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5 idées dérangeantes
sur le métier d’écrire

par | 14 commentaires

Ce que vous allez apprendre dans cet article :

  • Contraintes, inspiration, génie… la réalité derrière le cliché

On est vendredi, le week-end s’annonce, Noël arrive bientôt, tout va bien… Et si on se faisait une petite injection d’énervium ?
Aujourd’hui, je vous propose de réfléchir à cinq propositions dérangeantes sur l’écriture, le métier d’écrire. Ce sont des idées qui me sont venues un jour ou l’autre, et que je voudrais confronter à votre vécu à tous. N’hésitez pas à ronchonner contre cet article : il est là pour ça.

Pour écrire, il faut des contraintes

Quelles sont les meilleures conditions pour écrire ? Se trouver dans un beau bureau, face à la mer, par une jolie matinée de juin, avec tout le temps du monde devant soi ? Ou dans une chambrette qui sent le moisi, en volant du temps au sommeil, et avec la télé du voisin comme bruit de fond ?
La bonne réponse, autant que je puisse m’en rendre compte après 20 ans de pratique, est la deuxième. On n’écrit bien, on n’est prolifique que sous la contrainte. Nous rêvons tous de conditions idéales, mais dès que nous en avons (vacances, bourse d’écriture…) nous ne faisons plus rien. Parce qu’écrire, c’est toujours un peu voler, dérober. Sans contrainte, pas de nécessité intime. Et sans nécessité, pas d’œuvre.

L’inspiration n’existe pas

Ou si elle existe, c’est une sale peste qu’il faut prendre par les cheveux et secouer très fort. Il faut la déclencher, la harceler pour qu’elle se mette à l’ouvrage. S’asseoir et laisser venir ne donne jamais rien.
Regardons les choses en face : nous connaissons tous des moments de grâce, dans notre écriture. Mais il n’y a aucun mystère là-dedans, aucune fatalité. En général, ces moments proviennent de bonnes contraintes d’écriture (c’est-à-dire de mauvaises conditions, voir ci-dessus), d’un certain délai de jeûne littéraire (on écrit mieux quand on n’a pas touché le clavier depuis quelques temps) et/ou d’un sentiment fort (colère, amour, frustration…) Aucun mystère là-dedans, aucune pseudo-mystique bien commode. Si on veut écrire beaucoup et bien, il faut se créer les bonnes conditions, et ne pas attendre le miracle.

Les bons textes suivent certaines règles

Parce que l’écriture est à la fois un média artistique et artisanal, écrire sans règle n’est pas écrire. Les règles n’ont rien de dictatorial : si l’on creuse un peu, si l’on fait l’effort de les examiner, on voit bientôt leur raison d’être. Bien sûr, il est plus facile d’écrire n’importe quoi, et de le revendiquer comme un choix. Mais la règle est, pour peu qu’elle soit comprise et acceptée, un moteur cent fois plus puissant que la liberté pure. Pourquoi ? Parce qu’écrire, c’est ruser, et qu’il faut à l’écrivain des « tu dois » à contourner, à détourner, pour se réaliser complètement dans sa pratique. L’écriture est un art de l’esquive.

Question élégance naturelle, Jojo le Pachyderme avait encore des efforts à faire. Et ne parlons pas de sa manière d'écrire.

Question élégance naturelle, Jojo le Pachyderme avait encore des efforts à faire. Et ne parlons pas de sa manière d’écrire.

Le génie n’existe pas

Êtes-vous capable de définir le génie ? Moi pas. Et croyez-moi, j’ai essayé. Durant cinq ans, à la faculté. Les définitions qu’on m’a données ne collaient, pour moi, à aucun écrivain mort ou vivant. Partout où on m’a montré une surhumanité de l’écriture, j’ai vu le travail, j’ai vu le talent. Je n’ai jamais vu le divin.
Les génies n’existent pas. Il y a simplement des créateurs plus subtils, plus élégants que les autres, qui ont la noblesse de dissimuler leur effort derrière une apparente aisance. En tant que lecteurs, nous pouvons goûter cette aisance, et chercher ce qui se cache derrière. En tant qu’auteurs, nous pouvons la rechercher dans nos écrits.
Mais ne nous décourageons pas, sous prétexte qu’il existe des génies et des artistes « standard ».
Il n’y a que les artistes « standard ».

Écrire est un travail de groupe

Soutien moral, relecteur, correcteur, conseiller, éditeur, illustrateur, metteur en page, imprimeur, relieur, représentant, chauffeur-livreur, libraire, critique littéraire…
Vous êtes écrivain ? Bien. Êtes-vous aussi tous ces métiers ? Sans exception ? Non, n’est-ce pas ?
Pouvez-vous affirmer, sans mentir très fort, que vous êtes la seule personne indispensable dans la chaîne qui fait votre livre ? Non, n’est-ce pas ?
Certes, vous êtes le ou la solitaire de l’équipe, le libéro, ainsi que le point d’origine. Mais vous n’êtes pas seul(e), jamais. Un livre est une œuvre commune, quelle que soit la formule choisie ; oui, même dans l’auto-édition, vous ne faites pas tout tout(e) seul(e).
Et franchement, quand on voit la masse de travail que représente un manuscrit, voilà plutôt une bonne nouvelle, non ?


Alors dis-moi, mélodieux internaute : peut-être es-tu frustré ? Peut-être voudrais-tu que je développe l’un de ces points ? Ou bien as-tu toi aussi un point de vue iconoclaste sur l’écriture ?

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