Ce que vous allez apprendre dans cet article :

  • Créer les conditions
  • Savoir être la « main qui écrit »
  • Prendre des habi­tudes favorables

Et si on par­lait du « pre­mier jet » ? J’ai conseillé un cer­tain nombre d’écrivains ces der­niers temps, j’ai donné une for­ma­tion sur les écrits pro­fes­sion­nels ; or, qu’il s’agisse d’écri­vains ou de cadres d’entreprise, beau­coup font état de la même dif­fi­culté : com­ment res­ter suf­fi­sam­ment concen­tré pour pro­duire son texte ? Comment res­ter dans le texte, en igno­rant les diver­sions, qu’elles viennent de soi ou de l’extérieur ?

Je vous avais parlé pré­cé­dem­ment des méthodes pour évi­ter la page blanche, et se moti­ver à écrire. Et lorsque la moti­va­tion est déclen­chée, com­ment l’entretenir ? Comment empê­cher le souf­flé de retom­ber ? Voyons ensemble quelques gestes simples et évi­dents ; car l’évidence, sou­vent, est bien dif­fi­cile à repérer…

(Les lec­teurs pres­sés peuvent aller direc­te­ment à la fin de l’article, où l’essentiel est résumé.)

Le « vrai » premier jet

Certains ne jurent que par lui, d’autres le méprisent gen­ti­ment. Le pre­mier jet semble une façon un peu enfan­tine de pra­ti­quer l’écriture. Les tenants de l’écriture révé­lée ne croient pas à la divi­sion pre­mier jet/relec­ture(s).
Pourtant, à l’usage, cette écri­ture par allers-retours semble pro­duire de meilleurs résul­tats, et va de soi pour la plu­part des écri­vains.
L’intérêt de cette approche est de répar­tir les étapes d’écriture en une étape de for­mu­la­tion, de trans­crip­tion de la pen­sée, et une autre étape, consé­cu­tive, de regard cri­tique sur l’objet écrit.
La dif­fi­culté, pour l’écrivain, est alors de savoir se divi­ser suf­fi­sam­ment pour être d’abord, exclu­si­ve­ment, une voix qui parle, et ensuite, tout aussi exclu­si­ve­ment, un esprit qui cri­tique. La voix ne doit pas être cri­tique, et l’esprit doit cri­ti­quer certes, mais seule­ment le résul­tat, et non pas l’intention. Autrement, les consé­quences sur le moral de l’écrivain ne se font pas attendre : décou­ra­ge­ment, pro­cras­ti­na­tion, perte de temps voire aban­don du pro­jet…
Le relec­ture cri­tique ne doit pas glis­ser vers l’autocritique, tout comme l’étape du pre­mier jet ne doit pas lais­ser place au juge­ment sur ce qui est écrit. Pour les ques­tions de relec­ture cri­tique, je vous ren­voie au blog de Kanata Nash, qui traite de la ques­tion d’une manière magis­trale. J’aurai peut-être quelque chose à en dire un jour, mais ce sera sous forme de pré­ci­sions ou de nuances mineures.
Et le pre­mier jet ? Là aussi, le recours à un peu de méthode peut s’avérer utile, libé­ra­teur. Car le décou­ra­ge­ment, lors du pre­mier jet, est sou­vent causé par une mau­vaise pra­tique. Ce que vous appe­lez « pre­mier jet » n’en est pas vrai­ment un, car vous n’avez de cesse de reve­nir en arrière, de vous arrê­ter, en mâchouillant le stylo, pour trou­ver le « mot juste »…
Le « vrai » pre­mier jet ne souffre pas d’interruption. Tout doit être sacri­fié à la régu­la­rité d’écriture, tout doit être fait pour main­te­nir un débit régu­lier.
Comment ? Voici les pré­cau­tions prin­ci­pales à prendre pour pro­duire un « vrai » pre­mier jet de roman, de nou­velle ou de tout autre texte littéraire.

Préparation

Cela peut paraître para­doxal, mais pour que la « petite voix » parle juste et clair, il faut avoir lon­gue­ment, tri­via­le­ment pré­paré l’écriture lors de l’étape pré­cé­dente : la consti­tu­tion du plan.
En d’autres termes, le pre­mier jet n’est PAS la pre­mière action d’un écri­vain lorsqu’il attaque un nou­veau pro­jet. On pour­rait encore une fois débattre de la légi­ti­mité de pré­pa­rer son écri­ture, mais ce qui est sûr, c’est que l’absence de plan conduit mathé­ma­ti­que­ment aux…

Doutes et questions

Le premier jet est une petite voix ; laissez-la parler.
Laissez par­ler la « petite voix », même si tout ce qu’elle semble vous dire est « Frschfrscfrfschffff… »

Au cours de la rédac­tion, il peut vous venir, et c’est nor­mal, des doutes. Éric est-il blond ? Jeanne-Marie est-elle au cou­rant que Kévin la trompe ? Votre mau­vaise réac­tion, en tant qu’écrivain, sera de déci­der dans la fou­lée que oui, Éric est blond. Une autre mau­vaise réac­tion sera de tout lais­ser en plan pour retour­ner voir dix pages en arrière, ou dans la fiche de per­son­nage, si Éric est blond ; pire, au cas où rien n’a été pré­paré, d’aller voir dans une ency­clo­pé­die si les gens de son groupe eth­nique sont plu­tôt blonds…
Apprenez à noter vos doutes et vos ques­tions dans le fil du texte. Placez-les par exemple entre cro­chets : cela vous per­met­tra de les retrou­ver par une recherche auto­ma­tique du carac­tère « cro­chet », au moment des relec­tures du texte.
De même, il arrive sou­vent, sur­tout lorsque « ça vient bien », que des idées sup­plé­men­taires vous tombent des­sus, des amé­lio­ra­tions. Là aussi, notez-les, soit dans le fil du texte, soit dans un fichier bloc-notes. A la fin de la séance de pre­mier jet, et seule­ment à la fin, repre­nez le bloc-notes ; repla­cez les idées (sans com­men­cer à tout réécrire !) au bon endroit dans le plan ou dans les par­ties déjà rédigées.

Vocabulaire, style

Une autre cause de rup­ture du pre­mier jet, fré­quente, est le besoin du « mot juste ». Ce mot qui col­le­rait par­fai­te­ment avec la phrase, et qui vous échappe comme le savon mouillé sous la douche… Tant pis pour lui ! Un coup de sur­li­gne­ment, et on passe à la suite !
Les logi­ciels de trai­te­ment de texte offrent des pos­si­bi­li­tés très faciles de mettre en valeur, par sur­li­gne­ment, des endroits pré­cis du texte. Utilisez un code cou­leur simple, par exemple rouge pour le style, bleu pour les choses à véri­fier, vert pour les ajouts en attente… Vous pou­vez même être plus pré­cis : uti­li­sez une cou­leur pour les pas­sages trop plats, une autre pour les pro­blèmes de registre, une autre pour les pas­sages trop ver­beux…
Mieux encore : au lieu d’utiliser le bou­ton « sur­li­gne­ment », défi­nis­sez des « styles de carac­tère » ; ils se super­po­se­ront sans dan­ger à votre texte, et vous pour­rez les appli­quer ou les reti­rer d’un simple clic.

Conditions d’écriture

Les mau­vaises condi­tions d’écriture sont un des pires enne­mis du pre­mier jet. Si vous êtes dérangé, si le temps presse, il vous est dif­fi­cile de gar­der un débit d’écriture régu­lier pen­dant toute la séance.
Bien entendu, nous ne sommes pas tous égaux de ce point de vue-là. Certains ont un envi­ron­ne­ment plu­tôt favo­rable à l’écriture, d’autres non. De toutes les façons, essayez de vous orga­ni­ser pour que vos moments d’écriture soient le plus favo­rables pos­sibles.
Qu’est-ce qu’un bon moment d’écriture ? Un moment de calme, de soli­tude, et qui sera exclu­si­ve­ment dédié à cette acti­vité. Évitez les endroits et les moments bruyants, ceux où vous êtes en société, et arran­gez-vous pour n’avoir rien, mais vrai­ment rien d’autre à faire pen­dant la séance d’écriture. Passez le coup de fil à mémé, pour que ce ne soit pas elle qui vous appelle à un moment mal choisi…
Choisissez d’avance l’heure et le lieu de la séance. Éventuellement, cou­pez la connexion réseau de votre ordi­na­teur (c’est facile et sans dou­leur : un clic droit sur la bonne icône…) ; fer­mez au moins les logi­ciels d’alerte type Tweetdeck, le tchat de Facebook etc. Si vous n’avez pas besoin d’ouvrir plu­sieurs fenêtres de tra­vail, bas­cu­lez votre trai­te­ment de texte en mode foca­li­sa­tion ; autre­ment, ouvrez les fenêtres de façon à mas­quer tout l’écran, y com­pris l’image du chien en arrière-plan.

Organisation

Même si ce pro­cédé a ses détrac­teurs (j’en vois notam­ment un qui sou­rit au fond de la salle), essayez d’avoir une cer­taine régu­la­rité d’écriture. Vos séances de pre­mier jet sont courtes, à cause de vos jour­nées de fou ? Ce n’est pas si grave, tant que vous arri­vez à écrire tous les jours.
Si vos moments d’écriture sont trop espa­cés, chaque séance ramè­nera des brouettes de ques­tions du type « Éric est-il blond ? » Donc, pour que le pre­mier jet coule de source, évi­tez au maxi­mum de vous repo­ser sur cette traî­tresse de mémoire… 

Attitude

Enfin, méfiez-vous de vous-même. Les pires dégâts sur votre moti­va­tion, c’est vous qui pou­vez les cau­ser.
Gardez en tête, notam­ment, qu’on n’écrit pas tout de suite comme on le vou­drait. Des amis fana­tiques de Formule 1 m’ont expli­qué le prin­cipe du « tour de chauffe ». En écri­ture, c’est pareil : à chaque séance, il faut quelques lignes, voire quelques pages, pour « chauf­fer les pneus ». L’aisance ne vien­dra pas immé­dia­te­ment. Tant pis pour ces lignes « sacri­fiées ». Laissez-les telles quelles. Vous leur por­te­rez atten­tion plus tard, un jour, quand le pre­mier jet sera bou­clé.
« Quand j’écris, je ferme à double tour les portes de l’inconscient. » Je cite de mémoire cette idée lim­pide de l’écrivain Catherine Clément. Il y a là toute la sim­pli­cité, toute la modes­tie d’une bonne pra­tique d’écriture.
Vous êtes peut-être un imbé­cile, vous êtes peut-être un génie. Ou les deux ; ou autre chose. Lors du pre­mier jet, ce n’est, dans tous les cas, pas le moment de vous obser­ver, de vous regar­der à l’œuvre. Vous ne devez être que cette voix qui parle, quelle que soit la qua­lité de ce qu’elle a à dire. Apprenez, comme Catherine Clément, à ren­voyer le besoin d’introspection dans sa chambre. Le temps de la fierté vien­dra après.

Les 7 précautions

  1. pré­pa­rez votre pro­jet avant de pas­ser à l’écriture
  2. notez dans le fil du texte les points à véri­fier, et les idées supplémentaires
  3. indi­quez les pas­sages insa­tis­fai­sants dans le fil du texte
  4. recher­chez des moments d’écriture calmes, soli­taires et exclusifs
  5. ayez des séances régulières
  6. offrez-vous un « tour de chauffe »
  7. ne vous regar­dez pas écrire : soyez une voix qui parle, ni plus, ni moins

Et main­te­nant, fébrile inter­naute, c’est à toi : com­ment te places-tu par rap­port à la pra­tique du pre­mier jet ?

31 commentaire

  1. GAlm says:

    Merci de cet article et du lien vers le site de Kanata. Le vrai pre­mier jet tel qu’il est défini ici paraît dif­fi­cile à pra­ti­quer… pas une hési­ta­tion, pas une inhi­bi­tion ? Une gageure !

    1. nicolas says:

      Si, je vous assure que c’est pos­sible. En tout cas, cha­cun peut ten­ter d’améliorer sa pra­tique. Essayez, et racontez-nous !

  2. Olivia R. says:

    Un article très inté­res­sant et très agréable à lire, qui remet les points sur les i pour les gens ‑comme moi- per­fec­tion­nistes au pos­sible et que la peur d’être mau­vais empêche d’écrire.

  3. Tom says:

    Super article, m’arrêter en pleine écri­ture, je le fais rare­ment. Mais par­fois ça me bloque tota­le­ment. Je vais donc mettre en pra­tique deux de vos conseils en particulier :
    « notez dans le fil du texte les points à véri­fier, et les idées sup­plé­men­taires » et « ne vous regar­dez pas écrire ».

    Et effec­ti­ve­ment, je ne savais pas ce qu’était un vrai pre­mier jet.

    Toujours un plai­sir de suivre votre blog. Même si les articles s’espacent, la qua­lité reste égale et ça c’est une bonne chose.

  4. charlie says:

    Pour ma part, je retiens sur­tout le prin­cipe de noter dans le texte lui-même ce qu’il y a à reprendre. Pour m’être noyée dans les listes et les notes sur tous sup­ports ima­gi­nables (oui enfin bon, tout est rela­tif quand même !), ça me paraît une très bonne idée, avec le coup des cro­chets pour ne pas sur­char­ger visuel­le­ment le manuscrit.

  5. eponyme says:

    Merci beau­coup pour cet article. Ça me sem­blait essen­tiel de vous remer­cier pour ce temps accor­dés aux écri­vains ama­teurs ou non.

    1. nicolas says:

      Temps qui se réduit beau­coup en ce moment, à mon grand regret. Mais je conti­nue à tra­vailler sur de pro­chains articles, res­tez en alerte !

  6. helsat says:

    Un vrai pre­mier jet ? Ca ne m’est pas arrivé tel que vous le décri­vez, parce que je n’avais pas de plan et que je reve­nais quand même en arrière. Mais le pre­mier cha­pitre écrit, dès que je fai­sais mes courses ou que je cour­rais après le train, d’autres idées me venaient, parce que même en dehors de chez moi et du moni­teur de mon ordi, je n’étais plus que ce roman, je pen­sais sans arrêt à ce roman. Donc, il suf­fi­sait que telle scène me vienne pour que j’appuie sur Espace , hop hop hop et la scène était écrite dix lignes plus bas parce que je savais à peu près où elle était située. La fin m’était aussi venue spon­ta­né­ment, donc après le pre­mier cha­pitre c’est la deuxième chose qui a été écrite. De sorte que je me suis retrou­vée avec des bouts de romans qui se sui­vaient dans un ordre logique mais sans rien qui les liait au début, ce qui n’était pas grave puisque plus le temps pas­sait, plus j’avais d’autres scènes qui me venaient en tête pour lier le tout logi­que­ment (le nombre de : « Oh purée ! je vais pou­voir fice­ler ça comme ça, ça rend le récit encore plus logique par rap­port à ce que je vou­lais faire pas­ser comme idée et ça résoud en même temps tel truc qui me pre­nait la tête ! » qui me venaient subi­te­ment au Monoprix, je vous dis pas…), de sorte que fina­le­ment, tout était… ben logique. Le der­nier jour, il ne me res­tait plus que quelques para­graphes pour cimen­ter ce roman qui s’était construit (et cor­rigé au fur et à mesure) tout seul. Une der­nière cou­ture et voilà, plus un seul trou. Est-ce que cette méthode est la bonne ? Pas for­cé­ment. C’était la bonne pour ce roman-là, j’avais tel­le­ment tout en tête que je n’avais pas besoin de plan. Ca m’a pris deux mois d’écriture pour ce pre­mier jet, et un an pour cor­ri­ger / rapié­cer / rajou­ter un para­graphe ici ou là / chan­ger la ponc­tua­tion, et là j’avais besoin, par contre, de l’imprimer pour pou­voir regar­der ce texte avec un autre oeil…
    Noter les cor­rec­tions à appor­ter en cours d’écriture ? Oui, bien sûr, sur un bout de papier dédié à ça, mais étant donné que je connais­sais chaque pas­sage presque par coeur, pas besoin de sur­li­gnage, je le retrou­vais faci­le­ment et je cor­ri­geais presque tout de suite. Est-ce que c’est un vrai pre­mier jet… pour moi ça l’a été, même si ça ne s’est pas déroulé exac­te­ment tel que vous le décrivez.
    Mais du coup, quand vous dites qu’il faut être une voix qui parle, ni plus ni moins, j’ai tout de même l’impression que c’est ce qui s’est passé étant donné que tout venait assez natu­rel­le­ment, comme si l’histoire exis­tait déjà en dehors de moi (l’écriture auto­ma­tique… ça existe vrai­ment ?). Et comme j’ai pré­cisé plus haut que c’était la bonne méthode pour ce roman-là, ça signi­fie aussi que je n’ai pas réussi à avoir cette flamme pour un deuxième roman. Soit je dois chan­ger de méthode, soit je dois attendre un peu et lais­ser mes per­son­nages vivre leur vie (faire un deuil, quoi) pour pou­voir enfin m’impliquer dans un second et être en mesure d’aimer d’autres per­son­nages. Je n’ai pas encore résolu cette question.

    1. nicolas says:

      Je dirais que ce n’est pas un « pre­mier jet » à pro­pre­ment par­ler. 1 an de réécri­ture et de cor­rec­tion, ça fait quand même beau­coup. L’intérêt de seg­men­ter le tra­vail est que l’on gagne du temps à chaque étape, et le temps, dans une vie d’écrivain, c’est ce qui manque le plus. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est ce cher
      http://www.kanatanash.com/

      D’après ce que vous dites, vous avez aussi tra­vaillé sans plan. Je ne dis pas que cette méthode est mau­vaise, mais le fait d’injecter de la logique au fur et à mesure, et selon l’inspiration trou­vée à Monoprix, est quand même ris­qué. En géné­ral, à la relec­ture de l’ensemble, on se rend compte que ce qui sem­blait tenir ensemble com­porte toutes sortes de pro­blèmes, et si on touche à un mor­ceau de la construc­tion, tout s’écroule…

      Il peut y avoir quelque chose de vrai­ment décou­ra­geant dans la « redes­cente » ; peut-être est-ce pour cela que vous avez du mal à vous y remettre ?

  7. Estampe says:

    cet article est très bien écrit, je vais le suivre de A à Z 🙂 Je lis beau­coup de bou­quins (briques) et il y en a cer­tains qui m’inspirent beau­coup, je com­mence à écrire, mais chaque fois, je bifurque sur un moment du livre que je viens de lire.… par exemple, je lis The hun­ger games, et dans mon his­toire, le per­son­nage prin­ci­pal est alors envoyer dans une arène de ce genre.…. ne sau­riez-vous pas y remédier ?
    sin­cè­re­ment, votre site est superbe ! 😉 bonnes continuations !

    1. nicolas says:

      Oui, tout le fond du pro­blème est ici…
      Si c’est à ce point-là, il fau­drait peu-être arrê­ter com­plè­te­ment de lire, pen­dant le temps où vous écri­vez le pre­mier jet…

  8. isallysun says:

    Je suis bien d’accord avec le fait de ne pas s’embêter avec 10000 détails de voca­bu­laire lors d’un pre­mier jet, à la recherche du mot par­fait, par­fait. Mais lorsqu’on a en tête une des­crip­tion du mot, sans même avoir le mot sur le bout de la langue, autre­ment dit qu’aucun mot, même vague, ne nous vient en tête, que faire pour ne pas être bloqué ?

  9. helsat says:

    Oui, effec­ti­ve­ment, je suis d’accord avec vous en théo­rie. Il me sem­blait aussi que s’il y aurait quelque chose à chan­ger, tout l’équilibre du reste s’écroulerait alors for­cé­ment ça m’angoissait un peu. Pourtant, je reste convain­cue que si on laisse l’inconscient par­ler au fur et à mesure, ça peut don­ner jus­te­ment un roman logique qui aura lui aussi ses chances d’aboutir. Je ne dis pas que ça sera le cas pour tous, d’abord parce que je n’y connais pas encore grand chose, et ensuite parce que je n’en ai écris qu’un seul jusque là. Voilà pour­quoi je pré­cise que je suis d’accord avec vous sur le prin­cipe : s’il vaut mieux avoir des plans pour cer­tains romans, d’autres n’en auront pas for­cé­ment besoin. Peut-être cela dépend-il de chaque auteur et sur­tout, pour un même auteur, du roman qu’il écrit ? Une his­toire aura besoin de plan, l’autre non… En tout cas, pour celui-ci, appa­rem­ment cela a vrai­ment porté ses fruits puisqu’il y a des chances qu’il soit édité cette année. Il n’y a pas encore de signa­ture défi­ni­tive, mais un accord ver­bal a été pris, donc c’est en bonne voie. Mais c’est vrai que j’ignore si pour un second, je tra­vaille­rai de la même manière…
    Et concer­nant votre autre com­men­taire, oui, un an me parais­sait un peu beau­coup, sim­ple­ment parce que je suis très tâtillonne et qu’au bout d’un moment, il faut quand même arrê­ter de tri­tu­rer son récit. Mais comme mes cor­rec­tions ne por­taient que sur un mot, une vir­gule, une phrase ou une cor­rec­tion gram­ma­ti­cale (puisque je n’avais pas osé faire lire à qui que ce soit, il fal­lait bien que me tape ces cor­rec­tions moi-même alors à chaque fois qu’il me pre­nait l’envie de le relire, d’autres cor­rec­tions appa­rais­saient), le contenu lui-même n’a pas changé, donc ça n’a pas été une souf­france non plus. Là encore, ça a peut-être été long, mais l’éditeur m’a pré­cisé que jus­te­ment, on voyait que le manus­crit avait été bien tra­vaillé, ce qui le fai­sait sor­tir du lot par rap­port aux autres manus­crits reçus… Certes, il y a tou­jours un tra­vail édi­to­rial qui inter­vient après coup, avec d’autres cor­rec­tions, mais quand dans la pre­mière étape il est néces­saire d’être remar­qué par le comité édi­to­rial qui en reçoit des cen­taines tous les mois, peut-être le fait d’avoir lon­gue­ment tra­vaillé son récit est un cri­tère qui va peser dans la balance. Mais je pense qu’on apprend au fur et à mesure… et que pour les romans sui­vants, si romans sui­vants il y a, on devient plus effi­cace dans sa méthode de tra­vail et qu’on perd moins de temps… L’avenir nous le dira !
    Bonne journée.

    1. nicolas says:

      Non, non, croyez-moi, faire un plan est béné­fique quel que soit le type de pro­jet. Et les romans qui nous paraissent le plus éche­ve­lés sont sou­vent ceux qui ont été le plus minu­tieu­se­ment préparés…

      Remarque de détail : vous écri­vez « puisque je n’avais pas osé faire lire à qui que ce soit, il fal­lait bien que me tape ces cor­rec­tions moi-même »… Attention à la confu­sion. Si vous y allez avec cet état d’esprit, vous aurez du mal à trou­ver des gens pour vous relire. Vos relec­teurs ne sont pas là pour cor­ri­ger le texte à votre place 😉 L’aide qu’ils peuvent vous appor­ter se situe au niveau des idées, des inco­hé­rences etc. S’ils vous rendent votre manus­crit et que les remarques portent majo­ri­tai­re­ment sur les vir­gules, vous avez gâché l’occasion…

      Enfin, méfiez-vous d’un accord ver­bal. Dans l’édition, cela ne vaut à peu près rien…

  10. Tom says:

    Je reviens ici pour vous faire part de mon expé­rience depuis la lec­ture de votre article. Je vais être bref, il m’a bien servi et me per­met par­fois, même si j’écris pas tou­jours de la sorte, de faire un vrai beau pre­mier jet sur une par­tie de mon texte.
    Merci bien, donc et à une pro­chaine fois pour de nou­veaux conseils.

  11. Edmond Marcks says:

    Bonjour,

    Je suis moi même un jeune écri­vain, votre article est très inté­rés­sant. Je m’y retrouve un peu dedans.

    Auriez vous des conseils concer­nant l’édition même du livre ? Des mai­sons à me conseiller par exemple.

    Je vous sou­haite une bonne jour­née. Au revoir.

  12. Antoine says:

    Bonjour et merci pour cet article, où je vous retrouve sur bien des points ; je suis moi-même jeune écri­vain et déve­loppe mon propre blog,
    http://www.ecristonmonde.com
    ; l’un des pre­miers conseils que je donne concer­nant l’écriture, c’est la régu­la­rité dans le tra­vail, peu importe en effet d’écrire peu, du moment que l’on pro­duit de façon régu­lière. Un seul mot d’ordre : l’action, à bas la procrastination 😉
    Très bonne année 2014, pleine de mots et d’imaginaire…
    Bien à vous,
    Antoine Calmel

    1. nicolas says:

      Oui, ma foi, j’ai déjà été plus clair…

      J’appelle « tour de chauffe » (voir au-des­sus) les quelques pages écrites « pour rien », pour s’entraîner. Ne négli­gez pas cette étape.

  13. FullDarkTyler says:

    J’ai lu beau­coup d’ar­ticles type « Conseils aux écri­vains »… Celui-là est le 1er qui me semble vrai­ment « concret »… Merci.

  14. Marine G. says:

    Bonjour,

    Je suis une écri­vaine encore débu­tante en la matière (j’ai 14 ans), et je dois dire que cet article m’est très utile !
    J’ai déjà conçu le plan entier de mon his­toire, et je mets déjà mes idées entre cro­chets, au fil des pages. En ce qui concerne le sur­li­gnage dont vous avez parlé, j’a­voue que je n’a­vais pas eu l’idée !
    Pour ce qui est des doutes au fil de l’his­toire, j’ai ten­dance à reve­nir en arrière, par­fois très loin, pour aller récu­pé­rer l’in­for­ma­tion… main­te­nant, je sais qu’il ne faut plus le faire !

    Mon pro­blème est prin­ci­pa­le­ment que je réflé­chis beau­coup trop sur les phrases que j’é­cris, et j’ai ten­dance à reve­nir en arrière, à me relire pour me remettre dans l’his­toire… ça me ralen­tis énor­mé­ment, et j’ai l’im­pres­sion de perdre un temps fou à faire tout ça… sans doute mon sou­cis de bien faire ! 

    Et puis, j’ai un autre sou­cis… c’est que mon his­toire com­prend 80 000 mots, et je n’en suis qu’à la moi­tié. J’ai l’im­pres­sion d’a­voir fait trop de pages, et je ne sais pas trop com­ment rac­cour­cir, parce que j’ai l’im­pres­sion que tous les détails que j’é­cris sont utiles et importants. 

    Mais quoi­qu’il en soit, votre article m’a apporté de nom­breux éclair­cis­se­ments sur le pre­mier jet, et j’es­père réus­sir à écrire cette his­toire à un rythme un peu plus rapide, avec flui­dité plu­tôt que de m’ar­rê­ter à chaque fois pour réfléchir !

    Vos conseils me seront d’une très grande aide dans l’é­cri­ture de ma fic­tion, qui me prend beau­coup de temps mais qui me tient vrai­ment à cœur d’écrire.
    En tout cas, merci beau­coup pour cet article, qui met la lumière sur mes doutes et mes blocages !

  15. Marine G. says:

    Bonjour/bonsoir,

    J’ai trouvé cet article très inté­res­sant ! Je suis une « écri­vaine » qui débute en la matière (j’ai 15 ans).
    J’écris une fic­tion, et j’ai quelques dif­fi­cul­tés pour le pre­mier jet. Grâce à vos conseils, j’ai com­pris que je m’y prend mal : je n’ar­rête pas de reve­nir en arrière, de chan­ger ma phrase car je ne la trouve pas assez bien.
    Je perd énor­mé­ment de temps à rec­ti­fier chaque phrase, à reve­nir en arrière pour chan­ger cer­tains détails… si bien que quand j’é­cris, j’ai par­fois l’im­pres­sion de ne pas voir le bout du tunnel !

    Pourtant, j’ai déjà fait un plan détaillé de mon his­toire, du début à la fin, mais au cours de mon écri­ture, j’ai d’autres idées, ou je me prend la tête avec les idées que j’ai déjà prévu de mettre. Je mets donc toutes mes idées entre cro­chets pour ne pas être perdue.
    De plus, j’ai ten­dance, je crois, à beau­coup détailler… à moins que j’ai trop de choses à racon­ter, mais quoi­qu’il en soit, mon his­toire est déjà longue alors que je n’en suis qu’à peine au milieu ! En fait, j’en suis à plus de 80 000 mots déjà, et j’ai vu qu’un roman en moyenne comp­tait déjà ce nombre de mots… Je ne sais donc pas si ça pose pro­blème de faire un livre trop long, j’ai­me­rais bien avoir votre avis…

    Quoiqu’il en soit, vos conseils vont beau­coup m’ai­der. ça m’a fait rire parce que je me suis recon­nue dans cer­tains d’entre eux… et désor­mais je sais quelles erreurs sont à ne plus refaire et quelle méthode adopter. 

    Cet article a apporté des éclair­cis­se­ments à mes doutes et blo­cages qui me fai­saient perdre du temps.
    Grâce à vous, je vois un peu plus la lumière au bout du tun­nel, alors merci.

    1. Et vous avez dû reta­per tout votre message…
      Merci en tout cas pour ce témoignage.
      Peut-être que si votre texte vous semble trop long, c’est qu’il devrait être scindé, ou qu’il y a trop de per­son­nages ; deman­dez-vous aussi si tout ce qui arrive est réel­le­ment inté­res­sant et illustre votre idée centrale…
      Je ferai un jour un article sur le sujet, je pense…

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