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Manuscrit refusé  :
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Ce que vous allez apprendre dans cet article :

  • Le courrier de refus, côté éditeur
  • 10 phrases-types décryptées
  • « Encaisser » le refus

Les courriers de refus d’éditer ne sont jamais bienvenus. Pourtant, un manuscrit refusé peut vous faire progresser ; apprenez à lire la lettre de refus…

Si vous démarchez régulièrement les maisons d’édition, vous recevez, tout aussi régulièrement, des lettres de refus.

Par ce document, l’éditeur vous fait savoir qu’il ne retiendra pas votre manuscrit pour publication.

Vous avez le droit de déchirer le courrier en tout petits confettis, que vous brûlerez ensuite en poussant des cris sauvages, avant d’aller jeter les cendres dans un grand lac d’acide.
Et puis vous pouvez aussi relire ledit courrier. Au mieux, vous y trouverez des raisons d’espérer. Au pire, des enseignements pour la soumission suivante.

Manuscrit refusé ?

Que d’espoirs, que de fausses joies…
… avant d’être imprimé
et d’entrer dans le circuit.

L’esprit de la lettre

Vous avez sans doute lu des témoignages amers, sur le Net, à propos des lettres de refus. La “lettre-type”, contre laquelle personne n’a de mots assez durs. Alors laissez-moi vous raconter en quelques lignes ma propre expérience.

Quand j’ai débarqué dans la maison où je travaillais, on m’a évidemment mis au service “manuscrits”. Boulot passionnant, il faut le dire sans aucune ironie. Comme je voulais faire de mon mieux, je rédigeais des refus très argumentés, avec compliments, critiques, conseils etc.

Régulièrement, ma patronne me passait le téléphone en ricanant : « Nicolas, quelqu’un pour vous. » C’était un auteur qui venait de recevoir son refus ; qui voulait en savoir plus ; apprendre le pourquoi du comment ; m’expliquer que peut-être, une nouvelle lecture… ; que les défauts pointés n’étaient sans doute pas si graves…
J’ai vite compris. J’ai arrêté les refus détaillés.

Parfois, mon démon me reprenait. J’avais envie d’aider, de donner un coup de pouce. Alors, vous savez ce que je faisais ? Je relisais le courrier d’accompagnement du manuscrit. S’il paraissait interminable ou prétentieux, je me disais « Attention, c’est un chieur ! »
Et j’envoyais une lettre de cinq lignes. Tant pis pour mes élans de bonne volonté.

Tout ce qui n’est pas « oui » n’est pas « non »

  1. Refus sans argument : ce type de courrier reste très rare, et heureusement : vous ne pouvez absolument rien en tirer ;
  2. « Votre ouvrage ne correspond pas à notre ligne éditoriale » : aussi incroyable que cela puisse paraître, il s’agit d’un refus argumenté. Cessez de voir là une excuse facile, balancée dans un courrier-type. Si votre manuscrit n’entre pas dans la ligne, eh bien vous vous êtes trompé : soit vous avez mal ciblé l’éditeur, soit votre texte est mauvais, et il ne correspondra à aucune “ligne” d’aucun éditeur ;
  3. « Notre planning est trop chargé pour éditer votre livre » : prévoyez de refaire la même démarche dans un an ou deux. Parfois même, l’éditeur, de lui-même, conservera votre manuscrit, pour remettre la décision sur la table une fois qu’il aura retrouvé un rythme de croisière. Notez quand même de le relancer. Ces gens-là ont une mémoire de… lion ?
  4. « Pour vos démarches futures, nous vous conseillons de… » : ça, c’est si vous n’avez pas lu de près les articles de ce blog (par exemple sur la manière de présenter son manuscrit, ou sur le courrier d’accompagnement) ; vous avez démarché l’éditeur n’importe comment ! Par exemple, vous avez joint à l’envoi une photo de votre petite sœur en lingerie. Tenez compte des conseils exprimés dans le courrier de refus : l’éditeur pourrait aussi garder le silence, et vous laisser répéter la même gaffe auprès de tous ses concurrents ;
  5. « Nous vous suggérons de vous adresser plutôt à… » : Voilà des informations fort précieuses ! Ce professionnel, qui connaît a priori mieux son petit monde que vous, vous aiguille dans votre recherche ; complétez d’urgence votre listing de soumission ;
  6. « Nous ne saurons pas défendre efficacement votre ouvrage en librairie » : soit c’est un éditeur très petit et très franc, soit votre projet présente vraiment un problème. Si vous collectionnez les refus de ce genre, la solution du compte d’auteur devient assez légitime ;
  7. « Nous pensons que votre texte nécessiterait plus de travail, notamment… » : ne vous vexez pas ! Vous pouvez suivre ou non la recommandation, mais remerciez le saint patron du Livre d’avoir rencontré cette maison consciencieuse, qui vous estime au point de vouloir vous aider ;
  8. « Si vous retravaillez votre texte dans le sens indiqué, nous pouvons éventuellement revenir sur notre décision » : ça peut valoir le coup. Parlez-en avec vos bêta-lecteurs (= vos lecteurs sérieux, pas votre entourage). Soupesez, et prenez votre décision. Si vous décidez de suivre la demande de la maison d’édition, allez-y à fond, sans regrets. Pas question de faire semblant : ce courrier n’engage en aucun cas la maison à vous publier ;
  9. « Nous ne pouvons éditer votre projet, mais nous serions heureux de lire d’autres textes de vous » ou « Nous réfléchissons à une collection dans laquelle vous pourriez peut-être figurer » : la mauvaise nouvelle, c’est qu’il s’agit toujours d’un refus. Reprenez votre manuscrit et portez-le ailleurs. La bonne nouvelle, c’est que vous voilà remarqué, et apprécié, par une maison d’édition. Vous avez du (bon) pain sur la planche, et peut-être un chance de publier un livre chez elle un jour ;
  10. « Nous vous conseillons de vous adresser de notre part à… » : le Graal des courriers de refus ! Le « de notre part » fait toute la différence. Si un éditeur vous recommande à un confrère, c’est qu’il vous veut vraiment du bien ! Démarchez ce nouveau contact en priorité, dès que vous récupérerez un exemplaire de votre texte.

 

Manuscrit refusé : est-ce qu'ils s'en tamponnent vraiment ?

Mon manuscrit, l’éditeur s’en tamponne !

Manuscrit refusé : que faire ?

Que faire du courrier de refus ? Percez-y deux trous et rangez-le dans un classeur. Ne tenez pas la jambe à l’éditeur. Ne lui renvoyez pas un courrier incendiaire. Ne payez pas un marabout pour l’envoûter. Il ne veut pas publier votre livre ? Prenez acte, et passez à la suite.

Dans tous les cas, un courrier de refus ne signifie pas la fin des haricots. Vous le savez sans doute, il ne faut pas placer tous vos espoirs dans une seule maison. La campagne de soumission fonctionne par envois, retours, nouveaux envois etc.

Voyez ça comme le loto : plus l’on joue, plus on augmente ses chances, un jour, d’éditer un livre…

… À condition de ne pas faire n’importe quoi !


Et toi, brave internaute ? As-tu déjà été refusé ? Comment cela s’est passé ?

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