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Correction de texte  :
5 outils contre les répétitions

par | 19 commentaires

Ce que vous allez apprendre dans cet article :

  • Quelles sont les répétitions malvenues
  • Pourquoi vouloir les chasser
  • 5 outils logiciels

Les répétitions sont une des bêtes noires de l’écrivain. Voici quelques outils logiciels pour vous aider à les chasser lors de vos séances de correction de texte.

On vous l’a dit, réitéré et redit, et pourtant vous en mettez encore dans tous vos manuscrits : des répétitions. La répétition, incongrue comme un pet au beau milieu du Lac des Cygnes, est souvent involontaire et désagréable. Elle a le don de dissiper illico toute illusion romanesque.

Ne laissez pas à votre éventuel éditeur le travail de toilettage du livre !
Typologie, et petite revue de l’arsenal répressif.

Répétez, répétez, il en restera toujours quelque chose, quelque chose…

  • les répétitions de « premier jet » : vous en ferez sûrement. Le phénomène se produit lorsque vous écrivez, que « ça vient bien », et que vous n’avez pas le temps de vous attarder à des broutilles comme le choix d’un mot. Il se rencontre souvent dans la désignation d’un personnage : on ne peut pas tous les appeler tout le temps par leur prénom, n’est-ce pas ? Mais « l’homme » ou « la jeune femme » finissent eux aussi, à la longue, par s’user.
  • les tournures favorites : on peut les rapprocher des « darlings », tels que théorisés par cette chère Syven. Il s’agit de tournures qu’on adore et qu’on met à toutes les sauces. Par exemple, tiens, chez moi… Eh bien trouvez-les ! Repérez les tournures que moi-même, je vous ressers sans arrêt !
Correction de texte : stop aux répétitions

« Combien de fois je te l’ai dit, Jean-Edern ? »

  • la pauvreté de langage : là, il s’agit souvent d’une posture. Vous recherchez le style dépouillé, simple. Mais le dépouillement n’est pas la pauvreté. On peut être simple sans indigence. N’excusez jamais une répétition sous prétexte d’idéologie littéraire. Le lecteur lambda, lui, ne vous excusera pas.
  • les assonances : Pas de pitié ! ! ! La langue française offre des sonorités extrêmement variées. Un de ceux qui l’ont le mieux compris, d’après moi, est Charles Baudelaire :

Bientôt nous plongerons dans les froides ténèbres ;

Adieu, vive clarté de nos étés trop courts !

J’entends déjà tomber avec des chocs funèbres

Le bois retentissant sur le pavé des cours.

Cet art de la variation des sonorités est absolument magistral.

Hélas, la langue a aussi ses faiblesses. Il est, notamment, très facile de multiplier les assonances en « é ». Le jeune auteur qui vient de finir un texte et, le relisant, relève des litanies de “é”, se sent gonflé de fierté : il a fait de la poésie sans le savoir. Sauf qu’il ne s’agit pas en l’occurrence de poésie, mais d’incontinence, et que l’on ne fait jamais de poésie sans le savoir. [1] D’autres répétitions « linguistiques » sont à bannir en français, et entre autres : les composés de « faire », « passer », « dire »… ; les adverbes en « -ment » ; les substantifs en « -tion » ; les composés de « jour » etc…

Mais comment faire la chasse, dans son projet de livre, à ces maudites redondances ?

L’arsenal de correction de texte : 5 outils anti-répétitions

  1. Word (ou autre traitement de texte) : il s’agit de l’outil le plus immédiat. Vous êtes sous Word. Vous écrivez en rythme de croisière, ou vous relisez, pépère, un texte bien mûr, qui date d’une semaine ou deux. Et là, horreur et putréfaction ! Voilà une tournure qui vous a un air de déjà-vu ! La réaction est simple : sélectionnez le texte incriminé, CTRL C (copier), CTRL F (ouvrir l’outil de recherche), CTRL V (coller dans le champ de recherche), et en avant ! Word saura vous trouver la redite où qu’elle se cache ; attention, soyez précis : si vous recherchez un verbe répété, n’entrez que les caractères dont vous êtes sûr (racine verbale).
  2. Repetition Detector : ce logiciel de détection très sympa et freeware examine votre texte et place en surbrillance les jeux de répétitions. Vous pouvez configurer sa “sensibilité”. Il repère aussi les déclinaisons d’un même mot. Attention, nourrissez-le avec du fichier txt. Lorsque je l’ai testé, sa mémoire était limitée, il fallait donc saucissonner les textes les plus gros. Il paraît que ce défaut a été réglé.
    Cet article à la moulinette (hormis les présents résultats !) : les mots les plus courants sont “texte” 6, “langue” 6, “répétitions” 5, “peut” 5, “tournures” 4, “mots” 4, “page” 3. Pour certains, la fréquence s’explique par le thème de l’article. Pour d’autres, comme la récurrence du verbe “pouvoir”, elle est plus gênante. Un indice de tic d’écriture, peut-être ?
  3. le Répétoscope : Un outil en ligne pour une vérification limitée à 20 000 caractères. La page du répétoscope sur Babelweb.
  4. Textalyser : une très bonne initiative, qui vous donne tout un tas de statistiques sur votre texte, en plus des mots les plus fréquents. Destiné aux webmasters, il pourra vous rendre des services à vous aussi, écrivain. Petit doute, est-il aussi efficace avec la langue française qu’avec la langue anglaise ? Trouver Textalyzer.
    Cet article à la moulinette (hormis les présents résultats !) : 336 mots différents sur 416, soit un facteur de complexité de 80,8 % ( ?) ; indice de lisibilité 5,9 (échelle : 6 facile, 20 difficile : Waouh !) ; autre indice de lisibilité : 60,5 (100 facile, 20 difficile, optimal 60-70 : Youpi ! !) ; mots les plus fréquents : “langue” 6, “texte” 6, “répétitions” 5, “tournures” 4, “agit” 4, “mots” 4, “poésie” 3 (on constate que le tiercé n’est pas le même que plus haut, ce que je trouve assez gênant ; la solution est donc dans la combinaison des outils)
  5. la méthode du docteur Logue. Évidemment, elle nécessite une grande pièce dépourvue de meubles. Mais si vous la suivez avec sérieux, elle vous conduira aux plus hautes destinées :


 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Le phénomène de la répétition nous en apprend beaucoup sur nous-mêmes et sur notre langue. Cette langue, qui peut être somptueusement employée par les écrivains, ne saura que vous conduire à la platitude si vous ne la contrôlez pas.

Et quant à vos tournures favorites, à vos mots-fétiches, ceux que vous resservez à votre lecteur en toute occasion, traquez-les, flanquez-les à la corbeille, mais regardez-les en face, aussi : ces mots, ce sont de petites obsessions. Pourquoi eux ? Pourquoi vous ? L’écriture nous en apprend avant tout sur nous-mêmes. Ne refusez pas ces miettes de connaissance.


Et toi, obstiné internaute, où en es-tu avec les répétitions ?


 

[1] Dans la pièce de Molière que tout le monde prend toujours à témoin, cette formule, « vous faites (ceci cela) sans le savoir » est, on l’oublie un peu, de la pure flatterie.

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