9 bonnes raisons de faire appel à un conseiller littéraire

dimanche 11 mars 2012
par  Nicolas Kempf
popularité : 3%

Conseiller littéraire, conseiller éditorial... Le mot est à peu près explicite, la fonction... pas si évidente. Dans une question que l’on me posait encore hier, j’ai pu mesurer l’étendue de votre méconnaissance.
La question était simple : « J’ai fait revoir mon texte par un conseiller littéraire, il m’a fait des remarques et donné des pistes et maintenant, je n’ose plus y toucher. Je n’ai plus l’impression que c’est le mien. »
Pourquoi demander l’avis d’un professionnel ? Comment, ensuite, s’en servir ? Des éléments de réponse ont déjà été donnés à plusieurs endroits du blog. En voici d’autres, avec un petit point sur la question.

 Tout texte est perfectible

Un texte littéraire n’est pas une chose finie et parfaite. Sur cette question, les très jeunes auteurs sont les plus difficiles à convaincre. Lorsqu’ils prennent un peu de bouteille, ils se rendent compte en général de leurs points faibles, et de la valeur que représente un Å“il extérieur, objectif et équivalent à celui du lecteur.

 L'objectivité n'a pas de prix

Votre conseiller vous offre un peu d’objectivité, ce qui, en écriture, est un bien rarissime. Il est, peut-être même, le seul sur lequel vous appuyer pour savoir ce que vaut vraiment votre texte à l’instant t.

 Implication

Un conseiller littéraire peut vous aider dans vos démarches (voir ici ou ici) mais seulement s’il connaît bien votre texte ; s’il a contribué à son amélioration. Vous ne pouvez pas lui demander de préparer votre dossier de soumission ou un listing d’éditeurs, si vous déniez toute légitimité à ses avis.

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Le conseiller éditorial, une question épineuse ?

 Votre guide dans le monde de l'édition

Il vous éclaire sur ce monde que vous ne connaissez pas, et dans lequel vous arrivez souvent avec des idées reçues : l’édition. Exemples : « la ligne éditoriale c’est du bidon » « l’auto-édition, c’est la liberté. »...

 Travail sur soi

Un conseiller littéraire ne veut pas vous décourager ou vous désespérer. Ses avis seront peut-être durs, mais le métier d’écrivain s’apprend. Votre conseiller est là pour repérer vos difficultés et vous conseiller sur les points à travailler (exemple : ici et ici). C’est, au fond, comme un nutritionniste : il examine votre régime et vous indique ce que vous pourriez changer pour aller mieux, en accord avec votre mode de vie. A vous ensuite de faire le travail pour changer... ou pas.

 Montrer

Êtes-vous prêt à être lu ? Vous n’imaginez même pas à quel point votre lecteur, n’importe lequel, va transformer, en pensée, ce que vous lui racontez. C’est un fait contre lequel vous ne pouvez rien. Votre conseiller littéraire, qui se place en quelque sorte en « super-lecteur », vous renverra ce genre de réaction. Il n’a pas vu les choses comme vous les racontiez ; et tant mieux ! Il vaut mieux que ce soit lui qui repère les problèmes, qu’un éditeur, avec le pouvoir de dire oui ou non, ou un journaliste, avec le pouvoir de faire et défaire la réputation d’un écrivain.

 Accueillir le changement

Êtes-vous prêt à changer ? Si non, un conseiller littéraire ne vous servira à rien, sauf à vous frustrer, comme le remarquait le commentateur à l’origine de cet article.

 Travailler encore

Êtes-vous prêt à travailler (encore) ? Si non, inutile de chercher un conseiller littéraire ; votre conseiller forme avec vous un duo, un binôme. Vous n’avancerez pas si vous refusez a priori votre part de travail. Imaginez que vous allez dans un club de fitness pour perdre quelques kilos : vous vous sentirez surpris lorsque le coach vous montrera le rameur et vous dira « maintenant, on rame » ?

 Faire des compromis

Êtes-vous prêt à être contredit ? Depuis le premier mot écrit jusqu’au dernier exemplaire vendu, un livre est affaire de compromis. Vous, auteur, vous devrez composer avec les limitations du lecteur, avec les envies et les compétences de l’équipe technique (éditeur, graphiste, banquier...), mais aussi avec notre pauvre vocabulaire et notre langue bien imparfaite... Autant d’occasions de frictions, de débats, et de consensus. Êtes-vous prêt pour cela ? Si non, le mieux reste peut-être d’oublier votre projet au fond de votre mémoire, et de vous tourner vers une activité vraiment indépendante, comme... comme laquelle, au fait ?

 Pour conclure

Ce tour de questions vous a-t-il aidé ? Vous avez des objections à faire ? Allez-y, n’hésitez pas. Le conseil littéraire est une belle question, qui mérite mûre réflexion.

En attendant, vous qui avez sollicité un conseil et ne savez quoi en faire, je vous conseille le petit exercice suivant : prenez deux-trois pages de votre texte. Ne dites rien à personne. Réécrivez-les, en suivant honnêtement les conseils qu’on vous a donnés. Trois pages, pas plus. Puis comparez, toujours en toute honnêteté, les deux textes. Franchement, cette nouvelle version (qu’elle soit meilleure ou pire que la première), est-elle moins la vôtre que la première ? Ce nouveau texte n’est-il pas pas richement, fondamentalement, lui aussi, le vôtre ? Faites le test !
Et si vous n’êtes toujours pas convaincu, rappelez-vous une dernière chose : sur les questions littéraires, la décision finale vous reviendra toujours.


Commentaires

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9 bonnes raisons de faire appel à un conseiller littéraire
samedi 31 mars 2012 à 01h53 - par  lael

je me pose la même question que Plume en fait, je me demande bien où trouver cette bête curieuse. Est ce un métier à part entière d’ailleurs ? Ont il fait une formation ou je ne sais quoi ? A partir de quel moment peuvent ils dire « je suis un conseiller littéraire » ? (j’ai trouvés quelques infos sympas sur la toile, juste en tapant « conseiller littéraire » dans la barre de recherche. Mais j’aimerai quand même votre avis ^^)

Ah et important, c’est quoi un agent littéraire ?

J’ai du mal avec l’idée d’avis « objectif » sur un texte ! Ce serait tout un débat à faire. Par contre d’accord, on peut parler d’objectivité sur ce qui est publiable parce que ces conseillers and co s’y connaissent (et encore, je suis sûre qu’il y a des surprises. Quand je vois certains livres, ciel ! )

Dernier point : dénicher un conseiller quand on est prêt à reprendre notre texte, donc, et accepter le changement et la critique. Mais quand commencer ?
jveux dire, j’imagine que si j’estime mon texte publiable, que je l’ai réécrit encore et encore avant de contacter un conseiller, je serais au bout du rouleau et je n’accepterais pas de travailler encore dessus, surtout si tout est à reprendre ! A l’inverse si j’estime qu’il ya bcp de travail à faire dessus et que je n’ai effectué que des corrections de surface, je ne vais pas oser le présenter, et je pense que j’aurai du mal à accepter la critique que je sais au combien juste (paradoxal je sais XD).

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lundi 2 avril 2012 à 10h45 - par  Nicolas Kempf

J’ai peut-être mal compris la dernière remarque de Plume, je pensais qu’elle parlait des bêta-lecteurs...

Si vous cherchez un conseiller littéraire, eh bien vous l’avez en face de vous (enfin, par écrans interposés) ! Nous sommes en effet assez rares en France. L’agent littéraire est similaire au conseiller éditorial ou littéraire, avec un fonctionnement un peu différent, puisque l’agent fonctionne au pourcentage sur les ventes, comme vous-même, auteur, ou comme votre illustrateur.
En ce qui me concerne, même si je propose aussi, bien sûr, des services pour améliorer l’efficacité de votre campagne de soumission, je suis d’abord là pour vous aider à mettre, ou remettre, votre texte sur pied, à déceler ce qui pourrait gêner un éditeur. J’essaie de ne pas proposer des tarifs pharaoniques. Si vous avez un besoin précis, n’hésitez pas à me contacter en privé ;)

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9 bonnes raisons de faire appel à un conseiller littéraire
vendredi 16 mars 2012 à 06h41 - par  françoise

Bonjour,
Faire appel à un conseiller littéraire, et au plus d’aides possibles, surtout lorsqu’on débute (me semble-t-il), oui et encore oui. Des personnes compétentes qui pourront nous aider dans le dédale de l’écriture et de l’édition, mais à quel prix ?
Car le problème est l’argent. Comment investir alors qu’on n’est pas sûr du résultat (ça serait trop beau :-) ?
J’aimerais que quelqu’un de compétent me lise (et si possible ne me dise pas que c’est bon à jeter) mais récupérerai-je ma « mise » ?
Et puis, c’est vrai comment choisir ?...fréquenter les salons, laisser le hasard faire les choses quand on n’est pas du tout dans ce milieu parce qu’on ne peut écrire qu’au petit matin avant le boulot et que les enfants se réveillent... ça semble impossible..
Bref, un méli mélo de questions, qui sont très réelles, mais qui en cachent peut-être une seule : suis je prête à me mettre en danger ?

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lundi 19 mars 2012 à 09h23 - par  Nicolas Kempf

Effectivement, la question fondamentale qu’il y a derrière est sans doute « ÃŠtes-vous prête ? »
Le propre d’un investissement est de prendre un risque... Comparez le métier d’auteur à un métier proche (en termes de pratique et de débouchés) : l’illustrateur. Lui est bien obligé d’investir dans du matériel (petits tubes de couleur, pinceaux, tablette graphique, gros Macintosh qui prend tout le bureau...)
L’investissement est pertinent lorsqu’il ne permet pas seulement d’améliorer un seul texte, mais toute sa pratique d’écriture.
Pour ma part, j’entends souvent cette remarque sur le prix. Je suis en train d’étudier une prestation de base, qui permettra pour un prix modeste à chaque auteur d’avoir toutes les cartes en main pour améliorer sa pratique...

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9 bonnes raisons de faire appel à un conseiller littéraire
dimanche 11 mars 2012 à 23h24 - par  Eva

Un avis extérieur, c’est effectivement très précieux, d’autant plus s’il est sincère et objectif. Mais à quel point un conseiller littéraire est-il franc ? Se permet-il vraiment une critique sans merci ? Oserait-il avouer à un débutant que son roman est à des années de travail d’être publiable ? Ou qu’il est plus raisonnable de se contenter d’auto-édition ?
Si je décidais de consulter un conseiller littéraire, ce serait aussi pour savoir à quel point ma route est longue, avant d’obtenir une Å“uvre potable. Or, si l’encouragement fait partie de son rôle, je l’imagine mal m’annoncer : « Contentez-vous d’écrire pour le plaisir. Vous n’avez pas la carrure d’un écrivain professionnel. » Et pourtant, c’est bien le genre de chose qu’il serait utile de savoir pour ne pas se voiler la face.
Et par pitié, ne me dites pas que tout le monde peut y arriver, à condition de travailler suffisamment ! En théorie, c’est peut-être vrai, mais en pratique, notre temps est limité...

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lundi 12 mars 2012 à 20h17 - par  Nicolas Kempf

Je ne sais pas comment font les confrères, j’imagine que nous partageons une même déontologie. Pour ma part, j’ai récemment fait savoir à un auteur que son texte ne trouverait jamais d’éditeur, et qu’il pouvait à la limite piocher dedans pour composer quelque chose qui rentrait plus dans les limites du roman.

Quant à la question du temps et de l’effort, je vous ferai une réponse de berger, chère bergère : si vous avez le temps, vous saurez déployer vos efforts. Donc oui, tout le monde peut y arriver, à condition d’avoir le temps. Le rôle d’un conseiller littéraire est de vous faire gagner un maximum de ce temps. Un conseil sur votre pratique, sur vos défauts d’écriture, peuvent vous faire gagner des années de tâtonnements, d’impasses et vous éviter une bonne partie des refus « secs »...

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mardi 13 mars 2012 à 00h06 - par  Eva

C’est très intéressant, merci pour ces précisions. Apparemment, mes doutes ne sont pas fondés et c’est toujours bon à savoir.

Réponse de berger judicieuse, j’avoue ne pas avoir pensé à l’aspect gain de temps. Pour un peu, je serais presque convaincue. ;)

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mercredi 14 mars 2012 à 10h41 - par  Nicolas Kempf

Alors, je suis presque satisfait...
Bon courage !

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9 bonnes raisons de faire appel à un conseiller littéraire
dimanche 11 mars 2012 à 20h35 - par  Plume

Merci pour cet article
Je crois que le plus dur est de réaliser que le travail n’est pas fini quand on finit son premier jet mais ne fait en fait que commencer.
Le mieux est de laisser décanter , je pense , laisser murir avant de prendre sa plume.
Je ne sais combien de temps il faut consacrer à la ré-écriture d’un texte, mais pour avoir entamé le travail sur mon premier roman, je sens que le plaisir vient au fur et à mesure et que je ne suis certainement pas au bout de mes corrections. Je me découvre perfectionniste et il y aura certainement un autre jet et probablement un autre encore.
Le mot de la fin sera dicté par mon portefeuille, car mon binôme, le conseiller littéraire , coute passablement cher. Mais qu’à cela ne tienne, je me rabattrais sur des bêta lecteurs qui n’auront pas connu la première version, donc pas influencés.
Au fait, on en trouve ou ?

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lundi 12 mars 2012 à 19h32 - par  Nicolas Kempf

Où en trouve-t-on ? Difficile à dire... Faites confiance au hasard, au relationnel, et fréquentez les salons, les événements littéraires. N’y allez pas avec des intentions trop arrêtées. Laissez les choses venir, prenez plaisir à échanger, à discuter sur l’écriture...

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