5 idées reçues sur le conseiller en écriture
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Voici un moment maintenant que je conseille de jeunes auteurs (jeunes en écriture !) pour améliorer leurs textes, et augmenter leurs chances de se faire éditer.
Le métier de conseiller en écriture n’est pas toujours bien compris, ce qui est source de déception pour tout le monde. Car, croyez-le ou pas, notre seul objectif est de vous aider... mais pas n’importe comment.
Pour vous donner une idée de la puissance de feu des conseillers en écriture, et autres conseillers littéraires, j’ai collecté les principaux clichés qui circulent à notre sujet. Les voici, avec pour chacun un petit recadrage. N’hésitez pas à intervenir à la suite de ce billet : vos remarques, ici comme ailleurs dans le blog, sont pour moi inestimables.
... c’est dénaturer son texte.
Vous êtes peut-être un peu trop sûr de la valeur (absolue) de votre texte. La majeure partie des manuscrits qui arrivent dans une maison d’édition sont rejetés car ils s’avèrent mal fichus, illisibles ou soporifiques. Ce sont là des critères absolus, universels, qui n’ont rien à voir avec l’originalité de l’idée ou de la forme.
Nous vous aidons, avant tout, à déceler ce qui affaiblit votre texte ou votre démarche. Au fond, nous nous fichons de ce que vous avez envie de dire, de défendre. Nous vous aidons à « presser le citron » jusqu’à la dernière goutte.

- « Allégorie du Conseiller en Ecriture », huile sur toile, Le Tintoret, Musée du Prado, 1572
... Non merci !
Lorsque ce brave Naulleau a été remercié, la plupart des téléspectateurs se sont frottés les mains. Je trouve, moi, que c’est dommage : voilà quelqu’un qui, mine de rien, nous apprenait à ne pas nous faire rouler comme des crottes en librairie...
Vous croyez que la critique négative est « méchante » ? Vous trouvez qu’il est préférable d’enrober ses reproches pour qu’ils passent mieux ?
Ayant fréquenté plus d’une centaine d’écrivains, je peux vous le dire franchement : non. Les écrivains n’entendent pas ce qu’on veut leur dire, sauf si on le dit très simplement et très franchement.
Et puis, apprenez à distinguer entre « méchanceté » et « dureté ». La méchanceté ne vous dit rien sur votre texte : elle s’attaque à vous, à votre rêve. La dureté est neutre. Elle vous parle de votre travail, de celui que vous avez fourni, de celui qui manque. Si je vous dis « votre personnage XY est inconsistant », je me fiche de votre image de vous en tant qu’écrivain. Je vous parle de votre technique, de vos gestes. De ce qui est modifiable.
... j’ai juste besoin de quelqu’un pour trouver un éditeur.
Dans ce cas, je n’ai rien à vous apporter. Je ne suis pas une simple « communiquant », je ne suis pas un carnet d’adresses sur pattes. Je ne peux pas rédiger un dossier pour vous, vous envoyer à des éditeurs, bref, vous défendre, si je ne suis pas sûr, avec vous, de votre texte.
Et je ne peux pas être sûr de votre texte si nous n’avons pas, ensemble, un peu, beaucoup, travaillé dessus.
... Ã moi, c’est l’essentiel. Pas besoin de le retravailler.
Alors, vous n’êtes pas fait pour publier. Quand on écrit un texte, quel qu’il soit, roman, nouvelle, essai, on s’adresse à un lecteur. C’est l’essence même de la communication, du langage.
« Plaire » ne veut pas dire « flatter ». Personne ne vous demande de faire du cabotinage, ni envers l’éditeur, ni envers votre lecteur potentiel. Mais vous devez penser à la réception de votre texte, par l’un et par l’autre. Vous devez y penser pour que votre propos soit efficace. Pour que votre idée ne soit pas gâchée par votre propre faute.
Publier, c’est aller vers l’autre. L’éditeur veut vous y aider. Le conseiller en écriture aussi.
Vous avez vu « The dark knight » ? Le Joker dit au début du film : « If you’re good at something, never do it for free. » « Si vous avez un talent, ne l’exercez pas pour rien. »
Mettons le cynisme de côté (et le fait que ce blog vous donne, malgré tout, des conseils gratuits), n’empêche, le fond de l’idée est juste : mon travail a de la valeur, tout comme celui du type qui vous répare votre voiture ou qui vous pose un plombage. Et quand il s’agit de retrouver une voiture qui roule, ou de ne plus avoir mal aux dents, le service vaut son prix, n’est-ce pas ?
Peut-être que le raisonnement est chez vous un peu différent : vous avez décidé de ne rien dépenser pour être édité. Mais qu’est-ce qui vous intéresse le plus ? Être édité, ou être reconnu et savoir ce que vous valez en tant qu’écrivain ? Apprendre le métier, vous améliorer ? Prendre votre talent en mains ? Dans ce cas, le recours à un conseil payant sera, sans doute, fort bienvenu.
Voilà pour aujourd’hui. J’espère avoir un peu éclairé vos petites lanternes ! ;)

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