ce que vous allez apprendre sur chacune de ces maisons.

Pour cela, difficile d’y couper, passez par la case « lecture ». Lisez des livres de chaque éditeur. Tel est le plus sûr moyen de savoir si vous êtes faits l’un pour l’autre. Et puis, si vous vous retrouvez un jour face à face, vous saurez lui parler d’un truc qui lui fait plaisir : lui !

Beaucoup de jeunes auteurs ne se soucient pas du tout de lire. Quand je discute avec eux, je vois qu’il n’y a aucune place, dans leur vie, pour la lecture. Lire et écrire sont les deux phases de la respiration. Ne l’oubliez pas.

5. Écoutez ce qu’on vous dit

Intéressez-vous aux documents d’information de l’éditeur. Les éditeurs font de leur mieux pour communiquer sur ce qu’ils recherchent. Trouver ces informations n’est pas difficile. Les contenus, sur leur site Internet, qui vous intéressent, s’appellent « Qui sommes-nous ? » ou « Notre histoire », « Catalogue » et « Guide de soumission » (= la note technique sur la manière de présenter votre manuscrit).

Parfois, l’éditeur annonce de manière visible qu’il ne prendra plus les soumissions pendant un certain temps. Respectez sa demande : si vous passez outre, vous serez de toute façon ignoré.

6. Enquêtez

Il vaut mieux, dès à présent, vous faire une idée de la « puissance de feu » de l’éditeur. Non pas forcément pour le snober en ricanant, mais pour vous éviter des déceptions et des aigreurs.

Si vous ne voulez pas publier à compte d’auteur, apprenez à détecter le compte d’auteur caché. Pour cela, il existe un moyen tout simple : intéressez-vous à la visibilité de l’éditeur. Cherchez ses ouvrages en librairie, ou sur les grosses librairies en ligne. Posez la question à votre libraire. Si l’éditeur est vraiment inconnu, c’est soit qu’il est très petit (à ne pas négliger, donc), soit qu’il ne vit que par la prestation de services aux écrivains, et ne se soucie pas de diffuser ses productions.

7. Prenez contact

À de rares occasions, les éditeurs sortent de leurs quatre murs. Leur teint blafard rougit à la lumière du jour. Leurs mains sont prises de tremblements : l’agoraphobie est un naufrage… On les entend même, paraît-il, articuler péniblement quelques mots dans ce langage qu’ils ne pratiquent le reste du temps que par écrit. Ces événements surnaturels se nomment « salons du livre ».

Blague à part, ne ratez pas les salons. Rendez-vous dans ces grand-messes du livre pour discuter avec ceux qui les publient. Tel est le meilleur moyen de savoir ce qu’ils recherchent, et ce qu’ils refusent. Cependant, ne leur apportez pas votre manuscrit : vous avez déjà assisté un remballage de stand ? Croyez-moi, c’est l’enfer sur terre.

Notez le nom de votre interlocuteur, ou celui de la personne indiquée. Avoir montré votre visage, avoir lâché quelques informations alléchantes sur le projet sera, lors de la réception de votre manuscrit, un sympathique petit « plus ».

Ah, et profitez-en pour acheter un livre, si l’entretien vous a enthousiasmé. Ce ne sera pas de l’argent gaspillé : rappelez-vous ce que je disais plus haut : lisez !

Je note aussi que depuis quelques années, dans de nombreux salons du livre, des speed datings sont organisés. Au lieu d’y aller pour draguer une tendre moitié potentielle, il s’agit en l’occurrence de présenter rapidement son projet à un éditeur et de l’emballer en cinq sec. De l’aveu même des éditeurs, c’est un moyen privilégié pour eux de trouver des projets. Tentez le coup, mais comme toujours, soyez bien préparé…

8. Soyez pro

Sur les questions Yahoo !, on adore demander sans cesse les mêmes informations. On adore aussi répondre n’importe quoi. Tout le plaisir est dans le papotage. Ne prenez pas vos rapports avec les éditeurs comme une session de questions Yahoo !

Ainsi, évitez de manière générale de téléphoner à un éditeur qui n’est rien pour vous. Beaucoup de choses peuvent se traiter par écrit. L’éditeur préfère nettement choisir le moment de la journée, de la semaine, où il se consacre au futur et aux manuscrits.

Évitez de lui poser :

  1. les questions qui désespèrent ;
  2. les questions ridicules ;
  3. les questions qui agacent.

1. Ne lui demandez pas des informations qui n’existent pas ou que vous pourriez facilement obtenir tout seul :

  • « Expliquez-moi, ça marche comment, l’édition ? »
  • « Si je vous envoie mon texte, j’aurai une réponse quand ? »
  • « Vous publiez en allemand ? Vous faites des livres en mie de pain ? »

2. Ne vous ridiculisez pas. Ne donnez pas l’impression que vous vous croyez déjà accepté :

  • « Vous pratiquez quel pourcentage de droits d’auteur ? »
  • « J’ai envie de faire un geste pour votre maison, je vous propose donc un manuscrit. Vous préférez me baiser les pieds ou me cirer les chaussures ? »

3. Ne sous-entendez jamais que vous vous méfiez de votre partenaire potentiel. De toute manière, ces questions-là n’obtiendront jamais, dans la phase de démarchage, de réponse :

  • « Vous pourriez m’envoyer un modèle de contrat ? »
  • « Vous tirez à combien, en général ? »

Si vous n’êtes pas à l’aise dans les rapports avec les éditeurs, il vous reste toujours la solution du conseiller éditorial. Lui saura se renseigner pour vous.

9. Créez un listing

Vous avez fait un premier tour d’horizon ? Vous commencez à étouffer sous les informations ? Ouvrez un listing. Pensez-le pour qu’il vous serve durant toute l’opération de soumission, voire pour vos prochains ouvrages.

Je vous donne un modèle qui en vaut d’autres ; n’oubliez pas de le tenir à jour et… servez-vous de la fonction « tri » à volonté !

Modèle de listing de démarchage
Éditeur Nom du contact Adresse E-mail Téléphone Genres, préférences Envoyé mon texte le… Réponse le… Autres choses à savoir
Éditions du Gros Succès
Royalties Éditeur

Vous avez accordé du temps à chacune de ces étapes ? Vous voilà armé pour lancer la campagne de soumission.
Destinations suivantes ? Le courrier d’accompagnement, et la présentation du manuscrit.


A ton tour, épistolaire internaute : raconte-nous ta plus belle histoire d’amour avec un éditeur…

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