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La correction de texte  :
6 trucs pour mieux voir les fautes

par | 26 commentaires

Ce que vous allez apprendre dans cet article :

  • Pourquoi corriger son manuscrit
  • Pourquoi corriger soi-même
  • Comment s’y prendre, même lorsqu’on est dyslexique

La correction de texte est un moment capital de votre travail d’écrivain. Voici 6 trucs pour vous corriger plus facilement et plus sérieusement.

J’ai suivi avec intérêt la méthode de correction proposée sur le blog de Kanata. Cette série d’articles est très utile pour planifier son chantier de corrections. De mon côté, je voudrais vous proposer quelques trucs professionnels de correcteurs, à utiliser dans le feu de l’action.

La correction de texte ? Et pourquoi moi ?

Bon, d’accord, la correction ortho-typographique est une corvée. Sachez l’aborder avec courage, et ne pas la rejeter sur votre futur éditeur, avec des arguments tels que « C’est lui le spécialiste du travail technique » ou « L’orthographe est fasciste, c’est ma liberté d’auteur de faire des fautes si je veux » (argument particulièrement vivace dès qu’on se rapproche de la poésie).

Correction de texte : avez-vous vraiment d'autres chats à fouetter ?

La correction remonte à la plus haute antiquité

Ôtez-vous une bonne fois pour toutes cette idée reçue de la tête : l’éditeur n’est pas votre larbin. Si vous ne me croyez pas, envoyez-lui votre roman en style SMS, et vous verrez à quelle vitesse vitesse on vous répondra…

Faites vous-même

Vous avez peut-être déjà négocié une correction avec un tonton prof ou une épouse dévouée. Bien joué, mais… ne leur faites pas trop confiance.

Il est certes préférable de relire un texte « à plusieurs yeux », car chacun se concentre sur d’autres types de fautes ; mais êtes-vous sûr du sérieux de vos relecteurs ? Je ne parle pas de leur bonne volonté ou de leur gentillesse, ni même de leur compétence, mais simplement de leur sérieux. quand ils auront passé trois soirées sur votre prose, et qu’il leur restera encore deux tiers de roman à corriger, vous ne croyez pas qu’ils augmenteront, mine de rien, la cadence ? Je vous le dis : oui, ils le feront.

Dans le chantier de correction de votre manuscrit, ne vous dégagez jamais de votre propre mission de relecteur. Et dites-vous bien que malgré la gentillesse de vos bénévoles, vous resterez toujours le plus fiable, et le responsable de projet (je parle bien ici du stade « manuscrit »).

Ces principes étant posés, voici donc 6 trucs de relecture.

1. Soyez lent

Corriger un texte demande de la patience. Le nombre de fautes que vous relèverez est inversement proportionnel à votre vitesse de lecture. Plus vous allez vite, plus vous en laissez passer.

Nul en orthographe, vous ? Peut-être. Mais en allant doucement, vous verrez que vous rattraperez beaucoup, des erreurs. Le problème des « mauvais en orthographe » est souvent dû à leur impatience. Allez moins vite, prenez le temps de vérifier (dans le dictionnaire, sur le site du Conjugueur etc.), et vous verrez que vous en débusquerez bien plus.

2. Revenez sur vos traces

La correction est un état d’esprit. Un conditionnement. Quand vous attaquerez une séance de relecture, vous ne serez pas tout de suite au top de votre attention. Vous n’aurez pas tout de suite en « mémoire vive » toutes les règles et tous les problèmes potentiels. Il vous faut trois, cinq, dix pages pour vous conditionner. [1] À ce moment-là, vous allez sentir que votre cerveau commence à turbiner. Car le cerveau est un muscle, on ne le répétera jamais assez…

Vos premières pages, vos pages de « mise en jambes », risquent donc d’être très mal relues. Attendez d’être « chaud », et reprenez-les ! Vous verrez, l’effet est remarquable !

3. Équipez-vous

Vous vous en rendrez compte, un papier et un crayon seront vite nécessaires. Entre autres pour noter vos propres conventions de correction : comment écrire tel nom propre, que mettre en majuscules, que mettre en italiques… Mettez par écrit la convention qui vous suivra durant toute votre opération de relecture… et même après : gardez ce papier, il vous sera utile pour expliquer vos choix à votre éditeur si votre manuscrit est pris.

4. Mise en pages

Lorsque vous lisez un roman, vous mémorisez la position des mots, des lignes sur la page. Inconsciemment, vous vous souvenez que le baiser entre Gontrand et Gwendoline arrive en bas de page de droite, le duel à coups de chaises en haut d’une page de gauche etc.

L’ennemi de la correction, c’est la routine. Tandis que vous lirez attentivement une phrase après l’autre, votre cerveau n’aura qu’une envie : aller plus vite. Tout votre effort consistera à ralentir votre cerveau, à rester concentré pour ne pas emballer la machine.

Pour cela, commencez par varier la mise en page entre les relectures. Votre texte vous sort par les yeux, vous l’avez relu deux fois et vous avez l’impression de ne plus rien voir ? Changez le corps, la typo, les marges. Avec un traitement de texte, c’est fait en deux clics. À présent, votre prose est disposée tout différemment dans la page. la routine visuelle n’existe plus !

5. Eriler à l’envers

Votre récit vous plaît : normal, c’est le vôtre ! Quand vous vous relisez, vous vous prenez à l’histoire au bout de trois pages, et vous ne faites plus du tout attention aux fautes. Là encore, votre cerveau fait tout pour s’évader de ce travail pénible. Et là encore, vous pouvez ruser avec lui pour le maintenir attentif aux fautes et aux coquilles : relisez à l’envers !
Commencez par le dernière page du livre et remontez, page par page, jusqu’à la première. Vous serez nettement moins entraîné par le récit.

6. Soyez vache !

Soyez vache avec vous-même ! Il n’y rien de grave à perdre le fil de la correction pendant une, deux, trois pages. Vous êtes humain. Vous pensez à la journée du lendemain, aux courses à faire… Mais quand vous vous en rendez compte, ne soyez pas complaisant. Revenez en arrière. Jusqu’à la phrase où vous avez décroché, où vous avez pensé à autre chose. Voire jusqu’à votre dernière séance de correction. Et repartez de là.

Lorsque ces moments de « décrochage » deviennent trop fréquents, c’est que votre attention est épuisée. Il vaut mieux arrêter la correction pour cette fois-là, ou trouver quelque chose pour vous changer les idées : dans l’immédiat, vous ne ferez plus rien de bon.


 

Vous l’avez vu, la correction est un ensemble de techniques, mais aussi un conditionnement, et un moment où l’on ruse avec soi-même.
Bien sûr, vous n’aurez peut-être pas le temps ou l’envie d’explorer toutes ces techniques. Le recours à des professionnels est alors toujours possible. Mais soyez sûr d’une chose : un texte propre est un argument fort. Les éditeurs, quand ils le liront, auront un préjugé positif et tenace. Ça vaut le coup de faire attention, non ?


Et toi, pointilleux internaute, quelles sont tes méthodes de correction ?


[1] Si vous corrigez déjà depuis plusieurs jours, le conditionnement se fait mieux.

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