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Pastiches de Twilight
par des écrivains connus

par | 16 commentaires

Ce que vous allez apprendre dans cet article :

  • Jeux de pastiches
  • Les clichés scénaristiques d’une vingtaine d’écrivains connus

Les pastiches c’est fastoche ! Cette semaine, je vous traduis un article fort intéressant et quelque peu barré, que j’ai trouvé écrit par une certaine Lizzie Stark. Comme on dit là-bas : Enjoy !

Et si les grands auteurs nous écrivaient leurs pastiches de Twilight ?

Et si les grands auteurs nous écrivaient leurs pastiches de Twilight ?

« Comme je le mentionnais dans un précédent billet, le problème principal avec Twilight ne vient pas de ses vampires étincelants, dépourvus de tous les points faibles traditionnels, ni de son orientation anti-féministe. Quand vous vous plongez dedans, le problème est que son écriture est horrible, remplie de clichés ( »il la couvait des yeux« ), de répétitions (294 »yeux » sur 498 pages) et la caractérisation de ses personnages principaux, trop sommaire (Bella est maladroite, et je crois bien qu’elle aime les livres. Ou un truc du genre).

Lors d’un récent voyage en voiture avec mon mari et l’écrivain Chip Cheek, on rumina la question : et si de grands auteurs de la littérature des 200 dernières années avaient rédigé Twilight ?

Les pastiches littéraires de Lizzie

Herman Melville

« Appelle-moi Bella. » Un ouvrage, de la longueur de toute la série originale, qui traite de la quête monomaniaque de Bella, à la recherche du vampire qui lui a volé sa virginité. Il y a notamment un chapitre entier réservé à la description de la pâleur dévastatrice d’Edward, et plusieurs autres sur la physiognomonie des vampires, à commencer par l’apparence extérieure de leur structure osseuse.

Virginia Woolf

Le roman se déroule sur 24 heures, durant lesquels Bella peint un portrait d’Edward, et réfléchit au fait que sa féminité restreint son rôle dans la société du XXe siècle.

Cormac McCarthy

Dans la scène d’ouverture, Edward éclate la tête de Bella contre un rocher et viole son cadavre. Puis, Jacob et lui se lancent dans une étrange équipée sanglante à travers l’ouest américain.

Jane Austen

Fondamentalement, la même histoire que dans l’original, excepté que Bella n’est pas une inadaptée sociale, et qu’elle se montre incroyablement spirituelle. Sa méfiance envers Edward a commencé suite à une tragique méprise à propos de la personnalité de celui-ci. Mais après une aventure avec Jacob, durant laquelle il l’agresse sexuellement (ce qui n’amuse personne dans cette version), elle et Edward vivent heureux pour toujours.

George Saunders

La même chose que l’original, mais dans un parc d’attractions. D’une façon ou d’une autre, un gang de robots est impliqué, ce qui détourne le lecteur de la saveur profonde de l’histoire d’amour d’Edward et Bella.

Raymond Carver

Bella joue le rôle de la serveuse alcoolique qui a des problèmes avec son père. Edward, le profiteur classique, l’exploite. Lorsque Jacob, le vieil ami de Bella, lui rend visite, il est choqué en voyant ses contusions. Elle envisage de s’enfuir, mais à la place, se tourne vers la bouteille de gin. Dur dur.

Annie Proulx

Là-haut, dans les montagnes, Edward et Jacob foulent aux pieds ce que la société attendait d’eux.

Lewis Carroll

Bella prend de l’acide et invente des syllogismes.

James Joyce

L’amour avare d’Edward pour Bella reflète la façon dont la mondialisation a ravagé l’Irlande. Le livre est entièrement en espéranto, avec des sections en grec (non traduit), excepté le chapitre 40, qui est, inexplicablement, présenté comme une page du script de la comédie musicale Le livre des Mormons.

Dorothy Parker

Bella écrit une brillante critique de la dernière pièce de théâtre de l’école, sort avec une ribambelle de garçons, et tente régulièrement de se suicider.

Kate Chopin

Étouffée par son mariage avec Edward, Bella a une aventure avec Jacob puis se suicide par noyade.

Ernest Hemingway

Edward et Bella échangent des discussions laconiques, faisant allusion au problème anatomique d’Edward. Finalement, Bella le quitte pour Jacob, un torero local qui a un grand… sens de la justice.

Flannery O’Connor

Lorsque l’Indien loup-garou Jacob menace de la tuer, Bella reconsidère son racisme viscéral et, le temps d’une milliseconde, les lecteurs la trouvent sympathique.

Ayn Rand

Edward dit à Bella qu’il ne lui sauvera plus la vie, à moins qu’elle commence à le payer en lingots d’or. Une baise immonde s’ensuit, et Jacob crache sur la philosophie objectiviste durant 100 pages. »

Un peu moins d’eau dans mon pastiche, merci

Je ne résiste pas à la tentation (eh oui) d’y ajouter quelques « hexagonaux » :

Émile Zola

Edward, un nanti, rêve de fraternité avec ses frères humains délaissés par le Progrès. Son amour pour Bella, une égérie du mouvement ouvrier, n’y est pas étranger. Hélas, les grandes grèves éclatent. Les gendarmes, commandés par le capitaine Jacob, tirent sur la foule. Bella se fait tuer sur les barricades, et Edward finit le cerveau grillé par son addiction au sang. La dernière scène apporte une note d’espoir : Alphonse, l’enfant secret de Jacob et Bella, se lance sur les chemins par un matin radieux…

Antoine de Saint-Exupéry

Bella rêve de vampires, et elle parcourt le monde pour en rencontrer un. Elle fait le tour de la Terre, vit des aventures de toute sorte, insolites, pleines d’enseignements et de poésie. Et lorsqu’elle trouve enfin Edward, elle meurt. Mais Edward pense toujours à elle en regardant les étoiles.

Montaigne

Dans un essai intitulé « Des fort piteux vampires et autres lamies », l’auteur nous parle de la triste condition des suceurs de sang, qui se voient grands seigneurs mais qui sont esclaves de leur dépendance. Il raconte un épisode de son voyage en Italie où on lui montra Edward et Bella, un couple de petits vieux complètement fondus.

Gustave Flaubert

Bella s’aperçoit, à la fin du roman, qu’Edward n’est qu’un pâle crétin arriviste, qu’il n’est pas plus vampire que vous et moi, et qu’elle a lu trop de bit-lit, ce qui lui a embrumé le jugement. C’est décidé, maintenant, elle aimera Jacob : lui, au moins, c’est un vrai loup-garou.


Voilà, j’ai épuisé tous les jeux de mots vaseux que je pouvais imaginer avec « pastiche »…

A ton tour, coruscant internaute ! complète la liste : que donnerait Twilight dans les mains de tes écrivains fétiches ?

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