9 bonnes raisons de faire appel à un conseiller littéraire
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Conseiller littéraire, conseiller éditorial... Le mot est à peu près explicite, la fonction... pas si évidente. Dans une question que l’on me posait encore hier, j’ai pu mesurer l’étendue de votre méconnaissance.
La question était simple : « J’ai fait revoir mon texte par un conseiller littéraire, il m’a fait des remarques et donné des pistes et maintenant, je n’ose plus y toucher. Je n’ai plus l’impression que c’est le mien. »
Pourquoi demander l’avis d’un professionnel ? Comment, ensuite, s’en servir ? Des éléments de réponse ont déjà été donnés à plusieurs endroits du blog. En voici d’autres, avec un petit point sur la question.
Un texte littéraire n’est pas une chose finie et parfaite. Sur cette question, les très jeunes auteurs sont les plus difficiles à convaincre. Lorsqu’ils prennent un peu de bouteille, ils se rendent compte en général de leurs points faibles, et de la valeur que représente un Å“il extérieur, objectif et équivalent à celui du lecteur.
Votre conseiller vous offre un peu d’objectivité, ce qui, en écriture, est un bien rarissime. Il est, peut-être même, le seul sur lequel vous appuyer pour savoir ce que vaut vraiment votre texte à l’instant t.
Un conseiller littéraire peut vous aider dans vos démarches (voir ici ou ici) mais seulement s’il connaît bien votre texte ; s’il a contribué à son amélioration. Vous ne pouvez pas lui demander de préparer votre dossier de soumission ou un listing d’éditeurs, si vous déniez toute légitimité à ses avis.

- Le conseiller éditorial, une question épineuse ?
Il vous éclaire sur ce monde que vous ne connaissez pas, et dans lequel vous arrivez souvent avec des idées reçues : l’édition. Exemples : « la ligne éditoriale c’est du bidon » « l’auto-édition, c’est la liberté. »...
Un conseiller littéraire ne veut pas vous décourager ou vous désespérer. Ses avis seront peut-être durs, mais le métier d’écrivain s’apprend. Votre conseiller est là pour repérer vos difficultés et vous conseiller sur les points à travailler (exemple : ici et ici). C’est, au fond, comme un nutritionniste : il examine votre régime et vous indique ce que vous pourriez changer pour aller mieux, en accord avec votre mode de vie. A vous ensuite de faire le travail pour changer... ou pas.
Êtes-vous prêt à être lu ? Vous n’imaginez même pas à quel point votre lecteur, n’importe lequel, va transformer, en pensée, ce que vous lui racontez. C’est un fait contre lequel vous ne pouvez rien. Votre conseiller littéraire, qui se place en quelque sorte en « super-lecteur », vous renverra ce genre de réaction. Il n’a pas vu les choses comme vous les racontiez ; et tant mieux ! Il vaut mieux que ce soit lui qui repère les problèmes, qu’un éditeur, avec le pouvoir de dire oui ou non, ou un journaliste, avec le pouvoir de faire et défaire la réputation d’un écrivain.
Êtes-vous prêt à changer ? Si non, un conseiller littéraire ne vous servira à rien, sauf à vous frustrer, comme le remarquait le commentateur à l’origine de cet article.
Êtes-vous prêt à travailler (encore) ? Si non, inutile de chercher un conseiller littéraire ; votre conseiller forme avec vous un duo, un binôme. Vous n’avancerez pas si vous refusez a priori votre part de travail. Imaginez que vous allez dans un club de fitness pour perdre quelques kilos : vous vous sentirez surpris lorsque le coach vous montrera le rameur et vous dira « maintenant, on rame » ?
Êtes-vous prêt à être contredit ? Depuis le premier mot écrit jusqu’au dernier exemplaire vendu, un livre est affaire de compromis. Vous, auteur, vous devrez composer avec les limitations du lecteur, avec les envies et les compétences de l’équipe technique (éditeur, graphiste, banquier...), mais aussi avec notre pauvre vocabulaire et notre langue bien imparfaite... Autant d’occasions de frictions, de débats, et de consensus. Êtes-vous prêt pour cela ? Si non, le mieux reste peut-être d’oublier votre projet au fond de votre mémoire, et de vous tourner vers une activité vraiment indépendante, comme... comme laquelle, au fait ?
Ce tour de questions vous a-t-il aidé ? Vous avez des objections à faire ? Allez-y, n’hésitez pas. Le conseil littéraire est une belle question, qui mérite mûre réflexion.
En attendant, vous qui avez sollicité un conseil et ne savez quoi en faire, je vous conseille le petit exercice suivant : prenez deux-trois pages de votre texte. Ne dites rien à personne. Réécrivez-les, en suivant honnêtement les conseils qu’on vous a donnés. Trois pages, pas plus. Puis comparez, toujours en toute honnêteté, les deux textes. Franchement, cette nouvelle version (qu’elle soit meilleure ou pire que la première), est-elle moins la vôtre que la première ? Ce nouveau texte n’est-il pas pas richement, fondamentalement, lui aussi, le vôtre ? Faites le test !
Et si vous n’êtes toujours pas convaincu, rappelez-vous une dernière chose : sur les questions littéraires, la décision finale vous reviendra toujours.

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