Nommer ses personnages

vendredi 13 mai 2011
par  Nicolas Kempf
popularité : 21%

Souvent, les jeunes auteurs accordent une immense attention au nom de leur personnage, et gaspillent dans ces réflexions toute leur énergie créatrice. Bonne nouvelle : non seulement le nom d’un personnage n’a rien de définitif, mais en plus, il existe des outils qui transforment ce douloureux creusement de méninges en partie de plaisir.

 À quoi sert le nom ?

Un nom sert avant tout, et par-dessus tout, à la commodité de la lecture. L’avantage pour un personnage de porter un nom, est que l’on peut le repérer tout au long du texte. C’est pourquoi, aussi, les personnages inconnus du narrateur acquièrent vite un surnom, ou se rangent sous une locution qui leur est réservée, et qui fait office de nom : “l’inconnue aux cheveux noirs”.

Un nom peut aussi servir à suggérer au lecteur le caractère du personnage. Attention tout de même, les coïncidences sont rares dans la vraie vie. Rien de tel pour gâcher une lecture, que de trouver un hypocrite qui s’appelle Chafouin, un lâche nommé Pétochard etc. Même dans un texte ouvertement humoristique, la ficelle est un peu grosse. Ne la rendez donc pas systématique.

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Donner un nom…
… une pratique qui ne coule pas toujours de source.

Le nom sert-il à indiquer la classe sociale du personnage, sa place dans votre univers ? Certes. On imagine mal un Jean-Hubert travailler à la carrosserie chez Peugeot. Mais méfiez-vous tout de même des clichés. Tous les nobles ne portent pas la particule. De l’autre côté, « Marcel », ça vous évoque sans doute une image forte, musclée, qui sent des bras et qui trône dans son camion ? … Et Proust, alors ? Renseignez-vous sur les noms que l’on porte dans la classe d’âge de votre personnage, mais aussi dans sa classe sociale, ce qui est plus délicat. Les sites pour trouver les prénoms de son enfant sont une bonne source d’inspiration ; en général, ils présentent des listes de prénoms populaires, donc au goût du jour.

Enfin, est-ce qu’un nom peut servir à donner une saveur particulière au récit ? Non ! Vous appelleriez votre fille Cassandrina, vous, ou votre fils Raz Algoul, parce que la sonorité vous plaît ? Un peu risqué pour l’avenir de l’enfant, n’est-ce pas ? Eh bien les parents de votre personnage non plus. Vous devez vous souvenir que votre personnage n’est pas votre chose, votre petit plaisir égoïste, mais qu’il a sa propre vie, son propre passé, ses propres tares ; pas la peine de lui ajouter un nom extravagant : le lecteur ne verra plus rien d’autre, et ce n’est pas votre but.

 Principes

Quelques principes sont, d’après moi, à garder à l’esprit lorsque l’on réfléchit au nom de ses personnages.

D’abord, ne vous accrochez pas trop aux noms que vous avez trouvés ; un nom, une couleur de cheveux ou d’iris, ce n’est rien. Soyez-en sûr, ces traits ne définissent pas votre personnage. Concentrez-vous sur son caractère, ses buts, ses dégoûts, car c’est ce qui le fera agir. Le lecteur veut voir des personnages en action, pas des listes de noms plus ou moins bienvenus. Pour cela, il peut ouvrir l’annuaire.

De façon plus générale, il n’y a rien de définitif dans un texte qui s’écrit, surtout pas un nom. Ne soyez sûr de rien. Ne voyez pas l’écriture comme une accumulation patiente de petites certitudes. Un roman, une nouvelle, sont des jeux d’équilibre entre toutes sortes d’éléments. Si un changement, un événement inattendu doit chambouler ce que vous avez décidé auparavant, n’hésitez pas, chamboulez !

Vous voulez écrire un roman qui se déroule dans notre monde contemporain, mais vous voulez des noms hors du commun pour vos personnages ? Non ! Soyez sévère avec vous-même : pas de gourmandise. Et si jamais un de vos personnages, tant pis, doit vraiment recevoir un nom fabuleux, dites-vous bien que pour tout son entourage, cela n’ira pas de soi : il se fera charrier, il provoquera des vexations (« Tu t’appelles vraiment comme ça ? Tu te fiches de moi, c’est pas possible ! ») Ce peut être un gag récurrent assez intéressant, mais surtout, tenez compte de cette bizarrerie, de la première à la dernière page. Et n’en faites pas une généralité.

NB : la bizarrerie, ce n’est pas forcément de s’appeler Judas Bricot ou Jean Bon. C’est aussi s’appeler Gérard ou Jean-Marie, à l’époque des Kévin et des Brayan. J’étais tombé sur un texte dans un forum de littérature, où l’auteur mettait en scène une bande de jeunes gens d’aujourd’hui, dotés de pouvoirs surnaturels. Ils s’interpellaient au cours de leur aventure : « Ã‡a va, Jean-Michel ? Oui, Marguerite, mais j’ai bien cru que mes poumons allaient éclater… » Ne faites pas comme cet auteur-là, prenez un peu de distance. Retirez de votre texte tous les ridicules parasites, ceux qui arrêtent la lecture puis font oublier tout le reste. Maintenez à tout prix l’illusion romanesque. Sans elle, tout le reste, tous vos patients assemblages, s’effondreront pour ne plus se relever – et rappelez-moi de faire un jour un billet au sujet de cette curieuse bestiole : l’illusion romanesque.

Dernier principe concernant le nommage : vos héros ne doivent pas vous ressembler. Vos héros doivent ne pas vous ressembler.

Oh, bien sûr, ils vous ressembleront. C’est inévitable. Ils vous ressembleront parce qu’ils réagiront comme vous, qu’ils auront les mêmes tics de langage que vous… Tout cela est de l’ordre de l’involontaire. Votre personnalité ressortira bien toute seule, pas la peine de lui faire un boulevard.

Car donner à votre personnage votre propre nom, votre surnom, votre nom secret ou le nom que vous aimeriez porter, c’est un acte délibéré, et c’est un mauvais point pour votre récit. Se mettre délibérément en scène, à la première place, affaiblira énormément votre histoire.
Chaque personnage, y compris le héros, doit être pour vous un défi : donnez-lui un caractère, des buts totalement éloignés des vôtres, et faites-les vivre, honnêtement, jusqu’au bout. Vous verrez tout de suite la différence : le plaisir d’écriture est multiplié par dix, au moins.


 Trucs et outils

Il est donc important de “retirer” une partie de l’investissement psychologique que l’on aurait tendance à mettre dans le nom de ses personnages.

Comment ?

  • Réservez le nommage pour la fin du travail. Et pourquoi pas ? Vous arrivez à rédiger une histoire sans connaître son titre, ou du moins son titre définitif, n’est-ce pas ? Faites de même pour les noms. Baptisez votre héros X, votre héroïne Y, et ainsi de suite. À la fin de la rédaction, un petit coup de remplacement automatique, et voilà le travail !
  • Utilisez vos carnets pour noter des noms : Rien de tel, pour faire vrai, qu’un nom vrai, justement. Mais lorsque l’on recherche un nom, on revient sans arrêt aux idées les plus courantes, aux noms de notre entourage, des personnes célèbres. C’est quand on a besoin d’un nom qu’on n’en trouve pas. La solution : soyez à l’affut des noms, quand on les prononce devant vous. Notez-les ; et lorsque vous aurez besoin d’un nom, plongez-vous dans vos petits carnets...

GUNoF, générateur de noms pour toutes sortes d’univers, est il me semble le plus convaincant dans les résultats. Ces outils, destinés aux rôlistes, peuvent aussi servir aux écrivains.

Si vous aimez la difficulté (ou si vous voulez VRAIMENT nommer un de vos personnages d’après un nom réel, malgré toutes mes mises en garde, fou que vous êtes), il existe un générateur de noms de plume. Par exemple, si je rentre le nom de ma boulangère Germaine Grandclaude, voici ce que le générateur me propose :

  • Angelica GRUDA-MENDER
  • Madelena DIGER-GANCUR
  • Claudine ERMAG-ARDENG etc

Étonnant, non ?

Pour finir, un dernier conseil avant de baptiser vos personnages : pensez à ménager la mémoire du lecteur. Facilitez-lui la vie.

Je ne sais pas pour vous, mais lorsque j’essaie de me rappeler un nom ou un prénom, même si ma mémoire a déclaré forfait, il me reste quand même une première lettre. « C’était quelque chose en V... » « Machin B-Truc »... Il me semble que la mémoire des mots s’appuie beaucoup sur le premier son, le premier caractère du mot. C’est à vous, écrivain, d’exploiter ce mode de fonctionnement : variez les initiales des noms de vos personnages. Vous avez 26 lettres à votre disposition ; utilisez d’abord ces 26 lettres, et ensuite, si vous tenez tellement à faire un roman russe avec 50 personnages, on avisera...


Comme beaucoup de décisions dans l’écriture d’un récit, nommer ses personnages est une affaire de bon sens. C’est un acte important, mais qui ne doit pas vous priver de tout sens critique. Pour vous stimuler, vous inspirer, trouvez vos propres techniques. Celle du carnet, celle du générateur de noms pourront vous épauler utilement.

Et maintenant, à vous de jouer : quel est le nom le plus épouvantable, le plus invraisemblable, le plus désopilant que vous ayez croisé un jour, au détour de vos lectures ?

Dites-nous tout : on veut des noms !


Commentaires

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Nommer ses personnages
mercredi 24 avril 2013 à 00h54 - par  Sébastien Chion

Je pense que le choix du nom d’un personnel reste dans un domaine très personnel. Dans mon premier roman, se passant en Amérique du Nord, entre le Québec, les États Unis, et le reste du Canada, j’ai du jongler entre les prénoms à connotation française, québécoise et anglophone. L’exercice a été périlleux, mais très formateur également. Chercher LE nom est toujours une belle expérience.

L’un des principaux personnages de mon histoire avait un prénom qui, d’un point de vue démographique, convenait parfaitement. Mais je le trouvais bancal. J’ai pourtant continué l’écriture avec ce prénom, faute de mieux. Juste avant de finir l’écriture, j’ai rencontré une fille. Quand elle m’a dit son prénom, ça a fait tilt. Il convenait parfaitement à mon personnage. J’ai pu faire un rechercher-remplacer à hauteur du livre, et je me suis senti mieux (pour la petite anecdote, se trouvait également dans mon texte le nom d’une grande écrivaine, portant le même prénom que mon personnage ; le rechercher-remplacer a rebaptisé l’écrivaine du même coup. Heureusement, un relecteur attentif a relevé l’erreur - toujours se méfier des rechercher-remplacer automatiques !).

Pour ce qui est de choisir un nom, j’ai toujours aimé me faire influencer par les gens qui croisent ma route. Une personne, avec qui j’ai échangé 10 minutes à un moment, me laissera une image. À cette image, j’associerai son prénom. En cas de besoin, si je me retrouve avec un personnage correspondant à cette image que j’avais en tête, je récupère le prénom qui allait avec. De la sorte, j’ai un prénom qui correspond au personnage, mais aussi un personnage qui correspond au prénom : je reste persuadé que si dans la réalité, notre prénom nous influence, ça n’en est que plus vrai encore dans un livre. Kelly est anglophone, probablement de racine irlandaise, souriante, joyeuse, aérienne. Marc, lui, sera beaucoup plus calme, plus posé. Juliette est sans doute un peu coquette, et elle aime garder ses longs cheveux détachés. Elle se sent plus libre ainsi.

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mercredi 24 avril 2013 à 07h53 - par  Nicolas Kempf

La démarche est un risquée (mettre en scène ses amis plutôt que des personnages inventés) mais a le mérite d’éviter a priori l’incongru... A essayer.

Nommer ses personnages
lundi 8 avril 2013 à 20h17

Bonjour,

Tout d’abord je tiens à vous remercier pour cet article, et pour tous les articles contenus sur ce site dont la lecture m’est enrichissante.

Mais je voudrait rebondir sur cette difficulté à nommer, non seulement les personnage, mais aussi les lieux (lieux dits, pays, villes ....) voire même les chose.

J’ose penser que tous les conseils que vous avez donné quand au nom du personnage (par exemple éviter la caricature en nommant un personnage selon son caractère) ne s’applique pas lorsqu’il s’agit de nommer un lieux.

Par exemple je pourrait tout à fait nommer une colline où se déroule des exécutions « La colline aux pendus ».

Que pensez vous également de l’utilisation de termes étrangers (ou issus de langues mortes) pour nommer une ville ( imaginons une colonie d’exilés qui s’appellerait Dóchas (mot gaelic pour « espoir »)) ?

Pour faire Bref, auriez vous également quelques conseils, astuces, pièges à éviter ou encore outils sur ce point ?

jeudi 11 avril 2013 à 08h41 - par  Nicolas Kempf

J’avoue que la question m’interpellait moins. Je pense que concernant la toponymie, on peut en effet se donner plus de liberté. Les principes restent les mêmes : éviter l’incongru, ne pas nommer en fonction de son seul plaisir, et être prêt, jusqu’au bout, à changer un nom pour un autre.

Pour « la colline aux pendus », pourquoi pas, même si cela ressemble plutôt à un surnom populaire qu’à un vrai toponyme. Rares sont les lieux dont le nom officiel évoque quelque chose de négatif (Maulieu, Maurepas...)

Pour la colonie d’exilés, un mot gaélique est possible... si la communauté vient d’Irlande. S’il s’agit d’Ougandais, cela ne sera pas crédible. Même s’il y a parmi les exilés quelques amateurs de la culture celte, cela ne veut pas dire que toute la communauté sera d’accord pour endosser un nom issu de cette culture. Ils seront d’accord pour appeler la colonie « Espoir », mais en Swahili (comment dit-on, d’ailleurs ?)

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vendredi 12 avril 2013 à 18h07 - par  Kahl

Espoir se dit « matumaini » en swahili. J’en profite également pour rebondir sur Chewbacca, un peu plus bas, je propose Rebecca comme prénom d’origine.

Pour ceux qui aimeraient également effectuer ce genre de traductions, vers des dialectes locaux ou langues mortes (ou vivantes), je vous conseil d’aller sur Lexilogos http://www.lexilogos.com/index.htm, il vous reverra vers les dictionnaires les plus pertinents pour la langue visée.

Pour revenir sur la crédibilité des noms, lorsque l’on se base sur un univers crée ex nihilo, on ne trouvera pas de communauté irlandaise etc .... J’ai tendance à penser qu’ici le plus important est de maintenir une certaine cohésion dans la toponymie en s’inspirant d’une seule langue, à considérer comme une langue nationale, tout en se réservant la possibilité d’utiliser des patois locaux dès lors que son introduction est logique et justifiée (contexte géopolitique par exemple).

(ps : et cette fois ci, j’ai un pseudo)

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mercredi 24 avril 2013 à 07h37 - par  Nicolas Kempf

Je ne suis pas d’accord sur les univers « ex nihilo ». Il y a toujours un contexte réel, un rapport avec une culture existante. Cela est nécessaire pour que le lecteur puisse entrer dans l’histoire... D’ailleurs, je ne vois pas d’univers de fiction qui serait strictement inventé...

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vendredi 11 mai 2012 à 10h47 - par  helsat

J’ai un tuyau qui pourrait peut-être aider certains auteurs de fantasy / fantastique pour baptiser leurs héros sans qu’ils aient l’air ridicule : prendre un prénom classique et changer une simple lettre, ou bien en rajouter deux ou trois...Ca sonne fantastique et « vrai » en même temps. Un exemple : la ressemblance entre le prénom Gabriel(le) et Galadriel. Anna peut devenir Onna, Alban = Albon et ainsi de suite. Pour trouver une liste déjà bien complète de prénoms français avec lesquels s’amuser, Wikipédia a déjà une liste particulièrement fournie. Idem pour les prénoms étrangers.

Sinon, rien n’empêche de nommer son vampire Jean-Claude, puisque c’est ce que Laurell K. Hamilton a fait dans « Anita Blake », mais l’auteur étant américain, ce prénom a sans doute des accents de romantisme par là-bas et au bout du 4e tome on finit par s’y faire...

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lundi 14 mai 2012 à 10h42 - par  Nicolas Kempf

Votre tuyau me semble tout à fait utile : tout ce qui peut empêcher des noms de héros du genre Fg’jhndf’taghn ou Laelylamanaraëliolune est bon à prendre ! Je crois d’ailleurs que c’est ainsi que George Lucas a procédé pour la Guerre des Etoiles... Celui qui trouve de quel prénom réel est tiré « Chewbacca » gagne un lot magnifique !

Quant à Jean-Claude, oui, en effet, comme mes lecteurs canadiens me l’ont rappelé au début, la valeur culturelle d’un prénom varie d’un pays à l’autre, il faut essayer d’en tenir compte...

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mercredi 18 avril 2012 à 15h52 - par  Watt

Comme c’est dit plusieurs fois ici, à notre époque on nomme les enfants un peu n’importe comment. Une fois j’ai vu dans une émission un mère qui avait appelé ses filles Coca et Pepsi (je crois même qu’il y avait une Fanta, ou quelque chose comme ça). Ca m’a marqué.
Les prénoms normaux sont bien plus agréables à la lecture.

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jeudi 19 avril 2012 à 09h07 - par  Nicolas Kempf

Fanta ? Dur dur... La réalité dépasse parfois la fiction... en ridicule.

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dimanche 18 décembre 2011 à 01h57 - par  lael

En même temps on est plus à l’époque où il était de bon ton de donner des noms des saints aux enfants : s’il y a encore des maries et des joseph, le répertoire est devenu immense, les gens allant piocher aussi bien dans les communautés étrangères (même sans avoir de liens de parenté) que dans la culture littéraire et visuelle. Ainsi une amie a nommée son fils Joey, parce qu’elle était fana de Friend ! Et je crois que les noms « inventés », qui peuvent sonner fantasy, sont de plus en plus courant (même si on est loin du Raz-al-gul, et heureusement)

Enfin l’exemple de Marguerite, je comprends que ça peut faire tiquer, mais j’ai la preuve qu’il existe des Marguerite de 25 ans, parce que c’est mon cas XD

Après c’est vrai que lorsque les noms sont peu courant, il serait de bon ton que cela se ressente. Mais je crois que pour le coup il faut être un peu ouvert d’esprit.

Après tout je vais pas dire le contraire : j’ai bien inventé un personnage se nommant Azerty (c’est un peu à vocation humoristique c’est vrai) et un autre, dans un univers futuriste SF, Uae Vuoner (soit renouveau à l’envers) XD

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mercredi 21 décembre 2011 à 10h09 - par  Nicolas Kempf

L’ouverture d’esprit, bien sûr. Mais on se situe ici, il me semble, dans une couche plus profonde de l’intellect : celle qui a besoin de l’illusion romanesque (voir ici). Et « Uae Vuoner », justement, me semble plutôt brutal envers cette pauvre illusion.

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Ajout de lien
vendredi 23 septembre 2011 à 12h42 - par  Nicolas Kempf

Je signale un lien que j’ai découvert entretemps, rapporté par une bonne copine : un générateur de noms qui explore toute la palette de nos besoins, des noms d’auberges au noms hobbits (par la branche cadette), en passant par les prénoms germaniques ou les patronymes arthuriens. Pour tous les goûts, vous dis-je !

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mardi 4 octobre 2011 à 19h08 - par  Shieru

En passant...
http://lutain.over-blog.com/article...
http://www.clublegendes.com/generat...
http://www.leproscenium.com/NomAlea...
http://www.rinkworks.com/namegen/ (pour les bilingues)

En cherchant dans mes favoris, je dois en avoir d’autres... Personnellement, moi les noms de mes personnages « me viennent » de différentes façons. Exemple : demain, on a contrôle de français, donc révisions. Je suis tombé sur le mot « anacoluthe ». Je suis persuadée que je n’arriverais pas à en trouver une si on m’en mettait une sous le nez, mais la sonorité m’a beaucoup plut ^^ Je suis sûre qu’un de ces jours, un de mes personnages de fantasy s’appellera « Lüthe » ou autre nom ressemblant...

Logo de Shieru
jeudi 6 octobre 2011 à 11h16 - par  Nicolas Kempf

Et si tu veux donner une idée de ses convictions, tu pourras intituler ainsi le dernier volume des aventures de ton héros : « Lüthe, final »

Hum hum. Merci beaucoup pour ces précieux liens. Tout doucement, cet article semble se diriger vers l’exhaustivité sur la question. Je ferai une mise à jour un de ces 4 avec tous les nouveaux liens...

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Nommer ses personnages
jeudi 18 août 2011 à 11h24 - par  Oliv

« Vous appelleriez votre fille Cassandrina, vous, ou votre fils Raz Algoul, parce que la sonorité vous plaît ? Un peu risqué pour l’avenir de l’enfant, n’est-ce pas ? Eh bien les parents de votre personnage non plus. »
Ce n’est pas tout à fait le sujet de cette note, mais je remarque justement que, dans la vraie vie, les parents ont de plus en plus tendance à donner à leurs enfants des prénoms qui « sonnent bien » sans se préoccuper un seul instant de la signification ou des origines de ce prénom — l’origine étant souvent un amas de lettres et de syllabes qui semble sorti d’un Scrabble de fin de soirée. Autrement dit, j’ai l’impression qu’en ce début de 21e siècle, on baptise ses enfants exactement comme l’on baptise ses héros de fantasy quand on a quinze ans ou comme l’on s’invente un pseudo « qui sonne bien » sur un forum. Je dois être un vieux réac, mais imaginer qu’en 2050 le président de la république française se prénommera Timéo ou Louna me fait froid dans le dos... On peut reprocher plein de choses au président actuel, mais au moins le prénom Nicolas a un sens, une histoire et ne sort pas de nulle part, n’est-ce pas ?

Pour le reste, le nom suggérant le caractère du personnage est à proscrire absolument, à moins de vouloir jouer dans le registre parodique — et à moins, bien entendu, qu’il s’agisse d’un surnom qui lui a été décerné par ses pairs. Le gentil dont le nom comporte des sonorités douces, opposé au méchant dont le nom est saturé de K, de G ou de R, est un insupportable cliché qui, hélas ! a la vie dure. J’imagine le futur Seigneur des Ténèbres, tout juste sorti du ventre maternel, rose et potelé : « Tu t’appelleras R’Krazurk, mon fils, et j’espère que tu feras honneur à ton père en reprenant honorablement la cordonnerie familiale... » Qui se doutait qu’avec un nom pareil le garçon tournerait mal ?

Logo de Oliv
vendredi 19 août 2011 à 10h20 - par  Nicolas Kempf

« le prénom Nicolas a un sens, une histoire et ne sort pas de nulle part, n’est-ce pas ? »
Je ne peux qu’abonder...

Ce que tu dis présente les choses sous un jour plus sombre, mais tu pourrais bien avoir raison : on donne des prénoms étranges aux enfants, sur la foi de romans/films de fantasy où les auteurs s’en donnent à cÅ“ur joie question baptême.
Hélas, on oublie que la bonne fantasy, comme tu le montres avec ton exemple de cordonnier-empereur du Mal, la bonne fantasy ne se définit pas par un exotisme de façade, par une quincaillerie incontournable.
La fantasy connaît un problème (entre autres) : l’aspect barbare, ridicule, de ses noms de personnages, de ses toponymes ; ridicule qui fait moquer les amateurs de fantasy par tout le reste du lectorat. J’ai toujours pensé qu’une des difficultés de la fantasy vient du fait que son « grand ancien » était un linguiste.

Logo de Rachel
dimanche 3 mars 2013 à 10h33 - par  Rachel

Bonjour,
Tout dépend également du monde dans lequel vit le personnage. En fantasy, par exemple, certains noms ne sont pas choquant alors qu’ils le seraient sur la planète Terre. Il faut - à mon avis - tenir compte du contexte.

Logo de Rachel
lundi 11 mars 2013 à 17h16 - par  Nicolas Kempf

Certes, mais le contexte n’est peut-être pas assez remis en question, justement, en fantasy. Pour ma part, je commence à devenir allergique aux noms pseudo-elfiques du genre « Laeriel », « Sirlaerith » etc.
Pourquoi les perosnnages ne s’appellent jamais Roland, Gunther ou Kew ? Du pur point de vue du contexte, c’est ce genre de noms que l’on devrait trouver en fantasy « classique »...

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Nommer ses personnages
lundi 15 août 2011 à 13h25 - par  Shieru

Je n’ai pas put m’en empêcher mais j’ai bien réfléchi quand même. En fait pour Zacharie, j’hésitais entre deux prénoms mais il devait forcément avoir un vieux prénom, le genre existant déjà au Moyen-Âge. Pour « Zacharie » c’est un nom que l’on trouve dans la Bible, donc assez vieux pour ce que je voulais en faire. En plus cela me plaisait, et puis la musicalité du prénom reflète la personnalité dudit Zacharie. Enfin bref, c’est un peu compliqué à expliquer, heureusement que les lecteurs ne sont pas dans la tête des écrivains...

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lundi 15 août 2011 à 18h06 - par  Nicolas Kempf

Bon, ça me paraît plus plausible comme cela... ;)

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Nommer ses personnages
lundi 18 juillet 2011 à 01h00 - par  Shieru

Personnellement, j’essaie toujours de trouver des prénoms « communs » à mes personnages. L’héroïne de mon histoire actuelle a pour nom Emma, ses frères Daniel et Zacharie (coup de coeur pour ce dernier, pas put m’en empêcher ;) ), ses parents Henri et Catherine. Le nom de famille, c’est Lebois. J’avoue avoir deux personnages aux prénoms particuliers, Alessa et Jillian.

Logo de Shieru
vendredi 22 juillet 2011 à 15h18 - par  Nicolas Kempf

Méfie-toi tout de même des « pas pu m’en empêcher » : c’est une très mauvaise explication entre toi et ton texte, et entre ton texte et ton lecteur...

Logo de Asia M
Nommer ses personnages
vendredi 27 mai 2011 à 18h37 - par  Asia M

C’est très franco-français, ce que tu dis à propos des Jean-Michel et des Marguerite... Au Québec, les noms « Ã  la mode » ne sont pas exactement les mêmes qu’en France (les Marie-Andrée, Marie-Josée, Marie-Ève, Marc-André, Jean-Sébastien et autres Jean-René sont très, très communs).

Pour le reste, c’est clair. :)

Logo de Asia M
lundi 30 mai 2011 à 08h20 - par  Nicolas Kempf

Effectivement, ma démonstration s’appuie sur des exemples franco-français. Pour la transposer au reste de la sphère francophone, il faut connaître les modes actuelles et anciennes du pays.
Merci beaucoup pour cette nuance, qui s’imposait.


Par ailleurs, on me signale un personnage de série qui s’appellerait Sauveur. A mettre en rapport peut-être avec le Séraphin Monge de La Maison assassinée ?

Logo de Nicolas Kempf
Générateur de noms amérindiens
jeudi 26 mai 2011 à 22h06 - par  Nicolas Kempf

Si votre roman doit se passer dans les grands espaces américains, voici LE générateur de noms qu’il vous faut :

http://rumandmonkey.com/widgets/toy...

Moi, en indien, c’est « Runs-with-wolves ». J’aurais pu tomber pire.

Logo de Justine
Nommer ses personnages
lundi 16 mai 2011 à 11h59 - par  Justine

Un gamin de nom âge qui s’appelait Faust (j’avais 17 ans à peu près) et une gamine qui s’appelait Athéna-lou. Les deux m’ont interpelés, mais pas pour les mêmes raisons.

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